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Mont-Blanc, 1er décembre: La bien nommée!

Joyeuse ouverture

Willy attend ce moment depuis 7 mois. Il a 15 ans; sa communication orale est composée de peu de mots (et c’est un euphémisme!). Quelques grognements tout au plus. Malgré cela, le minuscule rictus au coin de ses lèvres me dit bien qu’il est fébrile. Ça tombe bien, la station Mont-Blanc se fait ultra-accueillante! Chocolat chaud gratuit offert aux premiers visiteurs, préposé au stationnement enchanté de revenir au boulot, préposée à l’accueil souriante et efficace, « liftie » rieur, patrouilleurs nombreux… Rien n’est épargné pour ce début de saison glorieux. Une douzaine de pistes sont accessibles et en excellent état. William va skier à son goût! Hey, serait-ce un sourire que je vois-là? « Come on », Willy, tu te lâches lousse! Dans quelques instants, nous monterons à la suite d’une poignée de skieurs.

De blanc et de givre

Les opérateurs de remontée ont pris le temps de déneiger les chaises. Nous avons les fesses au sec. Puisque le sommet est dans le brouillard, on ne sait guère ce qui nous attend plus haut. Cependant, vu d’en bas c’est prometteur. On pourra peut-être skier les secteurs pas encore ouverts mais enneigés… En fait, non! Il y a bien quelques traces de ski visibles, mais le fond est proche. À éviter; les bannières orange sont là pour nous mettre en garde: Piste fermée! La douzaine de pistes ouvertes est bien suffisante pour savourer la glisse rapide et ferme sur cette neige transformée par les cycles de gel et de dégel de la semaine dernière. Ça exige des prises de carre franches et soutenues. Dans la moitié supérieure de la montagne, les nuages sont très bas mais peu opaques. La visibilité est bonne. Le lieu et le moment sont rendus enchanteurs grâce aux  milliards de cristaux de givre qui s’agglutinent aux surfaces verticales. Autant d’aiguilles ciselées qui finissent par s’envoler en un délicat et léger voile lorsqu’une brise les emporte. Quand le poète se réveille dans le coeur du chroniqueur c’est qu’il est transporté!

Pas de temps à perdre

Chaque minute compte. Nous skions abondamment et intensément. Notre petit groupe composé de 3 adultes et de 2 ados dévore autant de descentes qu’il peut en quelques heures d’heureuse glisse. Idéalement, ce sont des skis plutôt rigides qu’il faut privilégier aujourd’hui. Bien sûr, Willy et son tout autant muet comparse fréquentent le Snow Park. Andy, campé solidement sur ses télémarks, ne peut résister à l’appel de sa paternité: nous faisons quelques passages dans le Snow Park pour voir si les boys vont bien. Tu veux rire, Man. Ils sont aux anges! Cependant, il faut être vraiment perceptifs pour le savoir; ce n’est pas en paroles qu’ils manifestent leur plaisir. Au mieux, quelques expirations sonores de basse fréquence (genre homme de Néandertal…). Ailleurs sur la montagne, instructeurs et coureurs tracent les courbes les plus folles et les plus profondes qu’ils peuvent. Vers 15:00,  nous quittons la station bien satisfaits et avec des cuisses qui ont hâte de relaxer. À bientôt, Mont-Blanc la bien nommée!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Patrick Teasdale
Patrick Teasdale aime beaucoup jouer dehors. Télémarkeur depuis longtemps, il explore maintenant les possibilités du ski de randonnée alpine. Il troque volontiers sa pagaie groenlandaise ou ses skis pour une tasse d'excellent thé vert japonais. Un brin poète et idéaliste, il ne demande qu'à être émerveillé par une trouée de lumière, un chant d'oiseau ou une lame de neige. Il aime soigner ses chroniques et ses photos.