La station d’Anzère est située dans le Valais, en Suisse, sur un plateau ensoleillé dominant la vallée du Rhône, juste au-dessus de la ville de Sion à 1500 mètres d’altitude. Elle se trouve sur un versant adjacent à Crans-Montana, que l’on aperçoit facilement de l’autre côté de la petite vallée séparant les deux stations.

Comme sa voisine plus connue, Anzère bénéficie d’un domaine skiable largement orienté plein sud, ce qui lui assure un excellent ensoleillement et des panoramas spectaculaires sur les Alpes valaisannes. La station offre toutefois une ambiance plus intime et tranquille, où l’on ressent davantage le caractère local et familial du ski en Suisse.

De façon générale, le domaine skiable peut facilement se parcourir en une journée si l’on souhaite en voir les grandes lignes. Mais comme je l’ai fait moi-même, prévoir deux journées permet vraiment de l’explorer plus en profondeur. On peut ainsi prendre le temps de découvrir les différents secteurs, refaire ses pistes préférées lorsque les conditions sont idéales et profiter pleinement des paysages sans avoir l’impression de simplement passer d’un point à l’autre.

Un seul accès principal au domaine

À ce jour, Anzère possède essentiellement un seul point d’entrée majeur vers son domaine skiable : la télécabine menant au Pas de Maimbré. Si vous prévoyez skier lors d’une journée achalandée, il est donc préférable d’arriver tôt.

Le sommet du Pas de Maimbré, avec exceptionnellement aujourd’hui des poussières de sable du Sahara visibles dans le ciel.

Le stationnement près de la télécabine est limité, mais en arrivant d’avance, vous maximisez vos chances d’obtenir une place tout près de la remontée, même la fin de semaine comme lors de mes deux visites. Sinon, plusieurs stationnements secondaires un peu plus éloignés sont disponibles, avec un service de navette vers la station.

Une partie du stationnement avec la remontée principale pour accéder au domaine skiable.

Il est également possible d’accéder au domaine par le secteur des Rousses, mais cet accès est plus éloigné du centre du village et desservi par un télésiège triple à plus faible débit. Dans mon cas, par un beau samedi du début du mois de mars, il y avait beaucoup de skieurs locaux et plusieurs familles avec enfants. Malgré cela, l’embarquement dans la télécabine vers le Pas de Maimbré s’est fait rapidement.

Trois sommets faciles à repérer

Le domaine d’Anzère s’articule autour de trois sommets principaux :

  • le Pas de Maimbré à 2362 m
  • le Plan des Conches à 2190 m
  • Le Bâté à 2418 m

Sur la carte des pistes, ces sommets apparaissent clairement de gauche à droite, d’ouest en est, ce qui rend l’orientation et les repères très simples sur le terrain. L’objectif de la journée est clair : découvrir chacun des secteurs et leurs caractéristiques en empruntant les principales descentes.

Première descente : la Combe

Au sommet du Pas de Maimbré, l’embarras du choix s’offre à moi. Je fais partie des premiers skieurs à attaquer les pistes. Je me dirige vers la piste Combe, une magnifique piste rouge qui démarre immédiatement avec une pente soutenue et constante sur un beau dénivelé. J’ai remarqué que l’orientation légèrement moins exposée au soleil permet à la neige de conserver toutes les caractéristiques d’une vraie surface hivernale.

La Combe.

Pas de dégel, pas de regel sur cette piste en altitude: les conditions sont parfaites. Cette descente deviendra d’ailleurs l’une de mes pistes coup de cœur de toute ma semaine de ski en Suisse, parmi les trois stations visitées.

Vers le nouveau Malo Express

À mi-montagne, la Combe mène naturellement vers la piste rouge Grillesses, qui permet de poursuivre la descente jusqu’à la toute nouvelle télécabine Malo Express.

Tôt le matin, la piste Grillesses était pratiquement déserte sur sa pleine largeur.
On remarque que la gare à mi-montagne est déjà prête à accueillir une future extension vers le village d’Anzère en bas.

Ce projet fait partie d’un développement futur important pour la station. À terme, cette télécabine devrait être prolongée jusqu’au bas de la montagne afin de créer un second accès majeur au domaine skiable directement depuis le village d’Anzère. Pour le moment, seule la portion supérieure de la télécabine est en opération et elle permet de rejoindre rapidement le sommet le plus à l’est de la station : Le Bâté.

Comme la télécabine ouvre environ trente minutes plus tard que les autres remontées, nous avons le temps de refaire une deuxième descente depuis le Plan des Conches, soit par la piste Grillesses, ou soit en découvrant la piste noire Chardon.

Piste Chardon, sous la télécabine Malo Express.
Gare amont du télésiège Plan des Conches, avec le sommet du Pas de Maimbré plus haut en arrière-plan.

Un domaine idéal pour le hors-piste

À bord du télésiège du Plan des Conches, la vue permet de bien analyser ce versant central du domaine skiable. Les pistes sont bien définies, mais entre elles s’étendent de vastes espaces ouverts qui semblent parfaits pour le ski hors-piste. Ce sont des secteurs idéaux pour s’initier, car ils restent toujours relativement proches des pistes.

Aujourd’hui, les conditions ne s’y prêtent pas vraiment. La neige a gelé durant la nuit et dégèle graduellement sous le soleil. Mais les nombreuses traces laissées par les skieurs dans les jours précédents montrent clairement que le potentiel hors-piste est immense et très accessible après une bonne bordée de neige.

Un exemple du secteur hors-piste tout à fait accessible.
Au centre, la piste Chardon et les possibilités de ski hors-piste dans toute la partie supérieure du domaine skiable.

La grande descente vers Les Rousses

Une fois au sommet du Bâté, le point culminant de la station à 2418 mètres, j’entreprends une longue descente d’environ 700 mètres de dénivelé vers le secteur des Rousses.

La descente est magnifique et très variée. Elle débute dans un environnement alpin ouvert, sans arbres, avec une pente bien inclinée. Puis la piste devient progressivement plus sinueuse. On traverse des passages plus étroits, quelques replats invitent à s’arrêter pour admirer le paysage, et la seconde moitié de la descente se poursuit dans une forêt clairsemée.

Début de la descente vers Les Rousses, dans un cadre définitivement alpin.
Milieu de la descente vers Les Rousses, en transition vers la forêt.
Entrée dans la forêt.

Plusieurs embranchements permettent de varier le tracé et de redécouvrir la piste sous différents angles. À un moment, on longe même une populaire piste de luge qui attire de nombreuses familles.

Piste de luge.
Par moments, skieurs et lugeurs évoluent côte à côte, chacun sur sa piste.

Tout ce beau monde finit par converger en bas vers le télésiège des Rousses.

La force de la montagne

En remontant ce télésiège, juste après la station intermédiaire, la piste Hérémence dévoile un spectacle impressionnant et inattendu.

Plusieurs avalanches déclenchées de manière préventive la veille ont traversé la piste, ce qui explique sa fermeture. Depuis le télésiège, on peut clairement voir les masses de neige et de roches accumulées. La scène est saisissante et rappelle la puissance brute de la montagne.

L’avalanche qui obstrue la piste.

Depuis ce secteur, on aperçoit également l’extrémité ouest du domaine skiable de Crans-Montana. À vol d’oiseau, les deux stations ne sont séparées que d’environ 2500 mètres.

Une des pistes de Crans-Montana est visible au centre de la photo, tout en haut.

Retour vers le Pas de Maimbré

Après quelques descentes supplémentaires dans le secteur des Rousses, il est temps de retourner vers le Pas de Maimbré.

Retour par la piste Chaux.

Au sommet du Pas de Maimbré, j’assiste au décollage de plusieurs parapentes qui profitent des conditions météorologiques idéales pour s’élancer dans le ciel au-dessus de la vallée.

Le secteur sert aussi de zone d’apprentissage pour les débutants. Un petit espace appelé La Cuvette propose deux tapis magiques. Un deuxième espace muni d’une courte remontée terrestre donne accès à une piste d’initiation de niveau intermédiaire.

Secteur d’apprentissage appelé La Cuvette.

La descente finale vers le village

Pour terminer la journée, j’entreprends la longue descente finale vers le village d’Anzère, près de 900 mètres plus bas, par la piste Masques. La piste passe d’abord près de la station intermédiaire de la télécabine, puis traverse un passage spectaculaire entre deux énormes rochers, dont l’un porte le nom de La Dent.

Station intermédiaire de la télécabine.
La Dent.

Ce passage mène dans un secteur légèrement à l’écart du reste du domaine, avant que la piste ne plonge de façon beaucoup plus soutenue vers le bas de la montagne… presque directement jusqu’à votre voiture dans le stationnement.

L’arrivée au stationnement par la piste Masques.

Une dernière petite perle

Il existe toutefois une autre option pour retourner au village, beaucoup plus tranquille et contemplative.

Au cœur du domaine skiable, la piste bleue Grillesses se prend par une bifurcation vers la droite juste avant l’embarquement du télésiège du même nom. Cette piste facile longe la montagne et offre certains des plus beaux panoramas sur le village d’Anzère, juste en contrebas.

Retour vers le village.
Magnifique point de vue sur le village d’Anzère, le long d’une longue descente tout en douceur.

C’est un endroit parfait pour ralentir le rythme et s’arrêter admirer le paysage. Étonnamment, très peu de skieurs passent par ici. Vous avez même plus de chances d’y croiser des randonneurs ou des skieurs de fond que des skieurs alpins.

La piste traverse finalement un petit secteur d’apprentissage du village avant de replonger dans la forêt et de rejoindre tranquillement le stationnement de la télécabine du Pas de Maimbré.

Fin de la descente, directement au stationnement.

Une conclusion parfaite à une journée de ski aussi variée qu’agréable.

Mes coups de coeur:

Une atmosphère profondément authentique : ici, on skie au cœur d’une clientèle locale, loin des foules touristiques. Ça se ressent immédiatement, en prêtant attention, on entend surtout le français dans les échanges entre skieurs, comme un rappel qu’on partage la montagne avec ceux qui y vivent vraiment.

Anzère, c’est un peu comme un mini Crans-Montana. On y retrouve tout ce que j’avais aimé à Crans-Montana, mais à plus petite échelle : une belle orientation de la majorité des pistes vers le sud, et un équilibre presque parfait entre les secteurs au-dessus et en dessous de la limite des arbres. Résultat : des descentes très variées.

Je n’ai pas eu l’occasion d’y aller, mais j’ai la forte impression que le Spa d’Anzère aurait été un véritable coup de cœur. Situé à deux pas du stationnement de la télécabine, il propose un bassin extérieur, des jets massants, des lits à bulles et une cascade. Bref, tout ce qu’il faut pour un moment de détente bien mérité après le ski.

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David Lemieux
Skieur autodidacte depuis le début des années 80, il slalome les stations en solo, entre amis ou en famille en quête de pur plaisir. Amateur de premières traces, il est habituellement sur les pistes de bonne heure pour savourer les meilleures descentes de la journée : "Rien ne sert de courir; il faut partir à point!"