Publication partenaire

Réflexions: skier avec un enfant, génie ou folie ?

30 septembre 2010 | Chronique, par Christophe Deschamps
Photo Geneviève Larivière

Il est 9h00, une belle journée d’hiver. Nous arrivons au Mont Sutton pour une journée de ski pas comme les autres : ce matin, ma fille de 2 ans et demi fera du ski pour la troisième fois de l’hiver. Pour ce faire, la recherche de la montagne idéale a pris plusieurs heures : les avantages, les inconvénients, la logistique, la garderie, la météo, le voyagement, etc. Tous ces éléments sont un quotidien pour le commun des skieurs mais peut devenir un véritable casse-tête lorsqu’il s’agit de se déplacer avec un jeune enfant.

D’emblée, un constat s’impose : le Québec manque de relève sur les pentes*. En effet, il n’est de secret pour personne qu’avec 83 stations en opération dans la province, une véritable lutte de survie est enclenchée. Dans cette lutte, on parlera d’expérience skieur ou d’expérience monétaire. Très souvent, avec un jeune skieur en apprentissage, ces deux expériences ne collent tout simplement pas.

* Selon l’étude de planification stratégique de Paul Arsenault de l’UQAM, présentée au congrès de l’ASSQ en juin 2010: d’ici 2021, il y aura environ de 10% de jeunes en moins sur les pentes de ski comparativement à 2006.

Donc, ce matin, ma fille skiera sur les pentes du Mont Sutton. Le thermomètre extérieur affiche -15°C et le stationnement est déjà plein jusqu’à… très loin. Si loin qu’une navette doit venir nous chercher pour nous amener au débarcadère. Jusqu’à maintenant, tout va bien, la petite est patiente, elle tient ses skis. Prochaine étape, les billets de remontée. Le prix est intéressant : la petite ne paye pas. Sachez qu’il y a seulement 4 montagnes dans la grande région de Montréal à offrir de la gratuité aux jeunes enfants, soient : Mont Sutton, Mont Orford, SkiBromont et Ski Montjoye (en 2009/2010). Oubliez les gratuités dans les Laurentides ! Du côté de Québec, la très grande majorité des stations offre cet avantage pour aider la relève ; dans les autres régions du Québec, il faudra débourser de 4 à 12$ pour faire skier votre bambin… Quand on pense que celui-ci effectuera à peine plus qu’une descente, le tarif que vous aurez payé en fera le billet de ski le plus cher au ratio de descente, toute catégorie de skieurs confondus ! Commencez-vous un peu à voir le problème ?

On sait, les infrastructures coûtent cher, et un tapis magique est mieux qu’un T-Bar ou un télésiège pour apprendre à skier. Par contre, est-ce vraiment correct de vouloir faire de l’argent sur un skieur en si bas âge ? Je ne crois pas. Les stations qui chargent un prix quasi-prohibitif doivent se poser une question : que ferons-nous lorsque la relève sera absente des pentes, faute d’avoir été incitée au plaisir de skier ? Dans toutes les statistiques que je lis, il est inscrit la chose suivante : un skieur passionné est un skieur qui a appris à skier en bas âge et dont le taux de décrochage durant sa vie sera quasiment nul, sauf … au moment où il aura lui-même un enfant et qu’il aura alors le choix entre rester chez lui ou de se casser la tête à trouver une garderie, une montagne qui l’accueillera lui et son enfant et qui lui facilitera assez l’existence pour que son expérience soit à reconduire !

Pour le moment, mon entourage décroche, simplement parce qu’il faut être fou ou (voire ET) fortuné pour relever un tel défi… C’est la dure réalité. En attendant, pour ceux qui veulent vraiment, il faut bien choisir sa station, vérifier l’âge minimal accepté en garderie – la majorité des services de garde ne prennent pas les enfants en bas de 4 ou 5 ans, alors que c’est justement l’âge idéal pour aller sur les pentes…

Bien sûr, lorsqu’elles sont réussies, les sorties de ski en famille donnent des souvenirs inoubliables. Ce fameux matin de février, ma fille a fini de skier après 3 descentes de la pente école dans le côté du Sutton I, il y avait des bosses et elle n’était pas seule, car il y avait d’autres enfants comme elle. Sa petite voix me disait « plus vite papa, plus vite ! ». Son sourire imprimé sur son visage après chaque descente vaut tout l’or du monde, et depuis, elle ne parle plus que de ski. C’est de ce genre de chose dont l’industrie a besoin : bâtir des rêves, bâtir l’avenir avec nos skieurs de demain… mais il faut agir aujourd’hui.

 

 Cher Père Noël,

Afin d’assurer la relève en ski dans les stations du Québec, j’aurais quelques souhaits… Si vous pouviez passer le message, ce serait très apprécié !

– Gratuité pour les 5 ans et moins sur l’ensemble des montagnes PARTOUT AU QUÉBEC.
– Accessibilité à la location ou l’achat-rachat de matériel pour les tous petits: ENCADREZ LA RELEVE.
– Des cours de ski aux plus petits : certains centres de ski n’offrent pas de cours pour des jeunes de moins de 4 ans.
– Des stationnements jeune famille près du débarcadère (sans devoir s’acheter une Toyota hybride !)
– Une garderie à prix raisonnable pour les 2 ans et plus.
– Un menu enfant à la garderie ou à la cafétéria
– Et pourquoi pas des rabais pour les parents afin de les inciter à ramener de la relève … Après tout, c’est le plus beau cadeau qu’ils peuvent vous faire, plutôt que de décrocher ?

Père Noël, merci…


– Christophe, skieur et papa.

Tout n’est pas gris ! Voici quand même une liste (non-exhaustive) des efforts que les stations font pour accueillir les jeunes familles.

Les bons coups :

Mont Sutton : en voilà une station qui travaille fort pour faciliter la vie des jeunes familles ! Une garderie ouverte tout le temps, sans réservation et sans tracas pour que les parents puissent souffler et s’amuser un peu entre les descentes avec leur enfant. Le billet de remontée est gratuit pour les enfants.

SkiBromont : Billet de remontée gratuit pour les enfants de moins de 5 ans, garderie accessible dès l’âge de 2 ans pour 7$ de l’heure.

Mont Orford : Billet de remontée gratuit pour les enfants de moins de 5 ans, garderie accessible dès l’âge de 2 ans pour 7$ de l’heure.

Mont Avalanche : Très grande patience des moniteurs de ski. Ma fille a adoré son heure de cours entre les serpents et obstacles de la pente école, dotée d’un tout nouveau tapis magique. La station charge tout de même un tarif de 6$ pour la journée, la garderie est à 4$ de l’heure pour tout âge.

Mont Garceau : Garderie à 5$ de l’heure pour tout âge, tarif de 5$ pour le billet de remontée.

Le Massif de Charlevoix : Offre de véritables journées d’initiation/garderie pour les tous petits. L’expérience est totale pour les enfants.

JayPeak : Service de garderie impeccable mais cher (30$US la demi-journée en 2009/2010).

Le Valinouet : Service de garderie attentionné et impeccable. Billet de remontée gratuit pour les enfants de moins de 5 ans. Place tranquille.

Massif du Sud : Billet de remontée gratuit pour les enfants de moins de 6 ans, garderie de 2 à 5 ans pour moins de 15$ la journée, possibilité de Kinderski pour les 3-6 ans (prise en charge pour la journée avec leçon de ski).

Prix citron :

Mont Sainte Anne : La garderie ferme après la relâche scolaire de mars.

Mont Saint-Sauveur : 12$ pour les 5 ans et moins, le tarif le plus cher dans la province.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Christophe Deschamps

Publier un commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz