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L’exil au Mont Sutton, 13 novembre 2019

Ce texte parle de l’exil. De l’exil vers les montagnes en premier lieu, ce refuge naturel vers lequel les skieurs font systématiquement pèlerinage pour retrouver leur passion. De l’exil dans la neige, cette substance d’une blancheur immaculée qui nous vient du ciel et qui illumine les sombres nuits sous la lueur lunaire. De l’exil dans le froid, parce que cette substance que nous chérissons tant se conserve uniquement sous zéro. De l’exil qui m’a poussé, durant cette journée du 13 novembre, à profiter de la poudreuse d’automne.

J’ai choisi l’exil à l’écart des sentiers tracés, même dans un sentier battu. L’exil des foules aussi, pour retrouver ce calme et cette solitude que je cherche dans les montagnes en ski de randonnée. Il aura fallu attendre le lendemain de la tempête pour s’exiler de la folie, mais la neige aura continué de neiger pour recouvrir le chaos de la veille.

Mon exil est aussi une fuite de la ville. Le calme des montagnes remplace le bruit incessant de la cité, les grands sapins enneigés remplacent les gratte-ciels artificiels, le 40 cm de neige tombée durant les dernières 48 heures remplacent le bitume. Les allées de poudreuse remplacent les longs corridors asphaltés. Sur les pistes, je me déplace maintenant avec ma propre puissance, sainement, loin du horse power des moteurs polluants qui engorgent les autoroutes. L’exil loin de l’oppressant et du bruyant, où je respire purement en écoutant le silence de la nature et ses sons sporadiques.

Ici, sur mes skis, je suis en exil. En exil du travail, qui me cloue derrière un ordinateur de bureau alors que les flocons s’empilent sur mon écran mobile au fil des bulletins météo et des posts des stations de ski. En exil du stress accablant de l’existence, qui nous pousse à courir toujours plus vite après le temps pour s’accorder, finalement, la liberté de skier. Parce que dans la prison du néolibéralisme, le temps travaillé est plus rentable pour les actionnaires que le temps skié. Même si nous savons que le temps skié nous rend plus efficient au travail le lendemain.

J’avais besoin de cet exil. De cet exil d’une journée après avoir attendu des semaines avant de remettre mes skis. Aujourd’hui, je n’ai que skié l’Exil, cette piste aux confins du Mont Sutton qui m’a offert cette rare poudreuse d’automne tant convoitée.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Pierre Pinsonnault
Son intérêt pour la nature et le grand air se décline en deux principales activités : le ski alpin (sa grande passion) et la randonnée en montagne. Rédacteur professionnel dans la vie de tous les jours, et prenant un malin plaisir à photographier les paysages d’hiver et les skieurs lorsqu'il pratique son sport de prédilection, Pierre aime écrire sur le ski et partager ses expériences, photos à l’appui.