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Un 28 novembre dans la bulle de neige

Le lundi 27 novembre, j’étais assis devant mon ordinateur au bureau. Au gré des clics, je voyais passer des images de poudreuse dans les montagnes vertes, du côté américain. C’était une de ces tempêtes pré-hivernales, très localisées, dont on n’entend peu parler et, surtout, qui passe sous le radar des météorologues.

Malheureusement, je devais travailler ce lundi, alors j’avais un peu délaissé l’idée de faire ma première journée de ski de randonnée de la saison. De toute façon, me disais-je, difficile de savoir combien de neige s’est réellement accumulée…

Et puis, je reçois un texto de mon ami et collègue de Zone.Ski, Jean-Philippe Desrochers: «As-tu checké ma vidéo?» Question de tourner le fer dans la plaie, je visionne ladite vidéo. C’est filmé dimanche, et il y avait déjà de belles accumulations en Estrie.

Je savais également que les températures baisseraient et que la neige continuerait de s’accumuler dans la nuit de dimanche à lundi, et dans la journée de lundi. Et que mardi les températures resteraient assez froides. Tout d’un coup, devant mon ordinateur, je me suis senti mal… Cette sensation qui envahit l’esprit lorsqu’un skieur est cloîtré dans un environnement clos, regarde des photos de ski et s’imagine que le lendemain serait une belle journée de ski. Ce mal, on l’appelle «skinusite». Et oui!

Mardi matin, 28 novembre, je suis donc dans le stationnement de Sutton. Très tôt. D’emblée, je me dirige vers le secteur du VII. Les traces de la veille sont en grande partie recouvertes et je suis seul dans cette bulle de neige que sont les massifs du Mont Sutton.

Après une première montée, je m’élance dans la poudreuse. J’en ai jusqu’aux genoux. Parfois même jusqu’aux cuisses. La neige, très légère, me vole sous les bras, parfois au visage dans les virages profonds. Et on ne touche pas le fond.

Je rencontre quelques âmes au cours de mes montées et descentes. Des gens sympathiques, heureux, émerveillés. D’autres plus arrogants. La bulle de neige est aussi un microcosme de la société.

On me dit que le secteur du IV et V est bien tracé. Je décide donc de passer ma journée où je l’ai commencée, et de rester dans ma propre bulle; il y a peu de skieurs et c’est très calme.

Et lorsque je quitte après la cinquième descente de poudreuse, je porte un regard sur la bulle de neige, qui est maintenant bien tracée…

 

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5 Commentaires sur "Un 28 novembre dans la bulle de neige"

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Malade! Et au Québec!
Belle chronique! Ça nous donne espoir

Quel surprise qu’il y avait des gens arrogants, pas content d’avoir les pistes seules pour eux! J’ai déja vécu ça aussi, les regards, les questions, etc..

Merci pour ce rapport de sortie qui démontre encore une fois que lors de chute de neige surprise, tôt en début de saison, Sutton sait émerveiller les personnes qui s’y rendent.

Jean-François Harrington

J’ai justement regardé de façon fréquente les webcams de Sutton mardi au courant de la journée. J’y ai vu les traces… Chapeau!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Pierre Pinsonnault

Son intérêt pour la nature et le grand air se décline en deux principales activités : le ski alpin (sa grande passion) et la randonnée en montagne. Rédacteur professionnel dans la vie de tous les jours, et prenant un malin plaisir à photographier les paysages d’hiver et les skieurs lorsqu’il pratique son sport de prédilection, Pierre aime écrire sur le ski et partager ses expériences, photos à l’appui.