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Sommet Saint-Sauveur, le gros lot! 27 février 2020

La loterie dans laquelle tout le monde gagne

Que dire d’une loterie dont on sait d’avance qu’on va remporter le gros lot? L’intense tempête qui poivre la vallée de Saint-Sauveur fait d’heureux gagnants. Sa venue était prévue depuis plusieurs jours et c’est avec une précision parfaite qu’elle s’abat sur nous. De la neige il y en a des tonnes, littéralement! Car, oui, cette bordée majeure est lourde. Très lourde. Elle colle sur tout, même sur les surfaces verticales; les vêtements, en particulier. C’est jour de jackpot, de cuisses chauffées à l’acide lactique et de GoreTex. Les millions, ça s’exprime aussi en flocons. Mettons ça milliards. De mon arrivée à 7:00 (ouais, le chroniqueur sait devancer la cohue du trafic matinal) à mon départ à 13:00, c’est autour de 30 à 40 centimètres qui ont enseveli les joueurs du Lotto Max d’hiver.

Arriver tôt a ses avantages. Parmi ceux-ci, choisir sa place dans le stationnement! Remarquez l’absence de neige sur mon auto et comparez cela avec la photo plus bas…

Il est 7:00. Seule la madame à la « moppe » est présente. Je me couche sur le sol et je fais une petite sieste.

À 13:00, la neige totalise près de 30 centimètres sur mon auto…

 

Des pitbulls sur la ligne de départ

À 9:00, la station tarde à laisser embarquer la centaine de glorieux excités qui s’agglutinent devant le portail électronique de la remontée (la seule en opération pendant plus d’une heure…). On s’impatiente et on s’enneige solidement. On blanchit et on se frotte les goggles à mesure qu’elles se tartinent de flocons lourds et collants. Vers 9:20, les cris de joie marquent le départ des pitbulls que nous sommes. Bien qu’inoffensifs, nous n’en pouvons plus d’attendre. Nos jappements sont proportionnels à l’effort encore insoupçonné qui sera nôtre dans quelques minutes. En effet, faire les premières traces dans cette neige est glorieux, mais combien pénible! Je crois bien qu’une majorité d’entre nous sommes surpris de l’ampleur du défi. Il faut plusieurs descentes avant de trouver la position parfaite sur nos skis. Une fois bien positionnés, et se laissant prendre le plus de vitesse possible, les descentes sont absolument débiles! Quand les Côtes 71 et 72 ouvrent, vers 11:00, c’est dans près de 40 cm de neige lourde et vierge que nous continuons la fête. Même en skiant dans la ligne de pente, la résistance causée par la neige humide est telle que chaque faux-plat m’envoie balancer vers l’avant. Ce n’est pas sans effort que je reste debout sur mes télémarks. Pendant tout ce temps, le peu de visiteurs sur la montagne sculptent de plus en plus de bosses.

« Ouvrez-la, votre satané chaise! » Le délai d’ouverture est dû à l’opération déneigement des assises.

L’arsenal de choix aujourd’hui. Mes Amperage montés avec des fixations de télémark. La neige me frappe au niveau de la taille quand je fais les flexions!

La neige colle sur tout.

Le secteur Côte 71 ouvre tard. Je suis sur la ligne de départ quand la banderole tombe et que nous nous engouffrons vers la profonde neige vierge. Wow!

Visibilité réduite, bonheur augmenté!

Une tempête qui restera en mémoire

Alors que Montréal se tapisse de pluie grise et morne, alors que l’Estrie fait semblant d’être en hiver, alors que Bromont ferme ses portes pour cause de « flotte » trop abondante, Sommet Saint-Sauveur nous tricote des souvenirs impérissables. La station n’a rien damé puisque la tempête a commencé à sévir vers 6:00, trop tard pour sortir la machinerie (quel bonheur!). Quiconque skie ici aujourd’hui peut dessiner un coeur (et un petit bonhomme essoufflé avec la langue pendante) sur son calendrier; le 27 février 2020 est une de ces journées dont on dira encore dans 10 ans: « J’y étais! » Si vous n’y étiez pas, consolez-vous. Demain, ainsi que les prochains jours, le ski sera de très grande qualité avec des températures bien sous zéro et un damage qui devrait une fois de plus honorer Sommet Saint-Sauveur.

Les chaises extérieures sont désertées. Et pour cause!

Une pause avant d’aller se brûler les cuisses dans les pistes lourdement enneigées et pas damées.

 

 

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Patrick Teasdale
Patrick Teasdale aime beaucoup jouer dehors. Télémarkeur depuis longtemps, il explore maintenant les possibilités du ski de randonnée alpine. Il troque volontiers sa pagaie groenlandaise ou ses skis pour une tasse d'excellent thé vert japonais. Un brin poète et idéaliste, il ne demande qu'à être émerveillé par une trouée de lumière, un chant d'oiseau ou une lame de neige. Il aime soigner ses chroniques et ses photos.