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Ski hors-piste: quelques bonnes pratiques

9 décembre 2013 | Chronique, par Geneviève Larivière
Photo Geneviève Larivière

Avec la création de la Zone Blanche du Parc Régional de Val-d’Irène, une ère nouvelle semble s’ouvrir pour le monde du ski hors-piste au Québec. Il n’est pas présomptueux de parler « d’ère » car le hors-piste a toujours été la bête noire des divers intervenants: assurances, sécurité, législation, tout pouvait facilement tomber en zone grise et le manque de bases solides pour établir une structure viable et sécuritaire constituait un frein majeur au développement d’un tel type d’activité. Heureusement, la situation évolue grâce au dialogue de certains acteurs dont la présence dans la discussion était plus que souhaitable. Parmi eux, l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ), le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), le Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie et la Coop Accès Chic-Chocs. L’homme responsable de coordonner le tout, François Truchon, a hérité de la tâche simple-mais-complexe d’établir le protocole de sécurité auquel les skieurs devront se soumettre lorsqu’ils désireront profiter de la Zone Blanche. Voici donc quelques informations fort pertinentes quant à la sécurité en zone hors-piste.

Qu’entend-on par « hors-piste » exactement?

Comme le signale François Truchon, responsable de la patrouille au Parc Régional de Val-d’Irène, « l’appellation « hors-piste » prend son sens de l’opposition à la pratique du ski à l’intérieur du domaine skiable d’une station. Techniquement, cela signifie qu’un domaine hors-piste ne sera généralement pas (ou peu) sécurisé; tous les dangers objectifs n’étant pas indiqués spécifiquement. De plus, les pistes ne sont pas travaillées mécaniquement, ni patrouillées. » En clair: c’est du ski en terrain « sauvage », non-balisé, avec les risques inhérents. Mais en partant bien préparé, toute la beauté d’un territoire et toute la grandeur de la nature s’offrent aux yeux des plus aventureux. Les skieurs contemplatifs autant que les plus avides d’action y trouveront leur compte puisque l’effort de la montée sera récompensé par le panorama, la sensation de liberté et la connexion avec la nature.

Que vous faut-il?

D’abord, il faut être conscient des risques. La préparation au ski hors-piste vise à rendre le skieur autonome dans ses décisions et ses déplacements. L’absence de balises auxquelles un skieur moyen est habitué fausse parfois le jugement et contrairement à la croyance populaire, les avalanches ne sont pas uniquement l’apanage des grosses montagnes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie est impliqué dans le processus. François Truchon est également formateur en sécurité avalanche et a été mandaté en tant que spécialiste dans le dossier de la Zone Blanche entre autres grâce à son curriculum vitae: titulaire d’un baccalauréat en géographie de l’Université du Québec à Rimouski, il est plongé dans une maitrise portant sur les conditions nivométéorologiques propices au déclenchement d’avalanche dans les Chic-Chocs.

Pour la pratique concrète du ski hors-piste, il faut un équipement de glisse particulier: peaux d’ascension, fixations et bottes de randonnée, équipement de sécurité avalanche (pelle, sonde, Détecteur de Victime d’Avalanche -DVA), vêtements appropriés… Ajoutons des provisions de base, de l’eau, de quoi faire un feu… tout ceci relève du gros bon sens. Mais surtout, la règle d’or: ne jamais se déplacer seul, l’idéal étant un groupe constitué d’au moins trois skieurs. De plus, il est bien entendu plus que recommandé de se renseigner adéquatement sur la météo, le terrain et les risques d’avalanche. Pour terminer la préparation psychologique, il est nécessaire de définir des limites et de se faire à l’idée qu’en cas de pépin ou d’imprévu, il sera toujours plus sage de rebrousser chemin ou d’attendre que les conditions s’améliorent plutôt que de s’enfoncer dans un plus gros pépin.

À Val-d’Irène

Dans le cas précis de la Zone Blanche du Parc Régional de Val-d’Irène, les skieurs qui voudront batifoler dans la nature auront à se conformer aux règles suivantes: s’enregistrer au chalet de la base avant leur départ, être en groupe d’au moins trois personnes, avoir un téléphone cellulaire fonctionnel, transporter l’équipement de sécurité avalanche, et être, autant que possible, préparés relativement aux risques qu’ils pourront rencontrer. La Zone Blanche étant un projet pilote, les conclusions dégagées lors de l’analyse des différentes informations colligées suite à la clôture de la première saison serviront à définir les meilleures pratiques pour réguler un tant soit peu le ski hors-piste. L’objectif ultime sera de mettre sur pied un protocole répondant aux exigences légales de l’ASSQ et du MELS, ce qui assurera la pérennité du projet, autant pour Val-d’Irène que pour les fervents du hors-piste.

En conclusion, bien que le ski hors-piste soit accessible à tout bipède, il importe d’user de sa logique: éviter la confiance aveugle envers les conditions météorologiques qui changent toujours plus vite qu’on pense, ne pas prendre pour acquis qu’il n’y a pas d’avalanches au Québec, transporter l’équipement adéquat, et ne pas perdre ses limites de vue sont les meilleurs conseils que François Truchon peut donner aux skieurs désireux de s’aventurer en hors-piste. Et pourquoi pas suivre un cours offert par le Centre d’avalanche de Haute-Gaspésie? « Better be safe than sorry ».

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière
Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.