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La traversée de l’Inter-centre, 19 janvier 2019

Il y a quelque temps en fouillant sur les Internets, je suis tombé sur un article plutôt intéressant relatant les exploits d’un couple de nouveaux retraités. Le couple en question, Hélène et Normand, venait de boucler un périple de deux ans en vélo tandem. 31 000 km plus tard (oui, oui, vous avez bien lu), ils avaient parcouru les 4 coins de l’Amérique. Partis de Calgary, ils ont rallié Tierra del Fuego (Terre de Feu), extrémité sud du continent en Argentine. Équipés de leur vélo et d’une tente, ces amoureux du plein air ont amorcé leur retraite de la plus belle façon qui soit; soit en arpentant pas moins de 17 pays en vélo en autonomie complète. De fil en aiguille, je me suis mis à suivre leurs page Facebook « Tandem et Cie autour du Monde! ». À ma grande surprise, j’ai vite réalisé que Normand et Hélène n’étaient pas seulement habiles sur leurs deux roues. Le couple était également mordu de ski de fond hors-piste et se rendaient régulièrement dans les Laurentides pour y faire de longues randonnées en montagne…

Après avoir échangé quelques lignes avec Normand, je reçois une invitation de sa part pour participer à la traversée du sentier Inter-centre avec lui et une cinquantaines de d’autres mordus. Le plan était simple mais ambitieux, débuter la journée à la montagne Noire pour rallier tous les sommets de l’Inter-Centre (Noire, Blanche, Le plateau et Grise) pour terminer la journée à la pénombre au stationnement du Nordet. Au total, une promenade d’environ 32 km en autonomie complète avec un dénivelé positif de +/- 1 700 mètres. Le défi m’enchantait et j’ai accepté volontiers l’invitation de Normand malgré le froid colossal qui s’annonçait.

Le rendez-vous est fixé au stationnement du Nordet où, deux autobus nous attendent, pour nous amener au stationnement de la montagne Noire. La majorité des participants sont des membres de l’expédition de la Traversée de Laurentides qui aura lieu dans quelques jours. Cet événement sportif, réservé aux initiés consiste en une randonnée de plusieurs jours. Les skieurs doivent transporter leurs tentes, leurs vives et tous autres items nécessaires sur des parcours pré-établis d’environ 50 km par jour.

Le mercure indique -27 dégrées Celsius à notre départ de la montagne noire. Le froid sibérien se fera vite oublier lors des premiers kilomètres, l’ascension de la noire nous permettant de rétablir une chaleur corporelle acceptable. Mon premier constat est qu’il y a du bon skieur au pied carré par ici. Les skieurs de tous âges n’en sont pas à leurs premières randonnées. Jeunes, moins jeunes, et même vieux sont tous très rapides dans les montées et solides dans les descentes. Après être partis en peloton, le groupe se disperse quelque peu. Avec la température qui sévit, chacun doit trouver un rythme qui lui permettra de rester confortable afin de rallier l’arrivée. Un rythme trop lent serait catastrophique pour les engelures et un rythme trop rapide générerait trop de transpiration qui rendrait très inconfortables les derniers kilomètres de la randonnée.

Les premiers kilomètres de sentiers sont assez fréquentés et le passage répété des skieurs nous donne d’excellentes conditions. La deuxième portion de la randonnée, la descente de la Noire vers le lac Raquette, est beaucoup plus sauvage. Peu (voir pas) de skieurs se sont aventurés sur cette portion du sentier depuis la dernière accumulation. La descente est donc très agréable dans des conditions de poudreuse légère. La longue descente de plusieurs kilomètres nous mènera au sentier de la montagne Blanche; l’objectif numéro deux de la journée. Ayant eu un peu de difficulté à rester au chaud durant cette descente, je n’ai malheureusement pas été en mesure d’immortaliser beaucoup de clichés. 

Un premier refuge, celui du lac à l’Appel, nous permettra de refaire nos forces avant de poursuivre la longue traversée. Bien que le sentier Inter-centre offre un raccourci vers celui-ci, nous préférons vivre l’expérience à la dure et emprunter le sentier de la montagne Blanche qui offre des panoramas à couper le souffle. Bien que le groupe se soit dispersé et que je continue la randonnée en solitaire, tout de même rassuré de savoir que des skieurs ne sont pas trop loin devant et derrière en cas de pépins. La descente vers le refuge est un peu laborieuse, le sentier mériterait d’être élargi, car pendant un moment, j’avais l’impression de revivre les minutes précédentes la montée au Golgotha, il y a 2019 ans. La flagellation des branches était particulièrement souffrante.

Quelques skieurs m’avaient précédés au refuge et en avait profiter pour allumer le poêle. J’en ai donc profiter pour sécher quelques peu mon linge et casser la croûte. Alors que les autres skieurs arrivaient successivement, un dénominateur commun nous rassemblait tous dans cette aventure. Malgré le fait que tous arboraient des tignasses, sourcils et cils complètement recouverts de frimas, les sourires étaient omni-présents sur le visage de chacun d’entre-nous.

J’ai souvent skié l’Inter-centre, mais j’ai rarement eu la chance d’emprunter le sentier du plateau entre le refuge du lac à l’Appel et le refuge du Nordet. Cette portion de sentier n’est pas très fréquentée, car elle implique une longue randonnée sans possibilité de sortie. La montée du plateau à été beaucoup plus exigeante que les autres. La neige y étaient beaucoup plus molle et j’ai du utiliser la technique du pas de canard ou de l’escalier à plusieurs reprises. Heureusement, le Nordet était à proximité pour me permettre d’y prendre une dernière pause avant l’ascension finale de la Grise.

C’est un Nordet bondé de monde qui m’attendait lors de mon passage. Un bon groupe y séjournait pour la fin de semaine. Il aurait été facile de rejoindre le stationnement par le sentier l’Inter-Centre à partir du refuge. Ce sentier contourne le sommet de la Grise et est beaucoup moins exigeant que le sentir de la Grise. Bien qu’exténué, je n’aurais pas eu l’impression du devoir accompli si je n’avais pas emprunté le sentier de la Grise pour terminer la journée. Ayant encore du temps devant moi avant la tombée de la nuit, j’ai complété la journée avec l’ascension du sommet de la Grise pour y admirer Val-des-Lacs et ses environs et le versant Nord du Mont Tremblant lors de la descente. La dernière descente a été particulièrement exigeante sur les jambes, les batteries complètement à plat; la piste qui parcours le flanc de la montagne a un devers sur la quasi-totalité de la descente. De style montagnes russes, cette descente inégale fait en sorte qu’une jambe est toujours plus haute que l’autre.

Au final, la randonnée de 32 kilomètres et 1 753 mètres de dénivelée aura duré 7 heures 4 minutes 59 secondes. Inutile de vous dire que je n’ai eu aucun mal à m’endormir hier au retour à la maison! Merci Normand pour l’invitation et au plaisir de skier ensemble de nouveau dans des conditions, espérons-le, un peu plus clémente!

 

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Jean-Paul Croteau
Si il y avait un temple de la renommée du ski de fond, Jean-Paul Croteau y aurait été intronisé depuis belle lurette. Inspiré par ses idoles de jeunesses Dickie Hall et Steve Barnett, le ski de fond n’a plus de secret pour Jean-Paul. De nature plutôt solitaire et de sociabilité ultra sélective, peu de gens peuvent se vanter d’avoir skié avec lui.