Souvent méconnue, Orelle est sans doute la porte d’entrée la plus futée et la plus ensoleillée du domaine des 3 Vallées, le plus vaste domaine skiable au monde. Située à moins de deux heures de route de l’aéroport de Lyon, l’accès à Orelle est d’une simplicité déconcertante: tout le trajet se fait au fond de la vallée, sans lacets, sans cols, sans stress. À seulement 900 mètres d’altitude, la route est rarement affectée par les grosses tempêtes hivernales. Résultat: Orelle figure parmi les accès les plus fiables au plus grand domaine skiable du monde.

Un village à taille humaine, loin de l’agitation

Le village d’Orelle est compact, fonctionnel, presque intimiste. On est à des années-lumière de l’effervescence de Val Thorens, pourtant situé juste de l’autre côté de la montagne. Les hôtels et restaurants y sont peu nombreux, mais tout ce dont on a besoin est accessible à pied, sans jamais sortir du rythme tranquille du village.

Ceux qui apprécient les stations calmes, loin de l’agitation constante des grandes usines à ski, tomberont sous le charme de ce diamant brut. Orelle, c’est une station « boutique », à échelle humaine, où l’on respire encore la montagne.

Place de la télécabine à Orelle.

Une porte d’entrée ultra-optimisée (presque VIP)

En cette journée de semaine de janvier, les télécabines ouvrent à 9h. Arrivé à peine quinze minutes avant l’ouverture, je gare facilement la voiture dans le stationnement (environ 9 € par jour), à moins de 100 mètres de l’ascenseur qui relie directement le parking à la place du village, à la billetterie… puis à la télécabine.

Difficile de faire plus efficace. C’est probablement la plus petite, mais aussi la mieux optimisée des portes d’entrée des 3 Vallées. On a vraiment l’impression de profiter d’un accès privilégié, presque confidentiel.

L’ombre en bas… le soleil là-haut

Fait cocasse: de la mi-novembre à la mi-février, le village d’Orelle ne voit jamais le soleil, encaissé au fond d’une vallée bordée de sommets imposants. Mais il suffit de monter de quelques centaines de mètres en télécabine pour voir la lumière réapparaître soudainement. Une transition spectaculaire… et réjouissante.

Forfaits et terrain de jeu

Orelle propose deux options de forfait:

  • Orelle / Val Thorens
  • Les 3 Vallées (domaine complet)

Si vous skiez en mode découverte, en prenant le temps de vous arrêter pour les photos, les paysages, un lunch en altitude, etc., au minimum, deux journées complètes sont nécessaires pour bien explorer le secteur Orelle / Val Thorens.

Ensuite, le forfait 3 Vallées ouvre les portes des Menuires, de Méribel… et puis de Courchevel. Il est tout à fait possible de partir le matin depuis la télécabine d’Orelle, skier jusqu’à Courchevel, et revenir avant la fermeture du domaine. Il faut toutefois garder un œil sur la météo: les liaisons en altitude peuvent fermer en cas de mauvais temps.

Plan Bouchet: le front de neige au soleil

La télécabine d’Orelle nous dépose à 2 300 mètres, à Plan Bouchet (notre image d’entête), le front de neige de la station. On y skie de novembre à mai, malgré une orientation plein sud. Ici, l’altitude fait toute la différence.

L’avantage numéro un d’Orelle

Débuter la journée côté Orelle, c’est attaquer les pistes ensoleillées avant tout le monde. Je recommande vivement de commencer par au moins deux descentes depuis le sommet du télésiège Rosaël, sur les pistes Mauriennaise et Gentianes. Vous aurez une nette longueur d’avance sur les skieurs logeant à Val Thorens, qui convergent vers Orelle un peu plus tard dans la matinée.

À mi-chemin dans la piste Mauriennaise, toujours très ensoleillée.

Les sommets mythiques des 3 Vallées

Lorsque vient le moment de basculer vers Val Thorens, deux passages spectaculaires s’offrent à vous:

  • La Cime Caron à 3 200 m. Incontournable. Prenez le temps de savourer la vue panoramique à 360° depuis la terrasse.
  • Le Col de Rosaël à 3 000 m. Le col est accessible en empruntant le télésiège du même nom.

Si vous passez par la Cime Caron, profitez-en pour explorer les pistes sur le versant ouest de Val Thorens. Le forfait « Orelle / Val Thorens » permet de descendre jusqu’à la base du télésiège Plan de l’Eau, un secteur moins fréquenté, offrant un dénivelé impressionnant de 1 400 mètres, skiable en une seule descente, de 3 200 m à environ 1 800 m.

Impressionnante infrastructure au sommet de la Cime Caron.
Arrivée du téléphérique de la Cime Caron au sommet, en provenance de Val Thorens.
Descente à partir de la Cime Caron vers Val Thorens, en suivant la piste Cime.
Le point de départ du téléphérique de la Cime Caron.
Vue sur le village des Menuires, en skiant vers le télésiège Plan de l’Eau.
Le télésiège Plan de l’Eau, le point le moins élevé du secteur de Val Thorens.

Si vous préférez explorer le versant est de Val Thorens, à partir d’Orelle, passez par le Col de Rosaël pour sauver du temps. Il vous permettra de descendre et skier à travers le village de Val Thorens et remonter jusqu’au Col de la Chambre (2 850 m), avec une vue magnifique sur la haute vallée de Méribel… sans pour autant apercevoir le village. 

Télésiège Rosaël, pour rejoindre le col du même nom, tout en haut.
Descente vers le village de Val Thorens.
Passage à travers le village de Val Thorens.
Sous le télésiège Plein Sud, piste facile mais très achalandée aux environs du Club Med de Val Thorens.

Caverne de glace sous le glacier du Péclet

Sur le chemin du retour depuis Val Thorens vers le secteur d’Orelle, nous avons emprunté la piste Christine en compagnie d’un guide de l’ESF, avec un objectif bien précis: aller jeter un œil à la caverne de glace nichée sous le glacier du Péclet. Une petite escapade hors des sentiers battus qui ajoute une touche d’aventure à cette traversée déjà spectaculaire.

Une courte excursion dans un secteur hors piste pour s’approcher de la caverne de glace.
Avec les récentes chutes de neige, l’entrée est dorénavant complètement obstruée, impossible d’y entrer.

Le retour parfait: la piste Lory

En après-midi, pour revenir à ski de Val Thorens vers Orelle, je recommande sans hésitation de passer par le Col de Thorens (3 002 m) afin d’emprunter la piste Lory.

C’est l’une des descentes les plus grandioses du secteur. On s’y sent isolé, loin des remontées, presque comme en hors-piste, alors qu’il s’agit d’une piste facile et parfaitement tracée. La Lory débute sur une arête marquant la frontière naturelle entre Val Thorens et Orelle, puis serpente dans une vallée sauvage, suivant simplement le relief naturel du terrain jusqu’à Plan Bouchet.

Dans la vallée de la piste Lory.
Toujours dans la piste Lory, avec vue au loin sur les Aiguilles d’Arves, les 3 pics qui ont inspiré le logo de la compagnie Évian.

First Tracks VIP: la montagne avant tout le monde

Au cours de notre séjour à Orelle, nous avons eu la chance de vivre une expérience exceptionnelle: les First Tracks VIP avec un pisteur.

Rendez-vous à 8h15, sur la place de la télécabine à Orelle. Nous embarquons avec toute l’équipe de pisteurs-secouristes, encore seuls sur le domaine. Ce matin-là, nous suivons Lorenzo, qui nous explique les multiples facettes de son métier: secouriste, technicien de terrain, mais aussi artificier, chargé du déclenchement préventif des avalanches.

Notre arrivée avec notre véhicule dès 7h45 à la télécabine d’Orelle.
L’un des postes de commande des pisteurs, ici, au sommet du télésiège Peyron.
Carte des zones propices aux avalanches sur le domaine d’Orelle. Rien n’est laissé au hasard.
Chaque poteau est inspecté par le pisteur lors de l’ouverture de la piste.

Les lève-tôt sont récompensés: pistes fraîchement damées, silence absolu, lumière rasante… la montagne rien que pour nous. Littéralement.

Les dameuses, nous apprend Lorenzo, sont équipées de GPS et reliées à un système d’information géographique qui indique en temps réel l’épaisseur du manteau neigeux sous la machine. Rien n’est laissé au hasard: chaque passage est optimisé avec une précision chirurgicale.

Autre réalité fascinante: les conducteurs des dameuses dorment en altitude, dans un logement situé à 2 300 m, car le domaine skiable d’Orelle n’est relié au village de la vallée que par les télécabines. Or, celles-ci ne fonctionnent pas la nuit, ce qui les oblige à rester sur le domaine. Leur journée se termine souvent vers minuit. Ils enchaînent ainsi cinq jours consécutifs en montagne, avant de redescendre enfin dans la vallée pour un ou deux jours de repos bien mérités.

L’expérience est accessible pour seulement 12 €, en plus de votre billet de ski. L’inscription se fait la veille avant 17h30 à l’Office de Tourisme d’Orelle, et l’aventure se conclut le matin vers 9h30 par un café-croissant partagé avec les pisteurs. Simple, authentique… inoubliable.

Mes coups de cœur – Orelle / Val Thorens

  • Le panorama depuis la Cime Caron, et surtout la descente intégrale jusqu’au bas du télésiège Plan de l’Eau.
  • Skier au cœur de Val Thorens, et ressentir son effervescence unique, très dépaysante pour un skieur québécois.
  • Survoler le village de Val Thorens et La Folie Douce à bord du télésiège Plein Sud.
  • La descente par la piste Christine, puis le détour hors-piste vers l’entrée de la caverne de glace (impraticable cette année à cause des chutes de neige récentes).
  • Terminer la journée sur la piste Lory, baignée de soleil en après-midi, presque déserte.

À ne pas manquer

  • L’Office de Tourisme d’Orelle, à quelques dizaines de mètres de la télécabine: une mine d’informations.
  • La vue spectaculaire sur les Aiguilles d’Arves, symbole emblématique de la région.
  • Les panoramas vers le sud sur La Meije, Les Deux Alpes et la Barre des Écrins.
  • Et pour la photo iconique: dernière descente sur la piste La Croix d’Antide, devant les lettres Orelle.
L’Office de Tourisme d’Orelle, dans le village, au départ de la télécabine.
La piste La Croix d’Antide
Les lettres “Orelle”, pour la photo obligatoire, dans la piste La Croix d’Antide
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David Lemieux
Skieur autodidacte depuis le début des années 80, il slalome les stations en solo, entre amis ou en famille en quête de pur plaisir. Amateur de premières traces, il est habituellement sur les pistes de bonne heure pour savourer les meilleures descentes de la journée : "Rien ne sert de courir; il faut partir à point!"