En images: Mont Grands-Fonds, 10 février 2026

Notre virée annuelle dans Charlevoix/région de Québec se matérialise une fois de plus. Sous un soleil de février qui rassemble ses forces afin de pousser le thermomètre vers le haut (avec succès!), nous savourons une journée d’hiver idyllique. Pas l’ombre d’un nuage, le majestueux fleuve qui luit au loin et une station de ski unique au Québec; tout concourt à nous faire sourire. Et pourtant, tout n’est pas parfait. Comme ci-haut dans Les Braconniers…

Ouais, tout n’est pas parfait. À notre première descente nous constatons que la piste Des Bouleaux n’a pas été damée. Cette piste, nous l’attendions depuis l’hiver dernier. Quelle déception que de déraper sur cette surface dure, dure et miroitant au soleil. Et que penser de la surface raboteuse qui fait branler les dents dans la bouche?! En jasant avec plusieurs « locaux », nous apprenons que c’est une pratique courante à Grands-Fonds. En descendant d’autres pistes, nous faisons le même constat: la dameuse dort dans son garage. À peine 5 pistes ont reçu sa visite, sur une possibilité d’une dizaine. Bien entendu, les pistes noires et doubles-noires sont laissées au naturel, étant des pistes à bosses et des sous-bois. La station n’ayant reçu aucune neige depuis deux semaines, les pistes non damées souffrent de cette dureté qui exige l’usage de skis à carres très affûtées.

Nous finissons par nous remettre de notre déception initiale afin de savourer la beauté des lieux. Nous augmentons aussi notre niveau d’agressivité en virage d’une coche! Au débarcadère de la remontée sextuple Lynx Express, le refuge accueille les visiteurs qui souhaitent prendre une pause ou aller à la toilette. Comme la température est plus qu’agréable, il est peu fréquenté aujourd’hui. Saluons au passage cette excellente initiative: toutes les stations de ski bénéficieraient d’un tel refuge.

Par ailleurs, ceux et celles qui préconisent l’éloge de la lenteur seront inmanquablement attirés par les chaises au pied des pentes. Malgré le manque de feu dans le foyer, le soleil et l’absence de vent ont tôt fait de nous faire ouvrir le manteau une fois assis face aux pistes. Quel meilleur endroit où savourer sa poutine?

Une poignée d’adeptes des bosses, et une autre poignée de jeunes skieurs ne sachant pas dans quoi ils se sont embarqués, bravent les creux bétonnés. On entend les dérapages de loin. Si vous croyez que cela les décourage, vous faites erreur! Il n’y a qu’à les voir pour comprendre combien ils ont du « fun ».

Deux sentiers permettent l’ascension en randonnée alpine. L’arrivée au débarcadère permet aux randonneurs qui le souhaitent de profiter du confort du refuge. Cependant, par une journée parfaite comme celle-ci, c’est dehors qu’on procède au retrait des peaux.

C’est confortablement « éfouarés » sur les divans du lounge, au 2e étage du bâtiment d’accueil, que nous mettons un terme à notre première journée de glisse (sur trois) dans la région. La chaleur du soleil et la vue sur la montagne achèvent le ramollissement de nos corps fatigués. Un brin déçus par le manque de damage adéquat dans plusieurs pistes, nous ne pouvons que reconnaître la qualité de l’expérience de skier ici et nous nous promettons bien de revenir l’hiver prochain. Demain, direction Le Relais, puis jeudi Stoneham. On nous promet même une dizaine de centimètres de nouvelle neige…

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Patrick Teasdale
Patrick Teasdale aime beaucoup jouer dehors. Télémarkeur depuis longtemps, il explore maintenant les possibilités du ski de randonnée alpine. Il troque volontiers sa pagaie groenlandaise ou ses skis pour une tasse d'excellent thé vert japonais. Un brin poète et idéaliste, il ne demande qu'à être émerveillé par une trouée de lumière, un chant d'oiseau ou une lame de neige. Il aime soigner ses chroniques et ses photos.