Publication partenaire

Alta, Utah: Sa Majesté l’authentique!

Notre voyage de ski au Utah tire à sa fin. Nous avons joué fort et joyeusement à Solitude, Snowbird et Alta. C’est là que nous passons notre dernière journée de ski. Nous sommes venus à cette dernière à deux reprises durant notre séjour. On en reprendrait volontiers, mais deux facteurs nous en empêchent: la fin du voyage et nos genoux en compote!

Ce matin au lever, le mercure marque 6 degrés Celsius en ville. Les prévisions sont au chaud même à Alta. Dès 10:00, il fait 5 degrés à la base. Ski de printemps en vue? En après-midi, c’est en effet ce que nous réserve la moitié inférieure de la montagne. Les bosses (à perte de vue, je le jure!) que nous skions sont tendres, sans toutefois être constitués de neige mouillée.

Quelques mots au sujet de Salt Lake City: La capitale des Mormons est une ville très américaine avec ses autos-reines, ses rues à sens unique à six voies, ses très nombreux restaurants de type restauration rapide, ses sans-abris ivres et son centre des congrès. La ville est relativement peu attrayante. N’eut été du ski et des Mormons, on en parlerait très peu. Pour le night life, faudra repasser! Cependant, pour des skieurs comme MJ et moi, la proximité des stations de ski (à seulement 35 minutes d’auto) et la facilité de déplacement à pied en ville sont des atouts. Il y a quelques bonnes adresses culturelles et culinaires, mais on n’est pas à Whistler ni dans les Alpes Autrichiennes… On vient ici pour le ski. Ou pour Dieu, c’est selon.

Puisque nous savons déjà ce que nous voulons explorer aujourd’hui, nous ne perdons pas de temps en salutations. Nous voulons éviter les damées devenues fermes (six jours après la tempête et suite à plusieurs cycles de transformation du manteau neigeux) et rapides, mais sans intérêt pour nous. Nous recherchons les descentes qui n’ont jamais reçu la visite d’un BR400. Oh boy, comme nous sommes bien servis! Du terrain vaste (quasiment sans limite), épique et tellement invitant nous attend dans tous les secteurs et dans toutes les directions. Attention: Il faut rigoureusement respecter les limites marquées de la station. « Passer sous la corde » c’est s’exposer dangereusement aux nombreuses avalanches qui ont lieu depuis dimanche. On en voit les traces tout autour de nous… Et nous skions souvent, avec la bénédiction de la patrouille, dans les débris des cônes d’avalanche.

Alta, bien que plus modeste en superficie et dénivelé que Snowbird (sa voisine, qu’on atteint par une piste au sommet: Sugarloaf Pass) demeure un domaine skiable très grand et plein de défis. Une très grande proportion des pistes est tout simplement sans nom! La carte des pistes montre des pistes numérotées, mais le terrain accessible est si grand qu’on peut descendre pratiquement partout. Pourvu qu’on en ait le guts! Alta est un lieu quelque peu mythique: télémark, simplicité, terrain difficile, neige naturelle et abondante. Authentique, elle est! Le temps s’écoule lentement ici. D’ailleurs, quelqu’un devrait dire au lifty barbu de la remontée Collins que le patchouli n’est plus in… depuis 1975. J’y repense: il n’était même pas né ce gars-là!

La base, située à 8 500 pieds, a deux zones: Albion et Wildcat. Le sommet culmine à 10 500 pieds. La base Albion donne accès à un domaine limité et peu élevé, pour les débutants. La remontée Sunnyside permet toutefois d’accéder à une autre, Supreme, qui elle, nous amène au royaume du ski de haute voltige. L’autre base, Wildcat, est celle de prédilection pour un accès direct à toutes les grandes aventures. Notez qu’à Alta tout ce qui est plus difficile qu’intermédiaire est identifié d’un seul losange noir. Cela regroupe à la fois des damées pentues et des couloirs étroits et périlleux (si vous manquez un virage)! Évidemment, il y a des avenues mémorables pour qui est prêt à faire du boot pack et des traversées parfois assez longues. Avec ses 117 pistes répertoriées et ses 2 200 acres, Alta est fort respectable. Les défis sont à la hauteur de tous, du débutant à l’expert trés confirmé. Petit anomalie: la station n’accueille pas les planchistes…

À cause de l’altitude il y a relativement peu d’arbres, donc de sous-bois. Le terrain est expansif et ouvert. C’est le royaume des bols alpins et des ridges exposés. Les couloirs et autres passages coupe-gorges sont légion. À mi-montagne, on retrouve deux restaurants de type fast food. Ils sont agrémentés de terrasses extérieures.

Je ne sais plus si c’est elle ou moi, mais il y en a un des deux qui met l’autre au défi aujourd’hui. Malgré notre fatigue croissante après cinq jours d’aventure, MJ et moi continuons à nous pomper les quads dans du terrain sérieux et magnifique. Après 33 ans je croyais bien la connaître, mais MJ m’a impressionné sur ses planches (encore une fois)!

Demain, nous visiterons le temple Mormon et le centre-ville de Salt Lake City. Nous essaierons de masquer notre déception de devoir retourner à la vie normale. D’ailleurs, « normale » ça devrait être la semaine que nous venons de passer; pas celle qui s’en vient…

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux !

Vous avez aimé lire cette chronique? Dites-le nous dans les commentaires ci-bas! On aime ça vous lire aussi!

À PROPOS DE L'AUTEUR

Patrick Teasdale
Patrick Teasdale aime beaucoup jouer dehors. Télémarkeur depuis longtemps, il explore maintenant les possibilités du ski de randonnée alpine. Il troque volontiers sa pagaie groenlandaise ou ses skis pour une tasse d'excellent thé vert japonais. Un brin poète et idéaliste, il ne demande qu'à être émerveillé par une trouée de lumière, un chant d'oiseau ou une lame de neige. Il aime soigner ses chroniques et ses photos.