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Le Massif de Charlevoix, 14 février 2019

 

Pour une fois, j’arrive à l’ouverture. Je pensais avoir la montagne à moi tout seul. Ben non… il a fallu que je partage. Je fais mon apprentissage du vivre ensemble… Il y en a beaucoup là-dedans qui sont malades et n’ont pu entrer travailler ce matin. Ça me donne le goût de leur offrir des vœux de bonne convalescence…

C’est ben plein de monde au Massif en ce jeudi post tempête. La billetterie ne fournit pas; une grande colonne d’attente serpente jusqu’à l’extérieur du bâtiment. J’avoue m’être demandé pourquoi la billetterie extérieure n’était pas ouverte… Le temps d’attente était par ailleurs fort raisonnable… La machine est bien rodée…

J’attaque les pentes… enfin c’est une façon de parler… La Batture, La Desjardins, etc, histoire de me réchauffer. Pour réchauffer ça réchauffe en diable! La neige des pistes est déjà passablement traffolée; ces dernières sont hérissées de belles bosses bien molles (rien de langoureux ou de déplacé dans mon observation). Après, La Fortin; je me rends compte que je ne suis pas tout à fait prêt… Et La Fortin est très sévère envers les skieurs qui ne sont pas déterminés… J’y retournerai plus tard… Beau sous-bois assez engageant…

Je skie les petits sous-bois de part et d’autres de La Misaine. J’aime bien La Tourelle. À chaque fois que je l’aperçois à partir de la Grande-Pointe Express—celle-là ou La Coursive, par exemple—je dois figurer comment m’y rendre; mes co-remonteurs sont heureusement là pour m’indiquer le chemin. J’ai beau consulter ma carte, je suis un peu confus. Ça ajoute à la qualité de l’expérience; Le Massif, c’est l’aventure…

Je ne parlerai pas des conditions générales des pistes; ce serait inutile et peut-être indécent, spécialement pour nos pauvres hères qui triment dur aujourd’hui afin de se payer une voiture de l’année ou une nouvelle télé aux rayons gamma… Ça ne prend pas la tête à Papineau pour faire sa propre déduction, un lendemain de tempête qui a laissé presque 60 cm de neige dans ce coin-ci de pays…

Si j’étais un peu plus baveux, je dirais: C’EST MAGNIFIQUE. Mais je me retiens…

À un certains moment, j’entreprends La Grande Pointe. En bordure de piste, un coussin de neige—que dis-je! un matelas… Je fonce dedans. J’en ai jusqu’au nombril. Je suis pris et j’ai bien de la difficulté à revenir en piste. L’honneur est sauf; personne ne m’a vu. Je vais tout simplement éviter d’en parler…

Bords de piste moelleux

Je veux skier Liguori mais je suis trop habillé pour faire une marche dans les bois. Un des guides me suggère d’y accéder à partir de La Coulée. Sacré bonne idée; je vais skier moins niaiseux…

J’entre dîner. Le chalet est plein. Mais les micro-ondes sont disponibles; je réchauffe et mange mon tofu à la viande, sauce au chocolat. Hum, mon plat préféré. 

Je m’assois avec une petite famille bien sympa; un des jeunes se dégèle un peu et me demande, se questionne, en rafale: «Do you think skiing comes from a set of acquired or innate skills? Bla, bla, bla, Unlike suicidal tendencies… bla, bla, bla… Trump, bla, bla, bla. À 9 ans, il est mûr pour le doctorat. Je commence à avoir mal à la tête, spécialement après qu’il m’ait demandé les coordonnées de l’Institut de psychanalyse de Zurich. Bon, je suis quand même rassuré: Jeff Filion, avec son baratin perfide et insensé, va devoir se lever de bonne heure pour influencer/corrompre un jeune de la sorte…

Je retourne prendre l’air. Wow, neige et soleil.

Skier dans les bosses, ça me rappelle ce solo (clarinette, saxophone?) de Bunk Gardner:

Les prochains jours vont être formidables. Pour pelleter, oui. Mais pour skier aussi. Deux sports  qui ne sont pas mutuellement exclusifs…

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Rodrigue Bélanger
Rodrigue vit à Québec et enseigne les arts. Skieur passionné, en station comme en hors-piste, il est toujours à la recherche de la petite planque qui lui permettra de goûter la substantifique poudreuse. Il est fou de télémark. En 3 pins, ou en fix à plaque, il est heureusement souvent à côté de la track.