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Tuckerman Ravine, 2 août 2019

La saison 2018-2019 aura été sans contredit l’une des plus belles des dernières années. Ma quête éternelle à avoir la plus longue saison de ski dans l’est m’a permis à plusieurs reprises de skier d’octobre à juillet. Je ne croyais pas un jour être en mesure d’effectuer des virages sur la neige au mois d’août. Le ski au mois d’août est plutôt rare. Il faut remonter à 2001 pour retrouver des évidences documentées d’un tel exploit.

Cette année, la saison a débuté avec un départ canon au mois d’octobre et les premières précipitations neigeuses sont arrivées quelques jours plus tard au mois de novembre sans connaître de réel dégel par la suite. La neige a été au rendez-vous pendant tous les mois d’hiver et le printemps tardif nous aura permis d’allonger la saison de ski au maximum.

Le mont Washington, n’a plus besoin de présentation, cette montagne  est le point culminant du Nord-Est des États-Unis avec une altitude de 1 916 mètres. L’un de ses flancs abrite une cuve, appelé Tuckerman Ravine. Cet endroit, très populaire au printemps, attire des milliers de visiteurs. En raison de sa forme et des fort vents, la neige s’accumule en quantité abondante durant tout l’hiver et la fonte tardive en raison de son altitude y permet d’y skier en mai, juin et parfois en juillet.

Cette année la neige était plus abondante au début du mois de juillet qu’à l’habitude ce qui laissait peut-être présager, avec un peu de chance, du ski jusqu’en août.

Après avoir suivi religieusement la fonte de la crique glacière de Tuckerman Ravine sur les réseaux sociaux, une mince opportunité semblait se pointer le bout du nez. Une « patch » d’une centaine de pieds semblait vouloir tenir bon. Évidemment, je n’aurai pas fait les 600 kilomètres aller-retour pour y skier un 31 juillet; mais Pour un 2 août j’étais prêt à me sacrifier.

La recherche d’un partenaire de ski au mois d’août peut représenter un défi en soi. En effet, malgré plusieurs invitations lancées aux quatre coins de la province, personne ne semblait assez aliéné pour me suivre dans cette aventure folle.

Tuckerman Ravine se situe à environ 5 kilomètres de marche de Pinkham Notch au pied de la montagne. L’ascension a elle seule vaut le déplacement. Le paysage sur les montagnes avoisinantes vaut amplement le déplacement. Mais bon, moi j’étais en mission; je devais effectuer des virages sur la neige. Inutile de vous dire que plusieurs randonneurs étaient stupéfaits lorsque je les ai croisé en chemin.

Après un peu plus d’une heure d’ascension, j’ai enfin aperçu le Saint-Grahal au loin; une tâche blanchâtre resplendissait à l’horizon. Une fois arrivé sur place, j’ai constaté l’ampleur de la fonte des dernières heures. Le soleil avait finalement eu raison de la plaque de neige et l’avait séparé en trois petit ilots distinct.

L’ « upper patch » était bien peu invitante avec sa faible largeur. Impossible pour une télémarkeur d’y fléchir le genou.

La « middle patch » concédait un peu de longueur à la « upper patch » mis sa largeur était plus acceptable. Par contre, le fossé qui s’était creusé au milieu aurait demandé une gymnastique un peu périlleuse pour s’y aventurer.

La « lower patch » quant à elle ne demandait qu’à être skiée. Une belle largeur et une suffisante pour y effectuer quelques virages. Malgré le temps extrêmement chaud, les conditions semblaient plutôt durcies.

Le temps d’enfiler mes bottes, une bande de curieux s’était approchée pour assister à la scène mémorable. J’en ai profité pour demander à un passant d’immortaliser cette scène.

J’accroche donc mes skis, 292 jours après les avoir sortis le 27 octobre dernier. Quoique, j’ai déjà vu de la neige au mois de septembre dans l’est… À suivre.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Marc-Antoine Brissette
Fils illégitime du défunt Prof Bof, Marc-Antoine est passionné par deux choses: la neige et la science. Tantôt, en classique, tantôt en skating et tantôt en hors-piste, Marc-Antoine s’oppose fermement à la binarité de la discipline et refuse d’être associé à un camp défini. Follement amoureux de la neige, sa non-binarité lui permet bon an mal an de profiter de sa passion de la glisse d’octobre à juillet.