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Mont-Garceau, 16 mars 2019

On a vu mieux…

Je quitte la maison avec peu d’attentes. Le tant désiré redoux des derniers jours, la pluie d’hier ainsi que le gel de la nuit passée ont fait disparaître tous mes espoirs de surfaces tendres et de neige molle. Je sais ce qui m’attend. Et j’avais vu juste! Dès l’ouverture, les surfaces sont très dures. Il faut peu de temps pour que la glace apparaisse en des plaques de plus en plus grosses. Les traces des chenillettes des dameuses sont fossilisées dans la glace. C’est dire le défi qu’ont dû affronter les opérateurs de BR dans leur tentative de dompter cette neige rebelle, victime d’un thermomètre vengeur qui se tient autour de -5 Celsius.

Pourtant…

À notre arrivée, il neige; le ciel est sombre de solitude. Le vent nous méprise, quoique de façon modérée (25-35 km/h). Quinze minutes plus tard, l’espoir d’un après-guerre surgit. Le ciel est bleu en quelques trouées innocentes. Mon coeur se réchauffe d’une coche. Marie-Josée sourit. Ah, il fera beau après-tout! Oublie ça, ma fille! Il ne faudra que l’instant d’un clignement de paupières pour que la prochaine bourrasque de neige se manifeste effrontément. Et les pistes qui se font de plus en plus glacées, aidées en cela par un vent qui ne laisse aucun doute sur son intention: polir les pistes en un cruel miroir bleuté dénué de tout plaisir de glisse. Nous skions sur nos gardes et de manière agressive. Cela est rendu encore plus désagréable par la présence de milliers de boules de glace de grosse taille qui font rebondir les skis de manière imprévisible.

Mais, quand même…

Bien que je considère cette journée comme l’une de mes plus désagréables de toute la saison, je fouille en moi afin de fouetter mon optimisme naturel. Ainsi, je choisis d’en faire une journée de travail technique. Avec une très forte angulation, je force du mieux que je peux mes carres à pénétrer, ne serait-ce que timidement, ce béton. De plus, armé de nouvelles bottes de télémark (Scarpa T1), je travaille fort pour trouver le « sweet spot » et déterminer quelles positions m’avantagent le plus. Je suis en bonne compagnie, il y a de modestes et très brefs moments ensoleillés et je ne suis pas au travail! Somme toute, je tire mon épingle du jeu tout en sachant que demain sera beaucoup mieux. En effet, le damage sera plus facile sur neige sèche et déjà sous zéro. Alors, dimanche s’annonce prometteur au Mont-Garceau. Conseil d’ami: pour les prochains jours, les skis bien affûtés seront encore de mise.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Patrick Teasdale
Patrick Teasdale aime beaucoup jouer dehors. Télémarkeur depuis longtemps, il explore maintenant les possibilités du ski de randonnée alpine. Il troque volontiers sa pagaie groenlandaise ou ses skis pour une tasse d'excellent thé vert japonais. Un brin poète et idéaliste, il ne demande qu'à être émerveillé par une trouée de lumière, un chant d'oiseau ou une lame de neige. Il aime soigner ses chroniques et ses photos.