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Achat d’un drone pour filmer: une idée qui s’envole

24 novembre 2015 | Reportage, par Christophe Deschamps
Photo Projet Lily

Filmer avec un drone donne des images fantastiques. Du haut des airs, le petit robot volant peut suivre un skieur ou obtenir des plans de vue panoramiques qui mettent en valeur à merveille une production vidéo, qu’elle soit personnelle ou corporative. Les drones sont en vogue, on en retrouve de plus en plus et à tous les budgets. Cependant, si vous êtes de ceux qui recherchez une autre dimension créative pour rendre vos films de ski encore plus intéressants, vous devrez faire attention, car leur utilisation en station de ski devient de plus en plus limitée, pour plusieurs raisons.

Suite à quelques incidents, Transport Canada a remis les pendules à l’heure en s’adressant aux pilotes de drone en herbe, avec une série de règlements afin de protéger un peu mieux le ciel et les environs. La nouvelle réglementation stipule qu’un vidéaste désirant faire voler un drone pour son plaisir, s’il s’agit d’un drone pesant moins de 35 lbs (15 kg), une autorisation n’est pas nécessaire. Cependant, un respect des règles de base est incontournable, soit de ne pas voler proche d’un aéroport, de garder l’appareil toujours à vue, ne jamais survoler une foule, voler par temps clair et respecter la propriété privée et le droit des gens. C’est très compréhensible à première vue, personne ne veut être responsable d’un écrasement d’avion suite à un incendie dans un moteur provoqué par une collision avec un drone -ce qui demeure plausible lors des manoeuvres de décollage ou d’atterrissage des aéronefs.

Si un vidéaste souhaite filmer dans un but commercial, ce qui veut dire au nom d’une compagnie ou simplement dans le but de revendre son film, une demande d’autorisation pour chaque tournage doit être effectuée auprès de Transport Canada. Il est à noter que ce type d’autorisation est très long à obtenir, Transport Canada peine à répondre à chaque demande. Prévoyez parfois des mois de délais selon les endroits.

Et en station de ski?

Une station de ski est une propriété privée. Cela ne veut pas dire que la réglementation ne s’applique pas, bien au contraire, car en plus de devoir respecter les règles, la station doit être en accord avec vos intentions.

Nous avons contacté plusieurs stations de ski, mais aucune n’avait de plan défini pour savoir si les drones étaient acceptés ou non. C’est très émergeant, cependant, selon l’Association des Stations de Ski du Québec, les assurances de près de 66 stations de ski du Québec ne permettent pas, pour le moment, l’utilisation des drones dans leur couverture d’assurance. Bien que les stations peuvent en décider autrement, il y a fort à parier que peu de dirigeants prendront la chance d’autoriser un tournage impliquant un drone.

L’Association des Stations de Ski du Québec nous a confié qu’il a été conseillé aux stations membres de ne faire affaire qu’avec des entreprises assurées adéquatement pour faire voler un drone. En d’autres termes, oubliez l’utilisation personnelle pour le moment, les assurances ne couvriront pas et personne ne voudra risquer d’accident.

Afin de vous éviter bien des problèmes, nous vous conseillons de faire une demande aux gestionnaires de la montagne avant de faire voler votre machine. Dans le pire des cas, vous essuierez un refus. Cependant, si la station est témoin d’un vol non autorisé, vous vous exposez à des poursuites. En cas d’accident, vous serez sérieusement dans le trouble.

Les risques potentiels

Nous avons demandé à Francis Vachon, photojournaliste et spécialiste en droit à l’image, ce qu’il pensait des drones et des risques associés. Selon lui, « un drone, c’est une machine qu’il faut savoir prendre avec les risques qu’elle comporte. Une machine de 5 lbs qui tombe de 300 pieds de haut peut tuer en arrivant en bas. De plus, poursuit-il, manoeuvrer un drone prend de l’expérience et un certain doigté. La majorité des machines ayant une autonomie très limitée par temps froid, il est très prudent de faire des vols très courts et rester loin des gens ainsi que des infrastructures en montagne. » Il s’est cependant dit curieux, voire tenté de faire l’acquisition d’un tel appareil, malgré ce que son entourage peut penser. Il espère donc avoir l’occasion de s’en procurer un avant que Transports Canada ne légifère sur l’utilisation de ces appareils, mais il demeure prudent sur la réelle issue des diverses réflexions!

Des beaux projets qui s’envolent ?

Il existe des concepts avant-gardistes de drone comme le projet LILY qui est un drone autopiloté qui suivra son maitre comme un vrai petit animal de compagnie bien dressé.

Malheureusement, comme on parle d’un aéronef miniature, même tenu en laisse, il ne pourra pas encore voler dans les stations de ski québécoises pour le moment. Il faudra un jour peu être revoir les risques associés aux différentes catégories d’appareil et en autoriser quelques-uns parmi ceux qui ne sont pas dangereux pour les skieurs et planchistes ou le personnel de la station. En attendant, GoPro a encore bien de l’avenir sur nos casques! C’est donc un dossier à suivre de près…

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Christophe Deschamps