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MRC Jacques-Cartier – Ça en vaut la peine, 16 & 18 février 2020

La vie vaut-elle la peine d’être vécue? Oui.

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J’adore cette réponse simple, qui confronte la complexité, l’aridité de la question. Qu’est-ce que le ski vient faire là-dedans? me direz-vous… C’est très simple; le ski consiste en une façon insigne de donner un sens à la vie, spécialement en hiver… Et même d’élaborer une stratégie pour combattre le néant; là, il n’y avait rien, et maintenant, il y a le ski. «Anéantissons le néant» comme le dit si bien ce graffiti qui orne les murs du quartier Saint-Jean-Baptiste, à Québec…

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Encore et toujours Sainte-Brigitte—de Bardot? Non, de Laval. La première n’est pas encore canonisée… malgré ses «seins» efforts pour sauver la faune marine. Ça viendra…

Dispensaire

En fait, on n’est pas vraiment à Sainte-Brigitte; c’est plutôt dans la MRC Jacques-Cartier, entre Sainte-Brigitte et Le Camp Mercier.

Avertissement: on est sur les terres d’un de mes amis, Michel; il nous a donné l’autorisation d’y skier. Son érablière est à flanc de montagne; il nous permet de tracer des lignes dans la neige avec nos skis, lignes qui, par ailleurs, ne seront vues que par les drones d’Amazon, les habitants de la station spatiale, les perdrix… Il faut vraiment prendre des ententes avec les locaux pour passer sur leurs terres. Mais c’est tout à fait faisable…

On est en ski hors-piste. Pas de presse. Personne ne va nous «voler» nos first tracks 

Wow. De la poudreuse à profusion. De la poudreuse sur un fond de poudreuse; une vraie mise en abîme (ce qui nous sauve, c’est que le ski est une façon de combattre le néant, rappelez-vous).

Dorilda en plein action

Temporellement parlant, tout ça se passe sur 2 jours. Dimanche et mardi. Étaient présents: Dorilda, Herménégilde, Zéphyrin et moi-même. 

Quel plaisir! Quel plaisir! (Je répète dans le but de bien vous faire comprendre la nature du contentement…). De façon conservatrice—rassurez-vous, je ne vais pas en faire une habitude—j’estime qu’il doit y avoir un 30 cm de neige meuble. Les Américains dénomment ce genre de condition par les vocables hero snow. Qui skie dans ce genre de condition, skie comme un Samouraï.

Photo gratuite

Le terrain est assez corseté par les épinettes; mais de très beaux secteurs s’offrent à nous, plus dégagés: le flanc nord-ouest, parsemé d’arbres matures, en bas, et les flancs ouest, en hauteur, sur les terres des adorateurs du Petit Jésus (ce qui ne les empêche d’être de redoutables administrateurs). Juste en haut de chez un autre ami du coin, on skie du nord au sud. Sublime. Bon, il y a quand même 1 ou 2 enflures qui ont gaspillé la vierge blancheur avec leur motoneige freeride (not that free, la ride un jour, on va tous payer)…

Dorilda et Herménégilde en plein montée

On grimpe en peaux de phoque; je tiens à rassurer les fan de BB; nos peaux n’ont de phoque que le nom… Elles sont constituées de fibres synthétique (le pétrole? ouach!) et/ou de fibres naturelles (mohair). Personnellement, je préfère le mohair; pas par filiation avec le fétichisme (fétichisme du mohair, cf. recherche sur google), mais parce que, de façon pragmatique, je préfère sa glisse à celle du nylon.

La grimpe est solide. On n’est pas en Gaspésie pourtant… Mais pour se rendre tout en haut, on en a pour 1 heure, certainement… On ne fera pas 10 descentes aujourd’hui, c’est promis…

Pièce à conviction; on a bel et bien été surpris

Autour de nous, la beauté est manifeste; les perdrix nous saluent, à leur façon, en nous surprenant… le chaga titille la hache de mon pote Zéphyrin… Dorilda, ma potière, s’inspire des circonvolutions expressives de l’écorce de bouleau pour ses prochaines créations… Du bonheur pur. Pur? Bah, peut-être un peu entaché par quelques pensées honteuses. Ça prend un peu de ying dans le yang et inversement…

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Nos skis sont comme des truelles qui essaieraient d’équilibrer le sucre à glacer sur un très moelleux gâteau de noce…

Zéphyrin en pleine action

Idem après une belle plonge

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En tout et pour tout, on a cumulé 5 ou 6 descentes en 2 jours. C’est amplement suffisant. Assez pour avoir les cuisses et le cœur complètement vannés. Mais notre moral, lui, est sérieusement vivifié. Il s’ensuit que: la vie vaut donc la peine d’être vécue. C’est notre constat, après expérience…

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Rodrigue Bélanger
Rodrigue vit à Québec et enseigne les arts. Skieur passionné, en station comme en hors-piste, il est toujours à la recherche de la petite planque qui lui permettra de goûter la substantifique poudreuse. Il est fou de télémark. En 3 pins, ou en fix à plaque, il est heureusement souvent à côté de la track.