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Dossier Japon: Niseko United

11 mars 2015 | Récit de voyage, par David Plamondon
Photos David Plamondon

« Niseko United » car c’est le regroupement de quatre versants: Hanazono, Grand Hirafu, Niseko, et Annupuri. Ils sont tous accessibles par le sommet ou par navettes au bas de la montagne. C’est l’endroit le plus populaire pour skier le Japon, sa réputation est solide à travers le monde et cette destination, si elle n’y figure pas déjà, doit obligatoirement se trouver dans votre « bucket list ». Avant de vous y rendre, étudiez le vaste terrain de jeu et renseignez-vous au maximum, sinon vous aurez l’impression de n’avoir rien vu et de perdre votre temps dans les remontées. Notez qu’un cinquième versant existe à Niseko, soit celui de Moiwa. Celui-ci fait bande à part et vous n’y avez pas accès à moins d’y acheter un billet. Je n’y suis pas allé, mais la légende dit que de belles lignes de poudreuses s’y trouvent et ce, à très basse altitude. Toute la région environnante vit des années de grands changements. Beaucoup d’argent y est investi et les améliorations se comptent en millions de dollars par année. Le développement immobilier est en expansion, donc ce que je vous écris aujourd’hui ne sera peut-être plus valide d’ici les prochaines années.

Informations générales

Enneigement
Au 23 janvier 2015, plus de 11 mètres de neige au sol. En moyenne, pour des raisons géographiques, la région reçoit entre 15 et 16 mètres de neige. Oui, vous avez bien lu et non ce n’est pas une erreur de ma part ! Évidemment, aucune neige fabriquée. Vers la fin février, la montagne aura tellement reçu de neige que des replats se créeront vers le bas de la montagne: dameuses poussent le « trop plein » de neige vers le bas. Il s’agit tout de même de la période préférée de plusieurs locaux.

La saison de ski est similaire à chez nous: elle débute fin novembre pour se terminer mi-mai. Elle pourrait perdurer plus longtemps car ce n’est certainement pas par manque de neige qu’elle se termine: c’est le manque de main-d’œuvre dans le village qui force les commerçants à fermer prématurément car beaucoup d’australiens et de néo-zélandais y travaillent et retournent à la maison en avril. Il est à  noter que ce sont aussi les touristes de ces deux pays qui sont les plus présents sur la montagne. On retrouve un certain nombre de touristes européens, et l’endroit est de plus en plus populaire depuis quelques années pour les américains et les canadiens de l’ouest. La haute saison est à partir de la période des fêtes jusqu’au début mars.

Niveau de ski : les skieurs de tous les niveaux seront comblés. Les descentes pour débutants sont un cran plus difficiles que celles du Québec. Les familles seront bien reçues, ne vous inquiétez pas: vu la nature très touristique de Niseko, les débutants et très débutants sont particulièrement présents à partir de la mi-montagne, ce qui est tout le contraire à Rusutsu. Concernant les choix de versants et la gestion de votre énergie, j’aimerais pouvoir vous conseiller, mais je crois que si vous décidez d’être stratégique à ce sujet, vous allez assurément revenir avec un goût amer. La météo sera maîtresse de vos journées; évidemment, une bonne forme physique améliorera grandement vos performances et votre plaisir.

Logistique

Accessibilité
Train : De Sapporo vous mettrez de 1h45 à 4h00 selon les arrêts, avec transfert à la station d’Otaru pour ensuite descendre du train à Kutchan. De là, vous prendrez un bus pour Niseko, à 15 minutes de là. Visitez Hyperdia.com pour les horaires de train.

Bus : De l’aéroport New Chitose à Sapporo, des bus font la navette vers Niseko. Le dernier bus est à 21h30 et la plupart des vols Montréal/Sapporo arriveront vers 21h00. Si vous êtes « gambler », réservez votre bus en ligne et même si votre vol a un faible retard (délai raisonnable), le chauffeur vous attendra probablement, car vous serez sur sa liste. De Sapporo, vous pourrez trouver facilement des navettes. De mon hôtel (Sapporo Aspen Hôtel), il y avait un comptoir dédié pour Niseko.

Pour le moment, le voyagiste le plus connu qui s’est lancé dans l’aventure Japon est Ski Voyages Gendron.  Le collaborateur sur place en 2015 était nul autre que M. Jean-Luc Brassard, roi des bosses aux Jeux Olympiques de 1994. Mesdames, maintenant que vous possédez cette information, planifiez votre prochain voyage de ski!

Hébergement
Si vous cherchez absolument un hébergement « ski in – ski out » visez du côté du Grand Hirafu et de Niseko village, où le Hilton est magnifique. Ce volet est en développement avec plusieurs projets immobiliers dans les cartons. Quand je faisais mes recherches, j’ai eu de la chance et une aubaine surprise est apparue sur cet hôtel. Un petit 50% moins cher donc la chambre revenait à 215$. Superbe hôtel, « ski in – ski out » du côté « Niseko Village », un lobby impressionnant, un des plus beaux onsen* de la région, navette gratuite ainsi que le bus local à la porte et une vue incroyable sur le mont Yotei. Je crois que les groupes voyages Gendron s’y logent, du moins, y ont déjà mis les pieds. Si vous accédez à un bon prix, n’hésitez même pas.

 *Onsen: spa traditionnel de sources chaudes naturelles. Fort appréciable après une grosse journée de ski!

Niseko Grand Hotel, secteur Annupuri. Les prix de cet hôtel varient énormément selon les disponibilités. J’ai payé 130$ tx. incluses, mais quelques jours plus tard, je le voyais au dessus de 700$ (prix aucunement justifié). Très ordinaire comme chambre, superbe onsen, navette à la porte et près du versant Annupuri. Je ne me verrais pas y loger pendant 1 semaine. Pour mes besoins, l’option était intéressante en raison du prix et aussi du fait que j’avais prévu skier ce secteur.

Plus éloignée de la station, la ville de Kutchan est une option souvent choisie pour son service de bus vers Niseko, mais le taxi sera votre seule option si vous l’échappez jusqu’au petites heures du matin à Hirafu (n’oubliez pas, tolérance zéro!). D’autres villes davantage éloignées offrent des hôtels de très grande qualité à moins de 100$ la nuit, mais impliquent un trajet de train de plus d’une heure et les départs sont peu fréquents, ce qui risque de vous faire rater les first track. Pour l’avoir fait deux fois, rares sont ceux qui empruntent cette voie.

Dans la ville d’Otaru: Authent Hotel Otaru, j’ai payé 80$ tx. incluses. Superbe hôtel, près de la gare et du centre d’Otaru. Également à considérer, l’Hôtel Sonia, aussi payé 80$ tx. incluses. Très bien, sur le bord du canal qui est superbe le soir. Bonne localisation, et tout de même près de la gare.

Billets de ski
Plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez vous procurer un billet de remontée pour un versant en particulier ou bien pour tous les versants (à l’exception de Moiwa). Le ski de soirée est aussi une option intéressante, mais évidemment, l’accès aux pentes est limité. Il est offert à tous les versants à l’exception de celui d’Hanazono.  Les prix se situent autour de 70$/jour ou 350$ pour 6 jours pour la « Niseko all mountain pass ». Pour le seul versant du Grand Hirafu, vous débourserez environ 55$ par jour. Au sommet, il est facile de se tromper de versant, donc si vous optez pour une montagne spécifique, soyez alerte! Surveillez les heures de fermeture des remontées mécaniques, certaines ferment tôt.

Location d’équipement
Ce n’est vraiment pas le choix qui manque! Si votre voyage est strictement ski, cela vaut la peine de considérer voyager avec votre équipement, du moins vos bottes et vêtements. Pour ma part, la seconde partie de mon voyage fut culturelle et je ne voulais pas être embarrassé de mon équipement; j’ai donc choisi la location. Les commerces de location sont nombreux, mais rares sont ceux qui sont à la base de la montagne et ce n’est pas un léger détail, car la pente pour se rendre aux remontées à partir du village d’Hirafu est abrupte. Vous pouvez toujours attendre les navettes qui vous y conduiront. Certains hôtels ski in ski out offrent la location d’équipement.

Dans mon cas, j’ai choisi Niseko Base Snowsports, situé à la base du Grand Hirafu, à une quinzaine de mètres du remonte pente. Le service en anglais est incroyable. Vous pouvez échanger vos planches aussi souvent que vous le voulez, en fait, les employés vous poussent à essayer le plus de skis possible. Le matin, vous voulez être « first track » dans la poudreuse, alors partez avec un « pow ski ». Après le diner, vous voulez attaquer les pistes damées, allez-y avec un Head Magnum. Pas plus compliqué! La gamme de produit offerte est grande et de qualité, ils offrent même des cours de ski pour toute la famille.

Restauration
Vous trouverez de tout. L’Hokkaido est réputé pour ses ramens et ce n’est pas un hasard ! La nourriture japonaise est incroyable, immergez-vous dans cette culture! En haute saison, réservez votre table. Si par malheur vous êtes malade suite à votre repas, c’est que vous êtes malchanceux, ou que la nourriture n’est pas la cause.

Mes conseils personnels
Pour des ramens le midi : Tokanzen $(Hirafu)
Pour parler français au souper : The Barn $$$ (Hirafu, superbe restaurant vitré)
Pour prendre une bière et un bon burger : Tamashii $$(Hirafu)
Souper traditionnel japonais : Waba Sabi $ (Hirafu)
Un menu raffiné : Monty’s  $$$ (Hirafu, le chef c’est le barman, super sympathique)
À visiter absolument: Rakuichi Handmande Soba $ (secteur Annupuri). Un minuscule restaurant de 12 places au bar. J’ai attendu 2 heures pour y accéder, mais j’aurais attendu le double. Ce fut un fait marquant et magique de mon séjour à Niseko. Si vous frappez une mauvaise journée météo, arrivez vers 11h15. Pour le souper, il est impératif de réserver votre place. Torimatsu – Yakitori Izakaya $ (Ville de Kutchan, fermé le dimanche). Osez ce que vous ne mangeriez pas au Québec. Vous verrez ces deux endroits sur Youtube dans un extrait de l’émission « No reservations » avec Anthony Bourdains.

Après-ski
Sans hésiter, si vous êtes encore en forme pour vivre au rythme de Niseko, le secteur Hirafu sera votre seul et unique choix. Tout s’y passe alors n’essayez pas d’être créatif et de faire la fête dans le secteur Annupuri. Le village de Niseko est aussi très tranquille, mais moins qu’Annupuri. Il existe tout de même des restaurants dans ces deux derniers secteurs.

La région est réputée pour ses onsen, rien de mieux après une dure journée de ski. La beauté du Japon réside dans sa culture et ses traditions… les onsen n’y échappent pas. La première chose à savoir c’est que vous devez laisser votre maillot de bain à la maison. La sérénité est maître des lieux. Pour le reste, je vous laisse découvrir par vous même.

Les versants

Je vous les présente de droite à gauche, face à la montagne, à partir du bas. Il est à noter que le mot sommet fait référence au niveau le plus élevé desservi par une remontée mécanique. Vous pouvez ensuite monter à pied au « vrai sommet »; mieux vaut avoir un minimum de forme physique pour le gravir. Un sac à dos pour vos skis facilitera grandement votre montée, car celle-ci est sur plusieurs minutes/mètres. Retenez également mon conseil sur la météo: bonne visibilité = direction sommet. Gardez la mi-montagne pour les moins belles journées. De plus, sur la carte des pistes, vous remarquerez des secteurs qui sont « off limits ». Ne vous y fiez pas trop, mais un peu quand même. À moins que ce secteur ne vous amène du mauvais côté de la montagne (comme à Rusutsu), vous pouvez vous y aventurer, les patrouilleurs sont tolérants.

Hanazono
Superbe damé, en particulier la piste « Dynamic ». Les dameuses se rendent jusqu’au sommet et il s’agit du seul versant où elles le font. Les sommets des 3 autres secteurs sont laissés intouchés. Comme partout sur la montagne, vous pouvez accéder à de beaux sous-bois. Ce versant est l’accès idéal au « vrai sommet » à partir de l’arrivée de la remontée mécanique, suivez les gens qui marchent… et là, le « vrai » plaisir commence ! Quand il neige, les vents balaient naturellement celle-ci vers Hanazono, pas besoin de vous dire qu’après une grosse bordée, c’est à cet endroit précis que vous voudrez être. À moins d’être beaucoup trop aventurier, vous devriez facilement tomber sur une remontée mécanique. Gardez un jour pour la découverte de ce versant, à moins de conditions neigeuses exceptionnelles.

Grand Hirafu
Il s’agit du secteur le plus populaire et par le fait même le cœur de Niseko United. La grande majorité des activités et commerces s’y trouvent. Si vous pouvez y être basé, vous serez aux premières loges.  Côté ski, il s’agit du versant ayant la plus grande superficie skiable. L’achalandage y est plus grand qu’ailleurs et les très débutants s’y trouvent en masse. Le sommet est aussi achalandé, donc si vous n’êtes pas « first track », vous verrez rapidement le champ de poudreuse se détériorer. Pas nécessaire de vous rendre au sommet pour vous éclater: empruntez le télésiège « Ace Quad lift 2 » et à partir de la moitié de la remontée, naturellement vos yeux se dirigeront à votre gauche. Voilà un des secteurs « off limits » que vous allez assurément skier. Ce versant offre aussi un bon accès au « vrai sommet », de même qu’une vue magnifique sur le mont Yotei si la météo vous accorde ce privilège (si c’est le cas, arrêtez tout et prenez vite des photos!). Prévoyez idéalement deux jours pour la découverte de ce secteur.

Niseko Village
C’est un beau petit versant offrant des pistes damées à vous éclater les jambes, coin intéressant pour ceux n’ayant jamais vraiment eu la chance de skier dans de la belle grosse « pow »: initiez-vous dans la descente Joplin.  C’est un mini « bowl » laissé intouché par les dameuses. Vous pourrez alors prendre le temps d’analyser le comportement de vos planches et développer une certaine confiance avant d’attaquer le « vrai sommet ».  Un peu plus bas, je vous suggère la « junk yard » qui, lors de mon passage, était une piste à bosses. Notez que ce versant n’est pas idéal pour l’accès au « vrai sommet ». Des remontées mécaniques vous amènent directement des pistes au village, où vous retrouverez aussi un mini village traditionnel japonais avec restaurants et boutiques. Un seul jour nécessaire pour ce secteur.

Annupuri
Superbe versant de pistes damées. Les pentes sont larges et moins achalandées qu’ailleurs. Mieux encore, le « vrai sommet » donne accès à un terrain de poudreuse des plus magnifiques. Tout comme Hanazono, si le vent se lève, naturellement la neige s’y déposera. L’accès à ce versant est un peu plus ardu mais il n’est pas nécessaire de marcher jusqu’en haut pour avoir accès à de belles « drop ». Ces pentes sont aussi accessibles par la remontée Grand Hirafu/Hanazono, alors nul besoin d’être du côté Annupuri pour skier les « bowls »  de ce versant. Prévoyez un à deux jours de visite selon la météo.

 

Ce texte s’inscrit dans le dossier « Japon ». Lisez les autres articles!
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Rusutsu resort
Sapporo-Teine

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À PROPOS DE L'AUTEUR

David Plamondon
Travailleur à temps plein, étudiant à temps partiel, skieur l’hiver, cycliste l’été, mais surtout, chercheur de bonheur et d’accomplissement par la réalisation de soi!