Située à un jet de pierre de la frontière italienne et à environ 200 km de l’aéroport de Lyon, Val Cenis combine authenticité des villages et liberté des pistes. Souvent citée comme une alternative aux grands domaines ultra-connectés, Val Cenis mise avant tout sur l’espace, le calme et un ski authentique. Cette station de Haute Maurienne se rejoint facilement par la route, sans cols techniques, ce qui en fait une destination fiable même en plein hiver. Ici, pas de gigantisme ni de course à la performance: on vient pour skier sereinement.

Un domaine vivant et fonctionnel

Le village de Val Cenis est étendu mais cohérent, composé de plusieurs hameaux reliés skis aux pieds: Termignon (1 300 m), Lanslebourg (1 400 m), Lanslevillard et Val Cenis Le Haut (1 500 m). L’ambiance y est calme et familiale, très éloignée de l’effervescence des grandes stations interconnectées. Moins de remontées mécaniques, moins de foule, mais beaucoup d’espace sur les pistes, offrant une vraie sensation de liberté. Pour un skieur du Québec habitué aux stations plus achalandées, l’expérience est radicalement différente.

Je commence ma journée à Lanslebourg, où le village fonctionne comme un vrai village, pas seulement comme une station de vacances. On se gare gratuitement sur la rue principale, comme si l’on allait faire ses courses, et en seulement 2-3 minutes de marche, on arrive au bas des télésièges La Ramasse et Turra.

  • La Ramasse est la remontée mécanique idéale pour explorer tout le secteur gauche du domaine.
  • Le télésiège Turra assure une liaison rapide vers le secteur droit, le Replat des Canons.

Pour vous donner une idée de l’étendue du domaine: nous avons passé toute la journée sur le secteur gauche, en sillonnant tous les recoins. Quant à lui, le secteur du Replat des Canons pourrait se visiter sur une deuxième journée, en se stationnant stratégiquement à Termignon.

Ne cherchez pas un stationnement attitré à la station de ski, ici on gare la voiture directement sur la rue principale du village.
En été, c’est une route, mais hiver, c’est un passage emprunté par les skieurs pour joindre le village et les remontées mécaniques.

Nous commençons la journée à bord du télésiège de la Ramasse, mais une fois au débarcadère, nous décidons de ne pas monter plus haut pour l’instant: le retour de vent en provenance d’Italie, soufflant à travers le col du Mont-Cenis, est beaucoup trop fort. Nous choisissons donc de redescendre en sillonnant les pistes en forêt, à l’abri, jusqu’à la télécabine du Vieux Moulin.

De là, nous enchaînons avec le télésiège de Solert, puis avec le télésiège du Met, qui nous permet d’atteindre le point culminant de la station, légèrement en retrait par rapport au col, et curieusement à l’abri du vent.

Gare aval de la télécabine du Vieux Moulin.
Gare amont de la télécabine du Vieux Moulin, un lieu passablement occupé, qui donne aussi un accès au télésiège de Solert.
On continue la montée à bord du télésiège de Solert.
Le télésiège du Met, pour finalement accéder au point le plus haut de la station.

Panorama et sensation de vertige

Impossible de manquer La Canopée des Cimes, la plateforme panoramique située au plus haut point de la station, à 2 800 m d’altitude. La vue sur les Alpes italiennes est tout simplement époustouflante. Lors de notre passage, un fort retour d’Italie soufflait à travers le col du Mont Cenis, formant une mer de nuages au-dessous de nous. Un spectacle unique qui donne l’impression d’être au-dessus du monde.

Belvédère en haut du télésiège Met, à 2800 m d’altitude, avec les Alpes italiennes en toile de fond.

La descente que nous entamons est aussi impressionnante que la vue en haut.

Départ du sommet par la piste du Met.
Perché à côté de la piste, une table de pique-nique près du sommet, avec le panorama en grand spectacle, difficile de demander mieux, même avec les nuages. 
Le haut de la piste Met offre définitivement l’un des plus grandioses paysages alpins de toute la station.
Toujours sur la piste Met…
… qui nous ramène tout près du haut du télésiège de Solert.
Nous poursuivons la descente vers le fond de la vallée par la piste Familiale, qui entre progressivement dans la forêt…
… et qui se connecte à la piste Escargot. C’est une route l’été, mais qui en hiver devient une piste de ski permettant un retour tranquille jusqu’en bas, en suivant ses lacets. 
Juste avant la fin de la piste, ne manquez pas un arrêt au restaurant de montagne Chalet des Essarts, à 1500 m d’altitude.

Ski jusqu’au village

En descendant jusqu’à Val Cenis Le Haut, la piste traverse le village et offre une sensation unique: skier dans un village vivant, tout en restant sur des pistes enneigées.

Entrée à ski dans le village de Val Cenis Le Haut pour reprendre la télécabine.

J’ai adoré cette harmonie entre les différents villages fonctionnels et le domaine skiable: un mariage parfaitement réussi, avec le juste équilibre entre le charme des villages et le plaisir des pistes. Val Cenis, c’est la montagne sereine, avec grands espaces et ski tranquille, idéale pour ceux qui veulent profiter de chaque virage sans courir après le domaine entier.

125 km de pistes, 29 remontées… et une orientation nord parfaite

Le domaine skiable offre 125 km de pistes et 29 remontées mécaniques, avec une particularité majeure: il est presque entièrement orienté nord, ce qui permet à la neige de se conserver longtemps et offre des descentes larges et agréables. L’altitude varie de 1 300 m à 2 800 m, et le plus long dénivelé skiable d’une seule traite atteint 1 400 m, du sommet du télésiège Met jusqu’à Lanslebourg. 

Pour profiter pleinement du domaine, prenez le temps de skier toutes les pistes autour d’un télésiège avant de vous déplacer vers le suivant, soit à gauche ou à droite en regardant le plan des pistes. Vous éviterez de longues traversées parfois inutiles d’un bout à l’autre du domaine skiable, alors allez-y progressivement, un secteur à la fois.

Les amateurs de ski en forêt, les débutants, ou encore tous les skieurs lorsque la visibilité est limitée en altitude, apprécieront la possibilité de skier sur des pistes plus faciles au milieu des arbres, en bas de la station. La limite forestière crée en quelque sorte une démarcation naturelle entre les pistes plus accessibles en bas et les pistes plus techniques en altitude.

Une clientèle familiale et conviviale

En cette journée de semaine de janvier, le public semblait résolument familial. Même si le domaine offre des pistes pour experts et des secteurs hors-piste, les débutants sont très présents, souvent accompagnés de moniteurs de l’ESF. À un moment, sur une longue piste verte, ne vous surprenez pas si vous vous retrouvez subitement entouré de tous côtés d’un groupe de jeunes skieurs en apprentissage.

Petite curiosité: certaines pistes vertes suivent en réalité des routes d’été, comme la D1006, qui traverse le col du Mont Cenis pour rejoindre l’Italie. Large et douce, chaque descente donne l’impression de glisser sur une vraie piste… tout en rappelant la fonctionnalité pratique de la station.

En été, une route, en hiver, une piste de ski.

Confession sur les pistes: le curé de Val Cenis

Un petit clin d’œil insolite: à Val Cenis, un prêtre propose des confessions… sur une remontée mécanique! Depuis déjà six ans, le père Geoffroy Genin, en plus de s’occuper des églises locales, prend ses skis pour écouter les skieurs et touristes pendant leur remontée. Nous ne l’avons pas rencontré lors de notre visite, mais parait-il qu’en une matinée, le père Geoffroy confesse parfois cinq ou six personnes dans la télécabine du Vieux Moulin. Une pratique unique, qui mêle ski et spiritualité… et qui laisse toujours un sourire derrière elle!

Mes coups de cœur à Val Cenis

  • Le plaisir de skier de longs dénivelés à chaque descente: depuis chaque sommet, il est possible de skier jusqu’en bas, complètement. Pas de demi-montagne… sauf si on le choisit.
  • La forêt, et le bonheur de terminer l’avant-midi ou l’après-midi par une longue descente facile entre les arbres. Une ambiance qui me rappelle le ski au Québec, d’autant plus qu’on y trouve même une piste en forêt appelée la Québécoise.
  • La possibilité de commencer la journée dans l’un des différents villages de la vallée permet de rejoindre rapidement le secteur que l’on souhaite explorer dès les premières descentes.
  • Et puis, il y a le ski au col du Mont-Cenis: un lieu mythique, chargé de magie, d’histoire et d’émotions.
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David Lemieux
Skieur autodidacte depuis le début des années 80, il slalome les stations en solo, entre amis ou en famille en quête de pur plaisir. Amateur de premières traces, il est habituellement sur les pistes de bonne heure pour savourer les meilleures descentes de la journée : "Rien ne sert de courir; il faut partir à point!"