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Profond dément blanc Estrie 7 janvier

La première tempête de l’année venait de s’abattre sur l’est du Québec avec des froids intenses frôlant la barre des -30 degrés Celsius sans compter le facteur vent. Un redoux (il faut le dire vite !) est prévue dimanche avec un mercure avoisinant les -15 degrés, mais avec le soleil au rendez-vous. Wow ! C’est le temps de sortir les peaux ! Au moment où je planifie une sortie, je reçois une invitation de mon ami Gabriel pour skier dans les PROFONDeurs de l’Estrie. Aux bûchés des frontalières me dit-il, dans le secteur de la Patrie. Où le démon blanc des montagnes défriche des couloirs de forestier. Sans hésiter, Pierre et moi acceptons son invitation. Des couloirs de neige dans les profondeurs de l’Estrie, qui dirait non ? C’est donc 2 heures et demi de voiture plus tard et 15 minutes de motoneige tractée qui nous emmène profond-dément au pied d’une montagne sans nom où, de toute évidence, le démon blanc y avait laissé sa trace.

Arrivé au pieds de la bête, nous enfilons les peaux d’ascension pour sillonner les artères défraîchies et découvrons un joyau du ski hors-piste alors que le soleil nous réchauffe l’atmosphère. La bête est en dormance, le vent est calme, la montée se fait dans la quiétude et la plénitude, admirant la beauté que nous offre les montagnes frontalières.

Puis le démon blanc se réveille, il nous fait sentir sa présence avec ses craquements d’arbre et ses whoomffs que nous sentons sous le poids de nos skis ! À maintes reprises il nous surprend sournoisement telle une morsure de serpent venimeux qui laisse infiltrer son venin dans nos veines. Nous figeons pour un instant … et maintenons la cadence car nous savons que la descente sera paradisiaque et sans danger d’avalanche car, heureusement, les pentes sont douces. Le temps de dépeauter, nous enfilons les skis pour cette première descente. Les artères blanches sont bien poudrées, mais ventées par le froid extrême des derniers jours. Le seul moyen d’en sortir vivant sans paralyser dans les artères du Démon blanc est de surfer à toute vitesse sur son tapis blanc. Ainsi, son venin se transforme en cette substance chimique appelée : endorphine. Elle circule à flot dans nos veines pour envahir notre cerveau d’euphorie. C’est la joie et la plénitude à profusion.

Le temps d’une pause, nous reprenons nos forces car la bête guette le moindre de nos gestes, une seule fausse manœuvre et nos jambes sont tranchées par ses souches et ses branches ensevelies sous son tapis blanc. Malgré que le fond soit loin, il nous faut être vigilant. Arrivée au sommet à nouveau, et ce malgré les nombreuses plaques à vent qui s’effondre sous nos skis, nous sommes heureux et rendons grâce au Démon blanc pour la beauté du paysage qu’il nous laisse contempler et ses artères blanches qu’il nous laisse surfer.

Nous enfilons les descentes, les une après les autres, jusqu’à la tombée du soleil.

Nous terminons la journée satisfaits d’avoir survécus au démon blanc sans fracture, ni engelure ou mauvaise expérience. J’ai une petite pensée pour les victimes du Mont Lyall de ce week-end dernier. Nous ne savons jamais quand le malheur peut frapper, même avec une bonne préparation et planification, un bête accident est si vite arrivée. Soyez prêt, soyez prudent et faites du bon ski!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Jean-Philippe Desrochers
Avec plus de 40 ans de ski derrière la cravate dont 20 ans de compétition, 12 ans de coaching et 20 ans d'expérience dans le backcountry, on peut dire qu'il a plus d'un truc dans son sac à dos. Kinésiologue de formation, il partage sa passion pour le ski et vous fera sortir de votre divan pour profiter des magnifiques terrains hors-piste du Québec et de la Nouvelle-Angleterre.