La station de Villars-Gryon-Les Diablerets offre une expérience unique en Suisse : un vaste domaine skiable des Préalpes vaudoises, auquel s’ajoute, à proximité, l’univers spectaculaire de Glacier 3000. Je visite la station lors d’une journée de semaine au début du mois de mars. Tout le domaine est ouvert, les conditions sont excellentes, et l’objectif est ambitieux : relier Villars à Glacier 3000 dans la même journée, skis aux pieds… ou presque.

Un point de départ stratégique : Villars

Le meilleur point d’entrée du domaine est sans doute Villars-sur-Ollon, accessible facilement depuis la vallée du Rhône en passant par Ollon. Plus central que Gryon et plus simple d’accès, le village permet de démarrer la journée efficacement.

Autre avantage non négligeable : un stationnement gratuit, chose de plus en plus rare en Suisse, situé à quelques minutes de marche de la télécabine. En moins de cinq minutes, skis à l’épaule, me voilà prêt à monter.

Une station de charme dans les Préalpes

Ici, on ne skie pas dans un décor glaciaire, mais dans les Préalpes vaudoises. Les altitudes varient entre 1100 et 2100 mètres, avec des dénivelés impressionnants d’environ 1000 mètres. Le paysage est différent de celui du Valais : vastes pâturages enneigés, forêts, villages au caractère préalpin vaudois… Le ski y a un charme particulier, plus doux, mais tout aussi captivant. Avec plus de 100 km de pistes, le terrain de jeu est vaste et très varié. Mais ce qui rend cette destination vraiment unique, c’est la possibilité de combiner cette ambiance avec celle de la haute montagne, grâce à la liaison vers Glacier 3000.

Les pistes de Villars-Gryon-Diablerets alternent entre des sommets entièrement dénudés et des passages au cœur de la forêt.
Un panorama typique des Préalpes.
Le Col de Bretaye (et ses nombreuses remontées mécaniques) se trouve droit devant.
Dès que l’on s’éloigne du Col de Bretaye, l’affluence des skieurs diminue.

Objectif du jour : jusqu’à 3000 mètres

Le plan est simple sur papier, mais riche en découvertes :
départ de Villars → Col de Bretaye → descente vers Les Diablerets → car postal jusqu’au Col du Pillon → téléphériques jusqu’au sommet de Glacier 3000 → ski sur glacier → descente jusqu’à mi-montagne par la spectaculaire Red Run → descente finale en téléphérique jusqu’au Col du Pillon → chemin inverse en car postal, suivi des remontées mécaniques et des pistes des Diablerets et de Villars. Une vraie traversée alpine.

Le Roc d’Orsay : un premier panorama grandiose

La journée débute par la télécabine de Villars jusqu’au Roc d’Orsay (2000 m), l’un des points culminants du secteur. Même sans atteindre les 3000 mètres, la vue est exceptionnelle. Le panorama à 360 degrés s’ouvre sur les Alpes environnantes avec une proximité saisissante. Ici, ce n’est pas seulement l’altitude qui impressionne, mais l’immersion totale dans le paysage.

Depuis l’un des sommets de Villars, une magnifique vue sur la station voisine de Leysin.

Le charme unique du train de Bretaye

En descendant vers le Col de Bretaye, une scène attire immédiatement l’attention : le petit train à crémaillère qui arrive en gare, transportant skieurs et visiteurs au cœur du domaine.

La gare du train à crémaillère au Col de Bretaye est le cœur du domaine skiable de Villars.

Impossible de résister à la tentation de découvrir ce train. On décide de longer la voie ferrée à ski, sur un sentier doux et panoramique qui serpente à travers les pâturages enneigés et même un terrain de golf enfoui sous la neige. L’ambiance est paisible, presque contemplative. Au Col de Soud, on retire les skis pour embarquer dans ce petit train qui nous ramène tranquillement au Col de Bretaye.

Arrivée en ski au Col de Soud pour prendre le train.
La piste passe sous la voie ferrée pour ceux qui décident de poursuivre la descente jusqu’au village de Villars.

Honnêtement, ce train pourrait bien être la remontée mécanique la plus originale des Alpes. 

Direction Les Diablerets

On se dirige ensuite vers le secteur des Diablerets. L’orientation est simple : la signalisation sur les pistes indique clairement les directions, que ce soit vers Villars ou Les Diablerets. Un long télésiège, relativement plat, permet de basculer vers un autre versant du domaine. Le paysage change progressivement : ici, les pistes traversent davantage la forêt. Au fil de la descente, la vue sur le village des Diablerets devient de plus en plus spectaculaire. La vallée est magnifique, encaissée, typiquement alpine.

Signalisation omniprésente sur les pistes pour orienter les skieurs vers les bons secteurs.
Des panoramas à la fois variés et splendides qui accompagnent chaque virage lors de la descente vers le village des Diablerets.
La “Piste Olympique” telle qu’on peut l’admirer depuis le bas du versant surplombant le village des Diablerets.

Transition vers la haute montagne

Arrivé au bas de la télécabine des Diablerets, il suffit de skier jusqu’au bord de la route pour trouver l’arrêt du car postal.

Point d’arrêt du car postal dans le village des Diablerets, en direction du Col du Pillon (Glacier 3000)

Comme souvent en Suisse, tout est parfaitement synchronisé. Le bus arrive à l’heure exacte et, en une dizaine de minutes à peine, nous voilà au Col du Pillon, au pied de Glacier 3000. Le changement d’ambiance est immédiat.

Glacier 3000 : un autre monde

Deux impressionnants téléphériques permettent d’atteindre près de 3000 mètres d’altitude. Dès la montée, le ton est donné : on survole la célèbre piste Black Wall, l’une des plus difficiles de Suisse, accessible uniquement par un tunnel dans la montagne. Aujourd’hui, cette piste est fermée, mais la voir d’en haut suffit à impressionner.

Au sommet, le panorama est tout simplement spectaculaire.

Vue sur les pistes du glacier depuis le sommet, avec la formation rocheuse de la Quille du Diable au loin.

Le Peak Walk : une expérience unique

Impossible de manquer le Peak Walk by Tissot.

Peak Walk by Tissot.
Peak Walk by Tissot.

Cette passerelle suspendue, unique au monde, relie deux sommets. Longue de 107 mètres et large de seulement 80 centimètres, elle offre aussi une vue imprenable sur des sommets mythiques comme le Cervin, le Mont Blanc ou la Jungfrau. Marcher ici, suspendu entre deux sommets à près de 300 mètres d’altitude, est une expérience inoubliable et unique.

Skier sur le glacier

De retour sur les skis, direction l’immense plaine glaciaire. Le terrain est vaste, peu incliné, mais les distances sont impressionnantes. Les pistes sont larges, rapides, et permettent de tracer de longues courbes à grande vitesse. La sensation est unique : on a vraiment l’impression de glisser sur le toit du monde.

Vue sur le départ de la piste au sommet de Glacier 3000.
Vue sur les infrastructures au sommet de Glacier 3000. Seul le début de la piste est plus raide.
Vue sur les pistes larges et relativement faciles sur la plaine glaciaire.
Trois remontées terrestres sont installées sur la plaine du glacier.

Au loin, un petit avion enchaîne les décollages et les atterrissages sur le glacier, une scène rare aujourd’hui, qui rappelle une autre époque de l’aviation alpine, quand l’avion était le seul moyen de fournir les secours en haute montagne.

Un avion de type Cessna s’est posé sur le glacier.

Jusqu’à la Quille du Diable

L’exploration nous mène jusqu’à la Quille du Diable, une formation rocheuse emblématique du secteur. Juste à côté, un restaurant de montagne invite à une pause bien méritée au soleil.

C’est ici que commence le long retour.

La Quille du Diable.
Pause à la Quille du Diable, au sommet de la plaine glaciaire.

La spectaculaire Red Run

Pour redescendre, on emprunte la célèbre Red Run, une piste rouge d’environ 8 km. Très différente du glacier, elle longe des parois impressionnantes, avec le vide d’un côté et la paroi rocheuse de l’autre. Par moments assez étroite, elle offre une descente spectaculaire et très soutenue, malgré sa classification intermédiaire (piste rouge).

La piste Red Run s’engage dans un section étroite sur plusieurs kilomètres.
Le passage le plus spectaculaire de la Red Run.
Dans cette section de la Red Run, on hésite presque entre se concentrer sur la piste… ou se laisser distraire par la beauté du paysage.

Retour parfaitement orchestré

Une fois au Col du Pillon, le téléphérique nous redescend, et le car postal est déjà prêt à repartir. Encore une fois, tout est parfaitement synchronisé. Le retour à ski vers Villars via Les Diablerets se fait sans difficulté, mais avec une impression bien marquée : celle d’avoir vécu une journée exceptionnelle, tant par la diversité des paysages que par la distance parcourue.

Gryon & L’Étable : ski, vues et déjeuner royal

Lors d’une autre journée, n’oubliez pas de découvrir le secteur de Gryon, également appelé Les Chaux : des panoramas magnifiques, un ski relaxant et agréable, et une halte incontournable au charmant restaurant L’Étable, où même des membres de familles royales s’arrêtent pour manger. Il est niché au cœur des pistes du domaine skiable et occupe une véritable étable magnifiquement transformée. On y savoure des plats du terroir revisités tout en profitant d’une grande terrasse avec vue sur les alpages, en compagnie des curieux voisins à quatre pattes : ânes et brebis.

Restaurant L’Étable.
Restaurant L’Étable.

Dernières impressions

Une journée à Villars-Gryon-Diablerets, couronnée par une escapade à Glacier 3000, dépasse de loin le simple plaisir du ski. C’est un véritable voyage, qui nous emmène des pâturages enneigés et des forêts paisibles des Préalpes jusqu’aux sommets glaciaires imposants et aux panoramas à couper le souffle. Une journée qui donne l’impression d’avoir traversé toute la Suisse au complet en si peu de temps. Chaque descente réserve sa surprise, chaque panorama émerveille et impressionne… un mélange de sensations et de beauté qui reste gravé dans la mémoire.

Mes coups de coeur:

  • Restaurant L’Étable : Ici, le temps semble suspendu. Entre sa terrasse avec vue sur les alpages et ses curieux voisins à quatre pattes, L’Étable offre un coin chaleureux où l’on se laisse complètement absorber par l’instant.
  • La montée en train à crémaillère : Le train historique, construit au début du XXᵉ siècle, gravit la pente avec un système unique d’engrenages et de crémaillère, offrant une expérience presque hors du temps. 
  • Peak Walk : La passerelle suspendue n’est pas seulement spectaculaire par sa longueur et sa hauteur, elle vibre légèrement sous les pas, donnant cette sensation de marcher « au-dessus du vide » tout en restant parfaitement sécurisée.
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David Lemieux
Skieur autodidacte depuis le début des années 80, il slalome les stations en solo, entre amis ou en famille en quête de pur plaisir. Amateur de premières traces, il est habituellement sur les pistes de bonne heure pour savourer les meilleures descentes de la journée : "Rien ne sert de courir; il faut partir à point!"