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Présentation: le Profoil de Fischer, la nouvelle affaire?

31 août 2016 | Chronique, par Marc-Antoine Brissette
Photo Fischer Sports

Adepte du ski hors-piste depuis quelques années déjà, j’ai eu la chance d’essayer pas mal tous les moyens d’ascension possible. De la raquette à la peau d’ascension au ski à écailles, chacune des méthodes présente des avantages et des inconvénients. Pourtant, aucune d’entre elles m’a complètement satisfait pour l’instant… sauf une nouveauté. Petite rétrospective des peaux d’ascension et de leurs caractéristiques.

Jusqu’à tout récemment, les peaux d’ascension pouvaient être classées dans trois grandes catégories de composantes: nylon, mohair et mixte.

Alors que le nylon procure la meilleure adhérence lors de l’ascension et la meilleure durabilité, il procure une glisse inférieure lors des déplacements sur les terrains plats ou à faible inclinaison. Le mohair offre une glisse supérieure mais s’use plus rapidement et offre moins d’adhérence en montée. La peau de type mixte est tout simplement une combinaison des deux type de fibres; elle procure donc les avantages et les inconvénients des deux technologies réunies dans un même produit.

Skiant principalement dans les buttes des Laurentides et de l’Estrie, la peau d’ascension n’est pas tout à faite adaptée à mon genre de ski. Étant donné le dénivelé plutôt faible et le caractère plus randonnée que descente dans mes destinations préférées, les peaux d’ascensions sont plutôt mal adaptées à mes besoins. La glisse n’est pas optimale, particulièrement lors des longues approches, et après trois ou quatre transitions dans une journée, les peaux sont imbibées d’eau et ne collent pratiquement plus sur la base du ski.

Ce n’est pas un hasard si dans les dernières années, j’ai délaissé mes peaux pour effectuer des approches en skis à écailles de poisson. Sur papier, le ski à écailles est la solution miraculeuse, il permet de faire l’ascension et la descente sans même à avoir à retirer les skis. Les écailles sculptées dans la base donne une certaine traction en montée tout en conservant une glisse adéquate lors de la descente. Évidemment, si cette technologie était miraculeuse, tout le monde aurait des ski à écailles aux pieds, ce qui n’est pas le cas! La montée est beaucoup plus active, elle demande une utilisation accentuée des bâtons et on doit constamment contrôler son centre de gravité afin d’arriver à un résultat acceptable en terme de vitesse de grimpe dans les inclinaisons supérieures à 10°. En bref, le choix plutôt restreint de skis à écailles et les limitations de cette technologie en terrain pentu en font un produit peut orienté « grand public »; les fondeurs y trouveront probablement leur compte, contrairement aux accros du « steep ».

Voile Objective BC ski

Ski Voilé équipé d’écailles de poisson

Alors qu’aucune percée majeure n’a eu lieu dans les peaux d’ascension dans les deux dernières décennies, voire plus, Fischer commercialise quelque chose de complètement hors du commun en 2015: une peau d’ascension écailles de poisson! Bon, je l’avoue, je suis un peu déçu de pas avoir eu l’idée moi-même… Le Fischer Profoil est tout simplement révolutionnaire. Il s’agit d’une bande de plastique semi-rigide autocollante sur laquelle ont a sculpté des écailles. Glisse améliorée, adhérence améliorée sur tout type de neige, résistance à l’eau, poids inférieur et durée de vie infinie: le Profoil a vraiment tout pour plaire! Imaginez, monter en ligne droite une pente glacée abrupte pendant que vos amis sur mohair ou nylon sont forcés de faire du zig-zag. Imaginez, glisser sans forcer sur les 5 kilomètres d’approche… Pourtant, deux saisons après le lancement, l’engouement semble minime. Si minime que je n’ai pas encore vu quelqu’un avec ça aux pieds, et pire encore, je n’en ai jamais vu en magasin au Québec! Quelques rares articles sur les Internets en font mention, sans plus.

Lors d’une chaude journée d’été, alors que je procrastinais à la job en magasinant en ligne, je suis tombé sur une paire de Profoil à un prix raisonnable. En moins de deux, j’ai passé la commande et attendu impatiemment la livraison à la maison. Au moment d’écrire ces lignes, il fait encore régulièrement 30°C à l’extérieur et je n’ai pas encore testé le produit sur de la neige. Bien sûr j’ai fait quelques aller-retour, Profoil au pied, sur mon gazon en arrière et le produit me semble répondre en tout point à mes attentes. Il faudra patienter encore quelque peu pour un vrai test sur neige. Restez à l’affût!

Le motif des écailles est intéressant et rappelle les orientations des crampons des pneus de vélo ou de voiture: une bande centrale parallèle au ski, dont les écailles sont alignées en ligne droite est bordée de part et d’autre par deux bandes « diagonales », dont les lignes des écailles sont orientées à 45° pour offrir un stabilité latérale. L’arête de l’écaille est très coupante et semble vraiment donner un bon mordant.

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Les motifs droits et angulés des écailles. Photo Marc-Antoine Brissette

Étant donné sa construction de plastique, cette peau ne se plie pas n’importe comment. Les fabricants ont pensé à ce détail: une série de minuscule rainures installée à certains endroits bien précis ont été moulés dans le plastique afin de permettre un pliage plus facile de la peau pour le rangement. Lorsqu’installé sur le ski, l’hystérésis (déformation) du plastique dans les zones de pliage semble vouloir faire décoller les peaux du ski. J’imagine qu’avec le poids du skieur sur la neige le problème disparaît. Comme le pliage se fait uniquement dans un sens, il est impossible de coller les deux peaux face à face et de les ranger. Chaque peau doit être rangée séparément.

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Bandes de pliage. Photo Marc-Antoine Brissette

Aucune nouveauté du coté attache, on utilise le même bon vieux principe. Finalement, dernière particularité, on recommande de couper le Profoil sur la pleine largeur du ski, sans laisser de dégagement pour les carres de métal de chaque côté du ski. Je ne suis pas certain de comprendre la raison et l’avenir nous dira si je ne me laisse pas tenter d’enlever quelques millimètres excédentaires de chaque coté de mes peaux!

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Le Profoil de Fischer Sports. Photo Marc-Antoine Brissette

Que ferais-je si j’avais un vieux 2$ à parier sur le Profoil? Je le mettrais sur la table sans hésiter. Pour une raison que j’ignore, les sportifs semblent très conservateurs sur leur équipement… et pourtant, en 2016, plus personne ne remet en question la performance des freins à disque pour le vélo de montagne. On les voit partout, autant en cross-country qu’en descente. Ironiquement, l’arrivée de cette technologie dans les années 90 a été plutôt mitigée. Le départ fut relativement lent, il a fallu attendre plusieurs années avant de voir la majorité des vélos équipés de cette technologie. Pourquoi donc? Personne ne peut réellement l’expliquer. Est-ce que l’écaille deviendra le prochain frein à disque du ski hors-piste? C’est à suivre…

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Marc-Antoine Brissette
Fils illégitime du défunt Prof Bof, Marc-Antoine est passionné par deux choses: la neige et la science. Tantôt, en classique, tantôt en skating et tantôt en hors-piste, Marc-Antoine s’oppose fermement à la binarité de la discipline et refuse d’être associé à un camp défini. Follement amoureux de la neige, sa non-binarité lui permet bon an mal an de profiter de sa passion de la glisse d’octobre à juillet.