Le chroniqueur a le bonheur facile, alors forcément quand il quitte la maison avec sa blonde pour aller skier et qu’il a le soleil dans la face tout le long de la route il est heureux. De surcroît, l’épisode de verglas des deux derniers jours qui devait marquer la fin du monde telle que prédite par certains augures a tout juste réussi à fermer les écoles et à alourdir quelques branches. Imaginez le bonheur vibrant dans le coeur du chroniqueur. Cependant, il lui arrive parfois d’avoir la vision obstruée par son excitation…
Du bas de la remontée mécanique, et encore davantage en y montant vers le sommet, la promesse d’une glorieuse journée de glisse se précise. Regarde-moi ça ce damage parfait et ce bord de piste recouvert d’une mince couche de poudreuse tout juste née. C’est en débarquant de ladite remontée que le choc « fesse dans le dash » et que le chroniqueur réalise combien son excitation lui a masqué la réalité.
La réalité c’est que le dernier combat opposant les conditions de glisse dans les Laurentides et la météo récente n’a eu qu’un seul vainqueur: la météo. Hors des sections damées, la glisse est… glissante. Totalement. Sous la fine couche de nouvelle neige se terre une atroce plaque dure, dure qui empêche toute prise de carre. La pluie verglaçante a été sans-coeur. Mais alors, qu’on se rabatte sur le damé se dit le chroniqueur. Il avait sous-estimé la force du vainqueur, la météo.
On ne reprochera pas à Sommet Morin-Heights d’avoir négligé le damage. Au contraire, avoir réussi à sillonner les pistes avec une dameuse de plus de 9 tonnes en tentant de maximiser les conditions, et sans massacrer les surfaces, a dû être un travail d’orfèvre. Il faut entendre, ressentir et voir les boulettes durcies sous nos skis pour réaliser l’ampleur du défi qu’a dû poser le damage. On doit saluer cet effort.
Sans elle et son opérateur, aucune glisse possible aujourd’hui. On aurait souhaité l’ouverture du versant Soleil afin de profiter au maximum du ramollissement progressif des surfaces et pour nous aider à oublier des conditions impitoyables.
Malgré les défis que posent les conditions, les tout-petits s’en donnent à coeur joie en prenant un « lift » jusqu’à la pente école.
Au final, ce ne sont pas des surfaces très dures, très rapides et sonores qui empêchent tout un chacun de profiter du soleil. Nous tous qui aimons la glisse, savons d’expérience que tout change et que rien n’est permanent. Alors que ma collègue Julie Tremblay relate le pur bonheur d’une abondante chute de neige hier au Valinouet , le chroniqueur quitte Sommet Morin-Heights confiant que les précipitations prévues dans la nuit de vendredi à samedi réussiront à faire oublier ce qu’a subi la région des Laurentides depuis deux jours.
P.S: En arrivant à la station ce matin, les carres des skis du chroniqueur avaient des traces de rouille. B’en là, grâce à la neige abrasive et granuleuse de la matinée c’est chose du passé!














