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Masochisme caractéristique

16 avril 2012 | Éditorial, par Geneviève Larivière
Photo Christophe Deschamps

Aujourd’hui, j’ai posé un geste anodin: j’ai mis à jour la photo de mon profil sur les réseaux sociaux. Contrairement à plein de gens qui sont déjà en mode «été», moi, la tête de cochon, j’ai mis une photo de moi dans la poudreuse profonde, prise à Whistler il y a un peu plus d’un mois. Après m’être trouvée bien drôle pendant quelques instants, mon sourire a changé de couleur, à l’image de cette neige qui fond, pour nous laisser découvrir le gazon jaune…

Mon sourire est jaune parce que je réalise que cette photo, c’est l’expression de la nostalgie, au premier degré, mais aussi l’expression d’un masochisme à peine latent, si caractéristique des passionnés. Un peu d’étymologie: nostalgie vient du grec νόστος («nostos» = retour) et ἄλγος («algos» = souffrance). Voilà donc le lien avec le masochisme… puisqu’on aime bien souffrir de cette manière!

Au lieu de regarder vers l’été qui arrive, même si j’ai déjà sorti mon vélo, je n’ai toujours pas rangé mes skis. Je regarde les statistiques de fermetures des stations, tout en cultivant ces souvenirs fugaces d’une poudreuse si délicieuse. Je sais que ma saison n’est pas finie! Mais je sais aussi que le ski de printemps n’a rien à voir avec ma photo de poudreuse…

Les Romains exaspérés de mon entourage regardent la Gauloise que je suis comme César regardait le célèbre village d’irréductibles… mais je ne capitulerai pas! Pas tout de suite! Oui, je sais, c’est moi qui ai donné le cours sur le cycle des saisons aux météorologues de ma chronique précédente, donc je suis au courant qu’après l’hiver, c’est l’équinoxe de la marmotte et le solstice du bikini, merci! Mais ce masochisme à peine masqué, bien qu’impuissant devant le cycle des saisons, me pousse à regarder ma saison-pas-t’encore-finite, tout en imaginant déjà la suivante. D’ailleurs, faites-moi penser d’écrire tout de suite au Père Noël, parce que je ne veux rien d’autre que de la neige l’hiver prochain!

Cela dit, entre mes deux saisons (de ski), je ferai quand même une escale sur un glacier, histoire de ne pas oublier que de la neige, c’est froid dans le cou. En juillet, nous serons à Timberline, sur le Mont Hood (Oregon). Ce pèlerinage répètera sans doute ce que j’y ai vécu il y a deux ans.(Lecteurs, souvenez-vous grâce au Mag! À lire iciet .) Je ne peux donc qu’avoir hâte d’y être. Et me voilà, replongée dans mes photos… Oui, masochisme caractéristique persistant.

Et vous? Combien de journées de ski mémorables avez-vous raconté, puis ressassé, à grand coups d’adverbes et de photos incriminantes? À un point tel que vos Romains s’en sont fatigués et vous ont laissé dans votre village? ;)

En attendant… je vous souhaite une belle fin de saison, bon ski de printemps pour ceux qui n’ont pas rangé les spatules! Je ferai «relâche» d’édito quelques temps, mais peut-être ferai-je une ou deux apparitions sporadiques d’ici septembre. Pour ne rien manquer, suivez-nous sur Facebook et sur Twitter (@Zoneski) !

À bientôt :)

GL

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière
Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.