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Cette gomme qu’on ne peut gommer

16 février 2014 | Éditorial, par Geneviève Larivière
Photo Geneviève Larivière

Traitez-moi de vieille rétrograde, mais je suis toujours choquée de me faire servir quelque part par quelqu’un qui mâche une gomme. Dans cette gomme, je vois bien plus qu’une simple chique… Je sais, tout est une question de degrés, de détail, mais je suis myope, je porte attention aux détails, que voulez-vous!

Depuis que je suis toute petite, j’ai une relation très particulière avec la gomme à mâcher. D’abord, en tant qu’enfant, c’était le genre de choses à laquelle je n’avais pas souvent droit. Bien sûr, j’ai massacré mes masséters sur quelques Bazookas… et j’ai encore un faible pour la Bubblicious au melon. Mais j’évite le plus possible d’en avoir dans ma bouche en public car j’ai tendance à la mastiquer avec un peu trop d’entrain… ainsi, je garde la gomme contre outil extrême contre les fringales ou la mauvaise haleine, lorsque je suis seule. Voilà, vous savez tout de moi! Ce préambule fort léger servait à mettre la table pour ce qui suit, rassurez-vous, j’ai un but!

D’abord, disons les choses telles qu’elles sont: outre le fait que le geste soit plutôt disgracieux, il est en plus à peu près impossible à dissimuler. Pour moi, mâcher une gomme en public, surtout lors de l’exercice d’une fonction professionnelle, ça me parait plus ostentatoire qu’un foulard. Ça représente un manque de souci de son image, de l’image de l’employeur, sans compter le fait que l’expression parlée devient une sorte de gymnastique où la prononciation est gênée, en plus d’augmenter les risques que l’épiglotte fasse mal son travail, résultant un étouffement. J’exagère, vous me dites? On peut réussir à coller la gomme au palet, sous la langue, sur le côté des dents… bien sûr. Jusqu’à ce que le réflexe de la mastiquer reprenne le dessus… et qu’on soit pris en flagrant délit.

Dans l’hyperbole de la gomme à mâcher, j’ai envie d’inclure d’autres gestes disgracieux, que par conscience professionnelle, tout employé devrait avoir sur sa liste des « Ne pas ». Que ce soit pour le public ou les collègues. Je pense à: texter sur son cellulaire, se recoiffer, ne pas être souriant ou avoir une attitude positive, être mal assis ou adossé, avoir un langage châtié… C’est du gros bon sens et ça va de soi pour la plupart d’entre nous… mais combien de fois en ais-je été témoin!

(Voilà, le lien avec le ski arrive, merci de votre patience ;))

Tous ces petits détails humains sont souvent considérés comme « inoffensifs » lorsqu’il est question de conditions de ski… Mais… Inoffensifs, vraiment? Voyons un peu.
– Me faire donner mon billet par un commis qui mâche une gomme ne me fait pas sentir comme un client apprécié.
– Me faire scanner mon billet par un responsable qui ne regarde que son fusil et qui n’accorde d’attention qu’à l’information sur son écran me fait me sentir comme une vache dans la file vers l’abattoir.
– Si le responsable de la remontée mécanique n’a d’yeux que pour le prochain client, j’ai peur qu’il ne me voie pas si je tombe à l’embarcadère.
– Si celui au sommet est assis sur sa chaise, basculée sur deux pattes, téléphone en main, donnant à croire que la distance entre son bras et le bouton d’arrêt d’urgence est un peu longue pour un réflexe rapide et nécessaire, ça ne me fait pas croire qu’il est réellement motivé et « engagé » dans ses tâches.
-Si les patrouilleurs sont enfermés dans leur chalet, qu’ils ne sortent qu’en meute, qu’ils montent toujours ensemble dans les remontées, qu’ils n’adressent pas la parole aux skieurs autrement que par leur sifflet, je n’ai pas l’impression d’être en sécurité, ni même qu’on se soucie réellement de moi (ou des autres skieurs, y’en a pas que pour moi!).
– Si les moniteurs et leurs groupes font fi du code de conduite en montagne en s’arrêtant en plein milieu de la piste, en ne vérifiant pas l’aval et l’amont ou que sais-je encore, je ne sens pas qu’ils contribuent à la bonne expérience de leurs élèves, ni à la mienne (et on ne parle même pas de l’exemple à donner!).
– Si les employés du garage ou de la remontée sont « en pause » à griller une cigarette à proximité des lieux où les skieurs circulent, je me demande s’ils ont vraiment réfléchi au moment d’allumer le clou de cercueil?
– Si les membres du club de compétition sèment la terreur en dévalant les pistes à toute vitesse avec leur manteau identifié, se croyant invincibles et au-dessus de tout puisqu’ils sont « l’élite », ça ne me donne aucune envie de revenir skier à cet endroit.

Je sais, le dernier exemple n’est pas exactement dans la case « employé et image de l’employeur » mais je l’ajoute quand même aux irritants humains auxquels on fait face en tant que skieur visiteur et pour lesquels j’estime qu’une station devrait intervenir. Inoffensif, vous disiez?

Petit message aux chefs d’équipe, superviseurs, directeurs, gérants et autres gestionnaires: un petit rappel des règles de bienséance de base ne nuit jamais. Et pas juste une seule fois en formation ou en début de saison! On est tellement plus beaux quand on est positif et ouvert sur les autres! Je ne voudrai jamais gommer un sourire dans Photoshop…

Bon ski :)

GL

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière
Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.