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Sur la piste de Jackrabbit, 5 janvier 2019

Le 5 janvier 1987, c’est le jour où Jackrabbit Johannsen est arrivé au bout de sa longue randonnée en ce bas monde, après avoir vécu 111 ans et franchi des milliers de kilomètres à ski.

On ne le dira jamais assez : Jackrabbit est le pionnier du ski qui a le plus contribué au développement de ce sport au Québec ; et c’est pour cette raison que chaque début d’année, je fais une «randonnée Jackrabbit» pour me donner l’occasion d’évoquer l’homme et son œuvre.

Grosse nouvelle : l’édition 2019 a attiré deux fois plus de skieurs que les précédentes ! C’est donc accompagné d’un partenaire, l’intrépide «Bri7» que j’ai pris le départ de cet événement en pleine expansion.

Pour sa part, Jackrabbit était représenté par une tablette de l’antique cire à ski qui portait son nom et par la plus célèbre piste qu’il a défrichée : la Maple Leaf.

Dans les années 30, la Maple Leaf reliait Shawbridge à Mont-Tremblant en passant par Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Val-Morin et Sainte-Agathe. C’était la pièce maîtresse du réseau de sentiers que Jackrabbit rêvait de voir prospérer dans les Laurentides.

De nos jours, le seul tronçon intact de cette piste s’étend du lac Lucerne à Val-Morin, sur une distance d’environ 5 km.

À l’extrême nord du réseau de sentiers de ski nordique préservé par Plein Air Sainte-Adèle, ce tronçon et d’autres pistes comme la Munson, la Cook, la Jack Gauthier et la Dix-Lacs forment un petit fief pour skieurs avertis.

Ce fief possède sa porte d’entrée: un grand stationnement qui se trouve sur la route 370, à la hauteur du lac Lucerne, où la Maple Leaf commence par une longue montée abrupte.

La Maple Leaf passe à cet endroit pour une bonne raison : autrefois, on trouvait là le Chalet Cochand, une des premières stations de sports d’hiver des Laurentides. Ouverte en 1916, cette auberge qui possédait plusieurs pentes de ski et tout un réseau de sentiers a été très courue jusque dans les années 50.

C’est de là qu’on est parti pour une randonnée qui s’est surtout déroulé sur la Jack Gauthier, la piste la plus difficile du secteur.

J’avais un compte à régler avec cette piste qui m’avait servi une correction l’hiver dernier. C’est donc avec une certaine fébrilité que j’ai franchi aujourd’hui la banderole colorée qui décore son entrée…

Mon honneur est sauf. Cette fois, je suis venu à bout cette impressionnante collection de descentes corsées riches en virages et en bosses sans tomber une seule fois. Et grâce à mon compagnon, j’ai des photos de ma victoire !

Cela dit, la Jack Gauthier est loin d’être la seule piste exigeante du secteur. On a aussi fait une spectaculaire descente rectiligne mais bosselée à souhait sur la Munson… une piste où on a aussi été obligé de se faufiler sous un arbre au pied d’une courte pente abrupte.

Tout le secteur n’est pas à son meilleur en ce moment. Plutôt cahoteux, ces sentiers ont besoin d’un peu plus de neige pour s’adoucir un brin. Seule exception : la Maple Leaf qui, peut-être à cause de son âge, est mieux nivelé… en particulier quand elle traverse le lac Léon !

La Maple Leaf m’a d’ailleurs fait vivre le meilleur moment de ma journée quand on a redescendu la longue pente abrupte qui débouche sur le stationnement du lac Lucerne.

Cette descente en forme d’entonnoir était dans un superbe état quand on l’a abordée. En haut de la pente, là où c’est plus large, j’ai pu exécuter quelques virages télémarks dans la neige vierge; et plus bas, quand la descente devient étroite et sinueuse, le tracé était parfaitement damé par le passage des skieurs et j’ai fait là-dedans un slalom qui m’a arraché un cri de joie.

Me reste juste à remercier Jackrabbit Johanssen pour cet apothéose final!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Barclay Fortin
Barclay Fortin a appris à faire du ski à Baie-Comeau, sa ville natale. Il a appris à écrire en travaillant comme journaliste à scénariste à Montréal. Et depuis 2003, il court les centres du ski de pour alimenter Ski Glisse, un blogue où il raconte ses randonnées hivernales.