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Montagne Noire, 3 mars 2018

6h30 a.m. le reveil sonne (lire le plus jeune de mes enfants m’appelle et me fait sortir du lit). Il est un brin tôt pour un samedi, mais il fait beau, une fine neige est venue à peine recouvrir la croûte de style polystyrène haute densitée extrudée (styrofoam). Ce ne sont pas des conditions idéales pour le ski, mais les températures chaudes des derniers jours semblent avoir fait fondre la glace qui se trouvait en surface pour en imbiber la neige dans les couches inférieures. De plus, une tempête plutôt localisée semble avoir laissé presque 15 centimètres dans la région de St-Donat… C’est suffisant pour moi pour tenter une descente à la montagne noire.

À mon arrivée sur place, quelques minutes passées 8h00, une horde d’Ontariens débarquent d’un autobus jaune bottes aux pieds et ski de fond hors-piste en main prêts à attaquer la montagne. Curieusement (ou heureusement) ils ont tous des peaux d’ascensions aux pieds malgré que la majorité d’entre eux ont des skis à écailles. Personne ne semble avoir pris le temps de leur dire que la beauté de la montagne noire est que justement les peaux ne sont pas nécessaires. La cire ou les écailles feront amplement l’affaire pour rallier le sommet.

Après un départ canon (je ne voulais me faire devancer par la foule), je croise un skieur en ascension après environ 2 km pour ensuite avoir un sentier vierge recouvert d’une fine couche d’environ 5 cm de poudreuse légère. Mon excitation est à son paroxysme, mais ce ne sera que pour une courte durée. Ce que j’aime dans le ski hors-piste c’est de renifler l’air pur des montagnes, contempler les beaux paysages et être loin de la civilisation. À l’approche du sommet, une odeur d’essence vient perturber la symbiose que j’avais avec la nature. Pourtant, les motoneigistes ne passent pas dans cette partie de la montagne. Quelques mètres plus tard, j’atteins l’ancien sentier « 23 » converti dernièrement en chemin forestier. Pourtant les coupes forestières n’ont lieu que du lundi au vendredi.

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Quand on y pense deux secondes, c’est un peu spécial de permettre des coupes forestières sur les plus hauts sommets des Laurentides. La montagne noire est probablement un des lieux dans les Laurentides les plus fréquentés par les amateurs de plein air et ce peu importe la saison. Pourquoi nos élus permettent-ils la coupe quasi à blanc (on y reviendra) sur ce bijoux récréo touristique ? Je ne voudrais surtout pas avoir l’air du gars qui souffre du syndrome du « pas dans ma cour » ; mais n’y a t-il pas des terrains plats ou non-touristiques à exploiter ? Je ne veux pas m’éterniser sur le sujet, mais quelqu’un peut m’expliquer en quoi les coupes forestières en cour sont différentes des coupes à blanc effectuées dans les années 80? (prenez le temps de regarder sur google maps pour voir l’ampleur des dégâts). Je ne suis pas un expert, mais la technique de coupe en semble se rapprocher drôlement de la coupe à blanc, mais avec une dénomination pour aider l’acceptation sociale et donner bonne conscience au ministère…

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Revenons au sentier ; la « 23 » qui était le moyen le plus rapide de se rendre au refuge de la Mésangeai est désormais fermée du lundi au vendredi. Heureusement, nous sommes samedi et je n’aurai pas besoin d’emprunter le sentier alternatif qui rallonge l’itinéraire d’environ 1km. On doit tout de même enlever les skis sur la première portion, car le nouveau chemin est maintenant déneigé pour permettre les opérations forestières. Je m’engage dans le chemin d’un pas rapide avec ma musique sur les oreilles pour faire un quasi face à face avec un camion quelques mètres plus loin?!?! Heureusement, l’ancien sentier redevient un sentier environ 500 mètres plus loin jusqu’au sommet.

Le refuge est toujours aussi beau. J’adore cette petite maison juché sur le toit des Laurentides. La vue panoramique est tout simplement splendide et justifie amplement le 4.5 km et les 450 mètres de dénivellé positif de la randonnée.

Bien qu’une piste soit située à proximité du refuge, je rebrousse chemin via le sentier. Je suis seul et cette zone est beaucoup moins fréquentée que les autres pistes. Quelques mètres plus bas, je croise un skieur qui se dirige vers le sommet. Après avoir échangé quelques mots, je me rends compte qu’il s’agit de Barclay, le blogueur et skieur du dimanche qui skie aussi le samedi du site http://skiglisse.blogspot.ca/. N’étant pas familier avec les diverses zones de ski hors-piste, je propose à Barclay de m’accompagner vers la descente du secteur du lac Lézard.

La neige de jeudi a été très peu skiée dans cette piste habituellement très fréquentée. Malgré des températures au-dessus de 0 celsius à la base, l’altitude permet encore une neige de première qualité au sommet. Le ski dans des conditions acceptables est enfin de retour après des semaines plutôt difficiles. Si on se fie au proverbe qui dit « le 3 fait le mois » le ski du mois de mars semble un peu plus prometteur que celui du mois de février. La neige dans la base de la montagne présentait un signe plus important d’humidité. Sans être désagréable pour autant, la neige collait parfois à la base lors des virages. On ne peut pas trop se plaindre, il y a quelques jours, la montagne en entier était impraticable.

Contrairement à l’Estrie, la base semble avoir survécu tant bien que mal et résisté aux récents cocktails météos. C’est des plus encourageant pour la fin de la saison. Il ne nous reste plus qu’à faire nos prières pour avoir un mois de mars des plus enneigé.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Marc-Antoine Brissette
Fils illégitime du défunt Prof Bof, Marc-Antoine est passionné par deux choses: la neige et la science. Lorsqu'il n'est pas sur ses skis, il passe la majorité de son temps dans son garage à confectionner des skis, des canons à neige maison ou tout autre item que la majorité des gens normaux ne croit pas possible à réaliser. Vous serez peu étonné d'apprendre que Marc-Antoine travaille dans un hôpital psychiatrique; qui se ressemble s'assemble...