Publication partenaire

Invitation au ski: 10 conseils pour l’initiateur!

25 novembre 2015 | Chronique, par Geneviève Larivière
Photo Geneviève Larivière

Dans un éditorial de l’an dernier, j’exhortais les skieurs actifs à « parrainer » un nouveau skieur, soit par l’initiation ou la ré-initiation. Certains l’ont fait (bravo!) et m’ont même raconté leur expérience, tant pour le positif que pour le négatif. Ces derniers points ainsi que les questions de mon entourage m’ont donc guidée vers la liste suivante, qui vise à maximiser l’expérience des protagonistes, tant du côté du parrain que de l’invité! Certains des conseils vous paraitront peut-être « bébé » mais n’oubliez pas que votre routine est déjà rodée… celle de votre invité, non.

1) Si votre cible n’est pas déjà convaincue, travaillez pour la convaincre… mais pas trop. Certaines personnes deviennent de plus en plus réfractaires à une idée à force de s’en faire parler. Personnellement, je fais partie de cette catégorie: plus on me casse les pieds à propos de quelque chose, moins grandes sont les chances que je m’y intéresse ou que je m’exécute. Donc, laissez mijoter l’idée dans l’esprit de votre cible… et fiez-vous à votre instinct: si vous sentez que vous êtes près du but, prenez les devants et lancez une invitation avec une date précise. Ne donnez jamais dans le flou « un jour cet hiver », « un bon moment donné », « dans les prochaines semaines »… la semaine des quatre jeudis, ça laisse trop de place à l’évasion! Bien entendu tout ceci convient s’il s’agit d’une cible adulte. Si la cible est votre enfant… vous pouvez toujours user de votre autorité parentale!

2) Lorsque la cible a accepté, le doigt pris dans l’engrenage avec la date entendue: le poisson a mordu… mais il faut garder la tension dans la ligne pour ne pas l’échapper. Rassurez votre cible en lui disant que vous vous occupez de tout: vous avez votre routine, votre cible n’en n’a pas! Aidez-la à prévoir ses vêtements, à penser à son lunch (ou offrez-lui!), et proposez-lui de covoiturer si c’est possible. Votre déplacement sera plus agréable, vous réduirez les frais d’essence et minimiserez les chances de vous faire poser un lapin le matin donné (ou de ne jamais vous retrouver dans le bon stationnement!).

3) Le choix de destination VS le choix du moment: si vous devez absolument skier un jour de fin de semaine, privilégiez les stations de taille moyenne. Évitez les endroits trop achalandés: vous êtes le premier à pester intérieurement (ou pas) contre la surpopulation momentanée d’une station trop populaire, pourquoi le faire subir à votre invité? Si vous avez le loisir de skier un jour de semaine… faites-le sans hésiter!

4) Un petit rappel: si votre cible n’a pas d’équipement… ne l’abandonnez pas lâchement pour aller aux toilettes pendant qu’elle passe à la location. Les stations sont outillées pour tous les skieurs mais c’est un peu bête de vous être donné tout ce mal pour laisser votre cible toute seule devant des questions du genre « c’est quoi votre niveau de ski? » ou « c’est quoi votre grandeur de bottes? ».

5) Pour l’achat du billet journalier: pensez à acheter une demi-journée ou un bloc de 4 heures… surtout si votre cible est à un retour sur les planches! « Don’t bite off more than you can chew »: si vous êtes trop ambitieux vous risquez de surestimer le courage et l’endurance de votre cible, résultat, vous aurez un humain désabusé, fatigué et plus prompt à la perdre patience, ce qui amènera inexorablement une perte de confiance et fera chuter non seulement le skieur mais aussi son envie de réitérer l’expérience.

6) Parlant de patience: est-ce bien pertinent de vous suggérer d’en prendre un bon stock dans vos poches? Qu’il s’agisse de vos enfants ou d’un ami, de votre blonde, de votre père… évitez les signes d’exaspération. Je vous jure, ça tue toute bonne intention, toute motivation. On se sent vite incapable, et on prend presque immédiatement pour acquis qu’on ne satisfera jamais les attentes de notre parrain.

7) Parlant d’attentes: ne vous en fixez pas. Et soyez honnête, vous aurez le réflexe de vous en fixer! Vous allez vouloir arriver tôt pour avoir une bonne place de stationnement, éviter les files à la billetterie et à la location, profiter des meilleures conditions, avoir la plus belle journée… oubliez ça. Vous arriverez quand vous arriverez! Et vous skierez quand vous skierez! Si vous commencez votre journée avec du stress et de la pression… la première descente se fera avec les dents encore serrées d’avoir accumulé pendant toutes les étapes précédentes.

8) En piste, travaillez sur la confiance. C’est le premier outil pour lutter contre les peurs. La peur de tomber, la peur de se faire mal, la peur de perdre le contrôle, la peur de ne pas être capable, la peur des collisions, la peur d’avoir peur… Si votre enfant tombe, plutôt que d’accourir pour le relever vous-même, s’il a assez de force bien entendu, aidez-le avec des mots, pour qu’il arrive à se relever de lui-même: il n’aura plus jamais peur de tomber et sera plus solide sur ses skis, prêt à progresser! Si votre cible adulte vous semble réticente, questionnez-la sur ses peurs. En parler sera déjà une thérapie, et vous serez mieux placé pour l’encadrer et la rassurer. Les meilleurs profs de ski ne sont pas les plus techniques, les meilleurs sont ceux qui renforcent votre confiance.

9) Ne faites pas l’erreur de croire que vous pouvez tout montrer à votre invité. Peu importe son âge, et peu importe votre niveau de ski et vos talents de pédagogue, un cours privé une fois de temps en temps replace bien des choses et permet une progression notable. De plus, les enfants et les conjoints sont les pires récepteurs de votre enseignement: quand c’est papa, on s’écrase plus vite au sol en pleurant qu’on n’y arrive pas, quand c’est le chum on boude plus vite en direction du chalet « J’pas bonne! ».

10) Une fois la journée terminée, pensez « service à la clientèle ». Pour comprendre, quelques exemples: un serveur repasse à votre table pour vous demander si votre repas est à votre goût, un conseiller à la SAQ vous propose un accord mets et vins en vous enjoignant à lui en donner des nouvelles, un concessionnaire automobile vous rappelle un mois après votre achat pour sonder votre satisfaction quant à votre nouvelle voiture… Faites votre boulot jusqu’au bout! Vous avez travaillé super fort pour arriver à convaincre votre invité, l’amener en ski, passer une journée… vous mourez d’envie de savoir s’il a apprécié l’expérience! Et vous voulez bien entendu secrètement connaitre les choses qui lui ont moins plu… pour corriger le tir et marquer encore plus de points la prochaine fois!

Bien sûr, si vous avez d’autres trucs et tactiques, ne vous gênez pas pour les appliquer et/ou les suggérer dans les commentaires! En attendant… avez-vous votre cible? Oui? Alors bon ski!

Cet article a été originalement publié le 2 décembre 2013 mais les conseils qui sont exposés sont toujours d’actualité! 

À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière

Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.

Publier un commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz