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STATION TOURISTIQUE STONEHAM – Édition «vintage», 21 janvier 2020

Je pourrais vous dire: c’était beau. Et m’en contenter… Peut-être en seriez-vous satisfaits. Voilà. Fin. Mais, plus vraisemblablement, j’ai l’impression que vous seriez déçu… Alors on y va.

***

J’ai hésité longuement. En matinée, c’est le travail qui l’a emporté… Après avoir obéi à mes TOC (je check les ronds de poêle; je check; recheck; ad nauseum…), je décide de m’acheminer vers Stoneham, une station que je connais bien — et que j’apprécie, fait à noter.

J’ai toujours une sorte de pudeur à sortir en après-midi; je me dis que le terrain est meilleur le matin, qu’il y a moins de monde, que le chi (ou qi) est plus abondant et disponible le matin…

Faux. En semaine, lorsque l’affluence est toute relative, le qi de la piste de ski est tout aussi bon en PM. La preuve? Regardez mes photos!

Le terrain est ferme, certes, mais il n’est pas glacé (sauf exception). La neige est dense et se skie admirablement bien. La Yéti fait partie des contre-exemples; curieusement, elle comportait une sorte de filon de glace géologique d’environ 1 pied de large. On aurait même presque eu l’impression que la veine pouvait atteindre le cœur de notre planète… De façon pragmatique: ça dérape là, là… Soyez prudents.

Les sous-bois sont beaux, comme dans honorables ou harmonieux. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de tous les explorer… Il manque quand même un peu de neige. Ce n’est pas vraiment une critique; si c’en était une, à qui serait-elle destinée? Jésus, Allah, Jéhovah (si je me confine aux religions monothéistes)? Ce n’est qu’une constatation. Certains sous-bois—La Sapinière, notamment—font montre de quelques découverts. À ce temps-ci de l’année, normalement, on a un peu plus de neige. Mais, avec les changements climatiques, mon petit doigt me dit qu’il va falloir s’habituer… Bon, de toute façon, les conditions de neige sont bonnes, j’vous dis…

En bon pèlerin, je suis la croix (sans l’atteindre)

J’en ai profité pour sortir mes vieilleries, histoire de faire mousser l’intérêt et le challenge. 

Petit tour au pit stop

On pense souvent que nouveauté = progrès. Erreur. La nouveauté est souvent l’avant-garde du marketing, et non pas du besoin des skieurs… Il faut que la gente «entreprise» se démarque… Pourtant, si on retournait à un marketing orienté produit, faudrait déterrer des trouvailles qui ont sombrées dans l’oubli…

Tua & Superloop

Tua. De fameux skis. Je suis un peu nostalgique; ces skis ont marqué l’histoire du télémark. J’ai acheté cette paire de Tua Montour à un américain à qui il manquait d’argent pour acheter sa carte du parti communiste… Je les ai skié une bonne partie de l’après-midi. Force est de constater qu’il est parfois avantageux de skier un ski plus long, plus droit. On sent bien cette espèce de stabilité propre aux skis de long rayon. On a oublié aussi que ce n’est pas au ski à piloter le virage; c’est définitivement la tâche du skieur. En fait, tout design de ski est le résultat de compromis. On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre…

K2 et Telebulldog

Ensuite, je suis passé aux skis récents, montés en Telebulldog, une fixation à 3 pointes (3-pin) avec une cage longue. Ça skie, il n’y a pas de souci. Avec des freins, en plus. À disque, à tambour et tout le tremblement.

Je suis témoin de la superbe pédagogie de papa (encourageante et sans jugement)

Le seul hic dans mon attirail, ce sont les bottes. J’ai décidé d’étrenner de nouvelles « vieilles » bottes que j’ai achetées sur Ebay. Pour presque rien. Des Crispi (comme dans Rice). La semelle est assez rigide, mais le soufflet écrase mes orteils à chaque génuflexion. Combien m’en donnez-vous?

J’ai clôturé ma partouze vintage en sortant mes skis old school de télémark, en 3-pin et bottes de cuir. Ouf. Pas évident. Faut pratiquer… Pour ne pas trop avoir l’air fou lorsque je skierai avec mon ami Ben ou Juan Pablo.

C’est quand même le fun de se donner de petits challenges comme ça. Ça ajoute du piquant. Ça rend la vie plus agréable. Ça comble le néant. Ça écrête la déprime du mois de janvier —quelle déprime? Pas celle du skieur, en tous cas…

On remonte la pente tout le monde…

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Rodrigue Bélanger
Rodrigue vit à Québec et enseigne les arts. Skieur passionné, en station comme en hors-piste, il est toujours à la recherche de la petite planque qui lui permettra de goûter la substantifique poudreuse. Il est fou de télémark. En 3 pins, ou en fix à plaque, il est heureusement souvent à côté de la track.