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Owl’s Head, 26 décembre: Autant en emporte le vent

Les Britanniques nous ont légué une foule de choses après leur conquête de la Nouvelle-France. Quiconque veut avoir un aperçu de cet héritage anglo-saxon n’a qu’à prendre la route vers Mansonville. En effet, les environs de la station Owl’s Head font très « Nouvelle-Angleterre ». Le nom des rues et des villages, l’accent anglais du gars au dépanneur, le système des cantons, l’architecture, les vieilles clôtures en poteaux d’épinette, les toutes petites églises protestantes plantées au milieu des champs, bref rien n’y échappe. Et c’est là un des plus durables charmes de la station de ski locale: le legs très British  des descendants de Lord Durham. Ajoutez à cela des vallons ondulants balayés par les vents qui propulsent des nuages de neige en arabesques et volutes soyeuses… Bloody hell, you get the picture, don’t you! Je viens à Owl’s Head autant pour la destination que pour le voyage qui y mène.

Cette grosse montagne solitaire lovée dans un recoin du magnifique lac Memprémagog, procure au skieur une impression semblable à celle que l’on éprouve au sommet du Massif de Charlevoix quand on « zyeute » le fleuve en contre-bas: on est donc rien devant l’immensité du ciel et du plan d’eau à nos pieds. Pas encore gelé, le lac s’étire vers l’horizon. À l’avant-plan, les sapins chargés de neige (et d’une couche de verglas) nous rappellent pourquoi on est ici.

Et ce pourquoi me laisse sur mon appétit aujourd’hui. La neige à laquelle j’ai rêvé depuis quelques jours n’est pas là. Certes, il y en a partout et on ne voit pas l’herbe. Mais c’est avec déception que je constate qu’en dehors des pistes enneigés artificiellement il n’y a pas d’espace véritablement skiable. La neige qui a couvert Montréal et les Laurentides vendredi dernier s’est révélé être de la pluie ici. Quant à la neige d’hier, (15-20 cm…) elle est est soufflée vers la forêt. Tant et si bien que l’on skie sur du damé durci. Avec plaques de glace en après-midi.

La station laisse ses canons souffler en masse. On en a besoin. Le ski est bien acceptable mais on est loin d’une ouverture complète. J’ai pris la peine d’apporter mes skis de télé larges. J’attendais des surfaces tendres… La tendresse reste dans mon coeur et je travaille un carving vigoureux. Avec Andy et ses deux fils (des descendants d’Écossais!), on retourne plusieurs fois à l’intérieur; dehors, le vent est quand même fort et le soleil, timide, tout bas qu’il est sur l’horizon de ce solstice tout frais arrivé. Dans la cafétéria l’ancestrale table à picnic avec son banc sculpté par les fesses des skieurs depuis des lustres cadre bien avec le reste; c’est rustique, accueillant et sans prétention. Comme un bon vieux chalet où il fait bon recevoir les amis.

Les jours qui s’amènent seront résolument plus froids. Ne désertez pas la glisse ni Owl’s Head pour autant. Couvrez-vous bien la face, faites affûter vos planches et skiez tôt le matin pour les meilleures conditions. Let’s ski, shall we?

 

 

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Patrick Teasdale
Patrick Teasdale aime beaucoup jouer dehors. Télémarkeur depuis longtemps, il explore maintenant les possibilités du ski de randonnée alpine. Il troque volontiers sa pagaie groenlandaise ou ses skis pour une tasse d'excellent thé vert japonais. Un brin poète et idéaliste, il ne demande qu'à être émerveillé par une trouée de lumière, un chant d'oiseau ou une lame de neige. Il aime soigner ses chroniques et ses photos.