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Mines Madeleine : Un séjour au paradis – 2 au 6 janvier 2017

Après avoir passé les 5 derniers jours à skier dans le secteur des Mines Madeleine, je peux dire que mon séjour figure pas loin du sommet du palmarès de mes expériences gaspésiennes. En étant honnête, je dis ça pas mal à chaque fois que je reviens de la Gaspésie, que voulez-vous? Les Chic Chocs c’est juste trop beau, trop gros, trop l’fun, trop tout donc je m’emporte… Malgré cela voici le récit le plus objectif possible de mon expérience, bonifié de quelques conseils et d’anecdotes :

La location : D’abord les Mines Madeleine c’est où? C’est situé dans la réserve faunique des Chic Chocs. Pour s’y rendre on doit stationner au Centre de découverte et des services du parc national de la Gaspésie. De là, on emprunte la route 14 (inaccessible en voiture l’hiver) qui grimpe 600m sur 12 km, jusqu’au refuge situé au bas des cuves de la mine.

Pour s’y rendre : S’il était possible au courant des dernières années de faire affaire avec la compagnie Ski Chic-Chocs pour se faire transporter en cat-ski jusqu’au refuge, ce n’est plus le cas cette année. Ça veut donc dire que l’on doit faire l’approche à ski. Personnellement, ça aura été un irritant, parce que ça aura monopolisé deux demies journées qui auront été consacrées à se déplacer sur du flat, plutôt qu’à profiter de la poudreuse : pas que c’est pas l’fun, mais tsé! Heureusement, la SEPAQ offre le transport des bagages, et ceux qui veulent accéder au terrain pour une seule journée, peuvent se faire accompagner d’un guide qui fera l’aller-retour en motoneige jusqu’au pied des cuves. Prenez note que pour le transport des bagages, 20 kg par personne sont alloués EN UN SEUL CONTENANT. Utile à savoir si vous ne voulez pas vous retrouver comme nous à ducktaper des boîtes et des sacs ensembles!

Le terrain : La beauté de l’expérience des Mines, c’est qu’on se retrouve au cœur d’un immense secteur composé de 6 cuves, offrant un grand nombre de possibilités de lignes parmi lesquelles on peut choisir en fonction de l’enneigement, du vent et des conditions d’avalanche. Étant donné l’isolement de l’endroit, on n’y croise donc presque jamais personne, on a donc beaucoup de chances d’y trouver des traces fraîches à y faire. C’est ce qui en fait un endroit aussi spécial. Pour avoir un aperçu plus détaillé de l’endroit, vous pouvez consulter le site de ZoneSki pour accéder au descriptif : http://www.zoneski.com/reseau/mines-madeleine/ – 13/49.0012/-66.0123. Pour encore plus de détails, vous pouvez vous procurer le Guide des Itinéraires de randonnée Alpine des Chic-Chocs, qui est le fruit du travail de Avalanche Québec en collaboration avec plusieurs partenaires de la région.

Le refuge : Sincèrement c’est du gros luxe compte tenu d’où on est. On y trouve l’électricité, l’eau courante, toilette, une douche avec de l’eau chaude (bling bling), 16 places sur lits 2 étages avec matelas et oreillers, table et chaises pour manger, une cuisinière, un frigidaire, 3 sofas et un poêle à bois pour se tenir plus qu’au chaud. Côté négatif : Pas sûr que l’aménagement était Feng Shui et les électroménagers n’étaient pas en stainless. Sérieusement, voici une petite liste non exhaustive de choses à ne pas oublier : Toute la vaisselle et les ustensiles dont vous avez besoin pour faire votre bouffe. Sac de couchage et pourquoi pas un drap contour et taie d’oreiller pour plus de confort. L’eau n’est pas potable donc soit apporter un filtre ou encore la faire bouillir sur place. N’oubliez pas de vous apporter du papier de toilette en quantité suffisante (prend énormément de valeur sur le marché noir vers la fin du séjour). Pour mieux dormir, des bouchons pour les oreilles parce que 10-12 personnes qui skient toute la journée et qui mangent du chili pour souper, ça fait du bruit en ta!

Mes lignes skiées :

Lors de la première journée, on aura fait une seule descente étant donné notre arrivée tardive suite à l’approche de 12 km. On a opté pour la Shaft dans la Cuve de la Mine qui est une des descentes les plus accessibles à partir du refuge. C’est un beau sous-bois qui dois-je le spécifier avait aucune trace dedans!

La deuxième journée aura été la plus belle à cause des conditions : Le calme avant la tempête! C’était dégagé, et surtout, aucun vent. Il faut vraiment apprécier les journées sans vent dans les Chic Chocs, parce que selon mon expérience, ça n’arrive pas très souvent. On en a donc profité : On a fait deux belles descentes dans la Joe Louis dans la Cuve Nord. C’est une belle longue descente qui débute dans l’alpin, et qui se resserre avec quelques belles lignes à faire à travers les arbres vers le bas. Notre troisième aura été un beau couloir sans nom très escarpé qui aura été une des plus belles descentes du voyage. Comme tout doit se payer dans la vie, c’était trop escarpé pour faire l’ascension en peaux, nous avons donc dû bootpacker pour en ressortir. J’ai terminé la journée en descendant par la craque qui s’est avéré une mauvaise décision parce que la neige y avait été ventée toute la journée.

La troisième journée aura été jour de tempête : Des vents à écorner les bœufs et presqu’aucune visibilité, m’ont fait prendre l’avant-midi de congé. On est retourné dans les bois faire la Shaft et la Rocket en après-midi, qui représentaient les options les plus sécuritaires en fonction des conditions.

Les conditions s’étaient améliorées quand on a mis le pied à l’extérieur du chalet le matin de notre quatrième journée. On a voulu refaire la Joe Louis mais les conditions se sont dégradées une fois au sommet. En résumé c’était le whiteout total : On n’arrivait pas à distinguer la pente de l’horizon et on voyait à environ 10m de distance. Les conditions nous ont donc fait rebrousser chemin, et on est allé faire deux belles descentes dans le Tube qui se retrouve sur une face opposée, et qui se jour-là était mieux protégée du vent. La descente est particulièrement belle dans sa deuxième section qui se transforme en half-pipe naturel, d’où le nom de la piste. En après-midi il neigeait abondamment, on est allé faire la S apostrophe qui nous aura donné la neige la plus profonde de la semaine dans le bas du couloir : Jusqu’à la taille!! On a terminé la journée encore dans la Shaft qui offrait des conditions exceptionnelles à ce moment-là. Des membres de notre groupe se sont même gâtés en s’offrant la dernière descente à la frontale : magique!

La dernière journée en aura été une fatigante : Deux descentes le matin dans la Joe Louis et le Tube (rien pour écrire à sa mère : tout avait été venté), le 12 km en ski pour revenir jusqu’à l’auto et le 9h de route pour revenir dans les Laurentides : Ouf!

Finalement, c’est clair que pour profiter sécuritairement du terrain des Mines Madeleine, il est important de réunir certaines conditions de base. Avoir des connaissances permettant de discerner les risques d’avalanches, avoir l’équipement nécessaire et savoir s’en servir, avoir des moyens et des connaissances pour s’orienter, savoir prodiguer des premiers soins en région éloignée et avoir un outil de communication permettant d’appeler des secours en cas d’urgence (il n’y a pas de réseau cellulaire sauf au sommet des montagnes). Si on ne réunit pas ces conditions, il est fortement conseillé de s’offrir les services d’un guide local avec Ski Chic-Chocs. Peu importe l’option que vous choisirez, l’important c’est d’y aller parce que les Mines forment un véritable paradis pour tout amateur de glisse à la recherche de poudreuse et de défis à l’abri des foules!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

David Menard