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Visage du ski: Théophile Cartier

9 décembre 2013 | Portrait, par Geneviève Larivière
Photo gracieuseté Val-D'Irène

Pour effectuer le portrait suivant, je suis partie d’une question à choix multiples: qu’est-ce qui peut bien amener un Français dans la jeune vingtaine, bardé de diplômes, au passeport bien garni, à s’établir aux fins-fonds de la Gaspésie? A) La curiosité B) Le non-immobilisme C) L’hiver D) La philanthropie E) Toutes ces réponses… Bien que la réponse E soit la plus réaliste, la philanthropie, cet amour du genre humain, plus précisément de la femme, constitue l’élément qui aura contribué le plus directement à l’immigration permanente de Théophile Cartier, directeur général du Parc Régional de Val-d’Irène. Portrait d’un homme qui illustre bien le proverbe « Qui prend femme, prend pays! ».

Le parcours

Arrivé au Québec en 2005, Théophile Cartier avait déjà bien roulé sa bosse malgré son jeune âge. Diplômé en commerce international, il a entre autres effectué des stages en Suède, au Chili et en Espagne avant de partir pour l’Australie, où sa passion du snowboard ne pouvait que dériver vers le surf. Skieur depuis son tout jeune âge, il est devenu un irréductible planchiste à neuf ans et depuis ce temps, chaque décision qu’il a prise devait lui permettre d’assouvir sa passion pour les sports de glisse. Ce n’est pas un hasard si ses études en sol français se sont effectuées à Lyon (assez près des Alpes pour pouvoir y aller souvent); la plupart de ses stages ont été réalisés dans des entreprises orientées vers la distribution et le marketing du snowboard, du surf et des sports de glisse en général.

Une rencontre fortuite en Indonésie a amené Théophile jusqu’au Québec, où il a débarqué avec un simple visa PVT (permis vacances-travail). À l’automne 2005, le Mont-Sainte-Anne engageait le petit Français qui fait du snowboard au sein de son école de ski, alors dirigée par David Ruel et Adam Steel. Les mois passent et Théophile fait la connaissance de sa future femme, puis scelle une partie de son destin d’expatrié. Au fil des saisons, le résident permanent prend du gallon, touche à tout et parcourt le terrain de Beaupré (et d’ailleurs) en tant que moniteur, patrouilleur, technicien en fabrication de neige… Quand l’été arrive, Théophile cumule les contrats entre autres en marketing et en organisation d’événements, principalement pour Gestev.

L’installation en Gaspésie

Fonceur, convainquant et convaincu, il prend la décision avec sa conjointe d’adhérer au programme « Accro des régions » et de tenter sa chance… car un poste de directeur général s’est ouvert en 2010 au Parc Régional de Val-d’Irène. Après tout, quand on a vécu 14 mois dans un minibus transformé et parcouru 25 000 kilomètres à travers l’Amérique du Nord avec sa dulcinée, la peur de l’inconnu et des défis ne figure pas au tableau des bêtes noires. À nouveau, l’homme sollicite ses capacités d’adaptation pour s’enraciner dans une région qui fait rêver bien des touristes Français: la Gaspésie. Ah, les grands espaces… ah, le sentiment de liberté…

La liberté, Théophile la retrouve tous les jours dans son travail. Même si son titre de directeur général est accompagné d’un bon nombre d’impératifs, Théo est heureux de la qualité de vie qu’il s’est offert. Celui qui vient d’entamer un deuxième mandat de trois ans se considère plus que chanceux de travailler dans un environnement qui le passionne. Il trouve ses stimulations dans les défis quotidiens que lui apporte la situation économique et géographique de la station et se targue de faire de Val-d’Irène une locomotive touristique pour la vallée de la Matapédia.

Conscient de la force du potentiel présent dans le Parc Régional, les projets ne manquent pas pour la station mais Théophile déplore parfois le manque de soutien administratif apporté par certains paliers gouvernementaux. Heureusement, depuis la dernière élection provinciale, il sait qu’il peut compter sur son député, Pascal Bérubé, qui porte régulièrement les nouvelles de la région jusqu’à l’Assemblée Nationale. Cependant, l’éternelle quête de l’équilibre entre le développement de produits, le marketing pour attirer la nouvelle clientèle et la conservation des acquis demande une forte dose d’énergie. Heureusement, le mot se passe, tranquillement: l’expérience qu’on vit en ski à Val-d’Irène est unique, grâce à l’ambiance authentique, dépaysante, et à la neige 100% naturelle.

La lancée

Chose certaine, depuis l’arrivée en poste de Théophile, beaucoup de choses ont bougé. L’ancien directeur général, Germain Barette, avait fait des pieds et des mains pour obtenir des subventions afin de changer le télésiège de la station. Ce fut chose faite une année avant que Théophile ne succède à Germain, et le nouveau directeur général n’allait pas en rester là. Développement d’un secteur hors-piste (la Zone Blanche), construction de chalets de location et enfin, un nouveau chalet de ski à la base de la montagne, qui ouvrira ses portes dans quelques semaines, figuraient dans les plans à court et moyen terme pour Théo. 

Ses souhaits les plus chers sont donc de poursuivre sur sa lancée: compléter la modernisation des infrastructures de la station, attirer plus de clientèle de l’extérieur de la région, orienter l’exploitation de la station vers du « Quatre saisons », transformer la station en « Station verte »… gageons que la table à dessins compte déjà bien des esquisses! Et même si Théophile rêve d’une neige garantie, abondante et légère, le jeune immigré garde les deux pieds au sol: tenir les rennes d’une organisation gérée par une MRC demande de la rigueur, une vision à long terme, une bonne dose d’entêtement, mais surtout, des nerfs à toute épreuve!

En attendant l’ouverture officielle du nouveau chalet et de la Zone Blanche, dont le développement s’étale sur les prochaines années, il ne nous reste qu’à souhaiter que la bougeotte de Théophile ne le reprenne pas de sitôt: le Québec et l’industrie du ski ont bien besoin de gens comme lui…

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière
Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.