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Corralco / volcan Lonquimay: épicentre de la nouvelle génération backcountry du Chili

7 mars 2017 | Récit de voyage, par Pierre Pinsonnault
Photos Pierre Pinsonnault

Assis au sommet du volcan Lonquimay, sur le bord du cratère rempli de neige, je regarde l’horizon. Derrière moi, la vallée verdoyante se perd dans les nuages; à gauche, à droite, devant: j’admire les Andes enneigées du sud chilien avec ses iconiques volcans, notamment le Tolhuaca, la Sierra Nevada, le Llaima et, au loin, le Villarrica, qui trônent sur les montagnes environnantes. Les options d’ascension et de descente sont innombrables.

Je jette un regard sur mon amie Andrea Olivares Grez, qui contemple avec moi le paysage. Elle me raconte l’histoire de son grand-père, Jorge Grez. Celui-ci fut un des pionniers andistes à skier les hautes Andes dans la région de Farellones dans les années 1930 et l’un des membres fondateurs du premier club de ski chilien; puis il participa au développement du ski à Portillo dans les années 1940. (NDLR: Le ski dans les Andes débuta avant, mais c’était surtout des Européens qui s’y rendaient.)

Le citant comme inspiration, Andrea est portée, comme d’autres skieurs de sa génération, par la découverte des Andes et par le plaisir de «gagner» ses virages pour accéder à des endroits intouchés. Originaire de Santiago de Chile, elle s’est récemment établie à Malalcahuello, le petit village près de la station de ski Corralco qui s’élève sur environ 850 mètres de dénivelé au pied du volcan Lonquimay.

Travaillant à Corralco comme monitrice, elle me confie avoir choisi l’endroit pour les possibilités infinies d’explorer en ski cette région du sud chilien. Et je dois lui donner raison: outre le Lonquimay et les autres volcans environnants, il y a, dans les montagnes qui s’étalent à perte de vue, des options pour s’occuper durant des semaines.

Andrea Olivares Grez, monitrice à Corralco Resort de Montana et adepte de backcountry, m’a fait découvrir plusieurs secteurs autour de la station de ski.

Corralco Resort de Montaña

Un premier point de départ pour l’exploration dans cette région est la station de ski Corralco, qui se trouve au pied du volcan Lonquimay (pour plus d’information, voir l’article Corralco : prêt pour un terremoto blanco). La randonnée classique est évidemment l’ascension du volcan, que l’on peut faire soit à partir de la base de la station de ski (dénivelé de 1300 mètres jusqu’au sommet), soit à partir du haut du téléski Cumbre (dénivelé d’environ 450 mètres jusqu’au sommet). Le volcan s’élève à 2865 mètres d’altitude et la pente atteint un 35 degrés d’inclinaison à l’approche du sommet.

Durant l’ascension du volcan Lonquimay.

Au sommet du volcan Lonquimay, sur le bord du cratère rempli de neige, avec vue sur le volcan Tolhuaca.

La descente est superbe. Je m’élance sur l’immense champ blanc que constitue la face sud-est du volcan. Aucune trace devant moi: la surface est intouchée; j’effectue de grands virages sur une neige molle légèrement humide, parfaite pour ce type de descente. Plus bas, je skie dans les coulées de lave, formant de longues demi-lunes où s’accumule la neige. Et 1300 mètres plus bas, je me retourne pour contempler la descente; monter et skier un volcan est une expérience unique.

Outre le volcan Lonquimay, plusieurs autres options s’offrent sur les montagnes autour de la station de ski Corralco, que ce soit en sous-bois à travers les araucarias – ces conifères emblématiques de la région de l’Araucanie – ou en environnement alpin. Parmi les options intéressantes se trouve le Cerro Cautin (une crête juste à côté de la station de ski) et, à l’arrière de celui-ci, un vaste secteur qui se nomme la Valle Pehuenche – lieu jadis secret des Mapuches, une tribu autochtone du sud du Chili.

J’ai exploré la Valle Pehuenche avec Andrea. On y trouve plusieurs descentes allant de niveau intermédiaire à expert, s’étalant sur un dénivelé d’environ 600 mètres et se terminant pour la plupart avec des virages entre les araucarias. J’ai vraiment adoré cet endroit pour me réfugier lors des journées venteuses, où la neige reste de belle qualité.

Le village de Malalcahuello

Près de Corralco, le village de Malalcahuello est un excellent endroit pour mettre pied-à-terre et profiter de cette région où le climat humide favorise un enneigement abondant et fréquent, bon an mal an. C’est le point de départ pour se lancer dans l’exploration des Andes du sud chilien et, particulièrement, de ses volcans; c’est aussi une excellente façon de s’exiler des luxueux et très chers resorts touristiques près de Santiago, afin de vivre une immersion dans la culture chilienne.

Signe du développement d’une culture backcountry dans ce coin de pays, plusieurs auberges et magasins d’équipement de ski voient le jour depuis quelques années. Aussi, l’agence Isoterma Cero (www.facebook.com/isoterma.cero/) guide les skieurs dans la découverte des environs de Malalcahuello et propose des tours sur les volcans ou de petites randonnées en ski dans les forêts d’araucarias, avec descentes à la clé.

Et la tempête fit…

À ma quatrième journée dans la région, une brève mais intense tempête (comme c’est la norme dans le coin) m’oblige à prendre une demi-journée de congé de ski. En effet, après un avant-midi à skier la station Corralco dans une relative visibilité, j’ai abdiqué à la suite d’un texto d’Andrea m’invitant à un petit party dans les termes suivi d’un BBQ avec ses amis. Lorsque c’est la tempête à la montagne, vaut mieux profiter de ce que le Chili a d’autre à offrir.

Après une bonne heure à relaxer aux termes de Canon del blanco (http://www.canondelblanco.cl/) sous la pluie, nous passons au vin et aux grillades. Pendant que nous mangeons et buvons en nous racontant nos meilleures aventures de ski, les centimètres s’accumulent dans les hauteurs à la faveur de la nuit.

Au réveil, les résidus de la tempête laissent tranquillement place au ciel bleu et au soleil. Comme il ne me reste qu’une demi-journée à passer à Corralco, je décide donc de profiter de la poudreuse en station. Avec ses 850 mètres de dénivelé, son large terrain de jeu, ses accumulations neigeuses fréquentes et son faible achalandage, Corralco a de quoi satisfaire n’importe quel skieur avide de poudreuse. Et de fait, Andrea et moi laissons à chaque descente nos traces sur les immenses champs blancs et dans les demi-lunes modelées naturellement par les coulées de lave, remplis de neige poudreuse.

Le paysage hivernal, avec les araucarias enneigés, est la vue qu’offre la route menant à la station de ski Corralco.

Andrea profite de la poudreuse à Corralco après la tempête.

Quitter le paradis…

En m’éloignant sur la route, je jette un dernier regard sur le volcan et les montagnes environnantes. Pas étonnant qu’Andrea et une poignée d’autres skieurs chiliens aient choisi cette région pour se développer dans le backcountry. L’endroit est un paradis enneigé, les options sont infinies, on peut y skier entre les arbres – chose rare au Chili – et, aspect d’autant plus intéressant, cette région reste peu fréquentée par les touristes. Bref, c’est le terreau rêvé pour la nouvelle génération de skieurs backcountry du Chili… et pour les aventuriers qui, comme moi, prennent la peine de s’y arrêter.

Pour plus d’information:

Corralco Resort de Montaña:
www.corralco.com / https://www.facebook.com/Corralco/?fref=ts

Portail de Malalcahuello:
http://malalcahuellochile.com/

À lire aussi: Réussir son immersion chilienne, sept items à apporter avec vos skis.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Pierre Pinsonnault

Son intérêt pour la nature et le grand air se décline en deux principales activités : le ski alpin (sa grande passion) et la randonnée en montagne. Rédacteur professionnel dans la vie de tous les jours, et prenant un malin plaisir à photographier les paysages d’hiver et les skieurs lorsqu'il pratique son sport de prédilection, Pierre aime écrire sur le ski et partager ses expériences, photos à l’appui.

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