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Sutton, 13 décembre: le « 13 » chanceux!

Bon, je l’admets, ce n’est pas véritablement du hors-piste. Mais ce n’est pas complètement du ski en station non plus… même si ce l’est. Explication: la station de l’Estrie est fermée aujourd’hui mais elle tolère que les amateurs de randonnée alpine fassent l’ascension de son sommet en empruntant les pistes. Pas damées, c’est sûr. Ni enneigée artificiellement. On colle nos peaux et on enfile tranquillement la montée à partir du stationnement P5. Un grand nombre d’autos y sont déjà stationnées à 9 heures. Mon partner d’aventure aujourd’hui est Marc-Antoine. En ski de fond. À écailles de poisson. Montés avec des fix à trois pins. Chaussé de bottes Alpina en cuir. Le Roi de la montagne!

Déjà au bas des pistes on comprend que la neige accumulée depuis 24 heures est abondante. Et ça continue de tomber. En montant, on constate que la neige se fait de plus en plus profonde. Je risque une estimation: 30-35 cm de neige nouvellement tombée sur une base solide. Elle est légère (pas partout…) et sèche. Mais le vent est de la partie, surtout en après-midi, ce qui crée des lames de neige beaucoup plus profondes. Et denses! En effet, le vent compacte la neige et la rend ferme par endroits. En bordure de piste, là où le vent est moins vigoureux, la neige déposée atteint des épaisseurs impressionnantes. Et toujours bien denses.

En général, la base est bonne. On ne touche des roches ou le gazon qu’en de rares endroits. Attention aux rigoles d’écoulement transversales dans les pistes. Elles sont enfouies sous la neige mais pas remplies de façon à les rendre inoffensives. Au contraire! À plusieurs reprises nous nous plantons en pleine face dans ces « gouffres » invisibles. De plus, il ne serait pas sage de s’aventurer dans les sous-bois serrés. Des obstacles enneigés pourraient devenir des pièges à tibia, et quoi d’autre encore! Par contre, les sous-bois ouverts typiques de la station sont accueillants et sont très praticables.

Nos photos sont du genre « cinquante tons de gris ». La météo est du type tempête-hivernale-devenue-blizzard et en est la cause. Le vent ramasse les millions de flocons et nous les remet vigoureusement en pleine gueule. À partir de la mi-montagne, le brouillard est très dense. Invitation à la déprime visuelle. Le sol et le ciel se confondent et rendent la projection des prochains virages un jeu de devinettes; par là ou par ici? Pas loin de nous, des silhouettes fantomatiques se dévoilent furtivement: des arbres qui en arrachent dans le vent glacial. Ai-je mentionné qu’on a vraiment beaucoup de fun…?

On arrête notre aventure vers 14 heures. La température descend en proportion du vent qui forcit. On s’est bien amusés mais il faut bien rentrer un jour. À quand la première vraie escapade en pleine forêt? Il nous faudra encore patienter afin que les accumulations recouvrent bien tous les obstacles.

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3 Commentaires sur "Sutton, 13 décembre: le « 13 » chanceux!"

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Rodrigue Bélanger

Tiens, tiens… Pat en télé… Tu t’ennuies de tes vielles amours?

Ola! Patrick.
Je suis heureux constater que nous avons ressentis les mêmes sensations hivernales de pur bonheur en cette magnifique journée.
Nous y étions aussi moi et mon fils pour sa première sortie en randonnée alpine télémark et ce fut une belle initiation dans ces conditions. Pour ma part, j’aurais préféré m’en tenir à la montée en piste pour cette première. Devant son enthousiasme d’être dehors dans la tempête, dans cette blancheur non tracé, nous nous sommes dirigés vers le tracé de la montée alpine.
Début sans histoire avec comme seule présence de vie que quelques pistes de chevreuils.
Puis l’épaisseur de neige augmente de plus en plus et nous sommes les premiers à la foulée.
Nous ouvrons le tracé en alternance. Le vent se lève et fait tomber la neige encore accroché aux arbres. Superbe. L’on se croit dans une boule de verre avec toute cette neige qui tournoie. Dans la combe vers le sommet, la neige est à hauteur des genoux et plus. On s’enfonce. La matière ligneuse des arbres laisse entendre son mécontentement de se faire brassé par les bourrasques de vent. J’en arrache un peu. Manteaux givré, barbe glacée. Deux heures trente de montée alors que cela en prend beaucoup moins sur un tracé déjà établi, pas facile dans les derniers mètres abruptes. Et mon fils qui apprécie l’effort et qui ouvre depuis un bout de temps. «C’est bien comme parcours!» Bien sûr pour un coureur de pistes en sentier boisé comme lui, c’est tout bon. Et puis il est jeune lui. 31 ans, la moitié de mon parcours à moi.
Nous sommes heureux.
La descente fut surprenante. Rudiments de la technique télémark expliqué de nouveaux, flexions fréquentes pour conditionné les petits muscles stabilisateurs des jambes sur une petite descente vers le télé V. Puis le test. Premiers virages. Hésitation du débutant, flexions, tournant, rétablissement de l’équilibre, sourires, rires, nouvelles sensations et la magie opère.
Et les virages s’enchaînent avec de plus en plus d’assurance dans une belle poudreuse. Trois chutes.
C’est déjà tout? Eh bien oui il se fait tard, le vent est fort, la visibilité à la baisse et la faim se fait sentir malgré nos collations.
Une belle sortie père fils réussie en communion hivernale.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Patrick Teasdale

Patrick Teasdale aime beaucoup jouer dehors. Télémarkeur depuis longtemps, il explore maintenant les possibilités du ski de randonnée alpine. Il troque volontiers sa pagaie groenlandaise ou ses skis pour une tasse d’excellent thé vert japonais. Un brin poète et idéaliste, il ne demande qu’à être émerveillé par une trouée de lumière, un chant d’oiseau ou une lame de neige. Il aime soigner ses chroniques et ses photos.