En images: Sommet Saint-Sauveur, 27 novembre

À l’ouverture, nous ne sommes qu’une poignée d’irréductibles Gaulois à affronter la pluie fine. Deux heures plus tard, un bon nombre de visiteurs auront quitté sous l’emprise des vêtements détrempés et de la neige collante. Pendant ce temps, des renforts arrivent afin de les remplacer. Avec un peu de détermination, la glisse est de bonne qualité.

La neige est lourde. Si on s’en tient aux sections de pistes les plus skiées, la surface est tapée et elle permet d’éviter de se battre avec son équilibre avant-arrière. Il faut dire qu’environ 5 centimètres de neige sont tombés après le damage. Il s’agit de maigres centimètres qui, pourtant, défient le skieur distrait. On recherche les pentes plus inclinées afin de surmonter l’inertie causée par la neige bien imbibée d’eau.

La Nordique n’a pas été damée. Cela serait normalement un fabuleux trésor. Sauf qu’aujourd’hui, ce n’est pas “normalement”! Pour bien saisir le degré de résistance de la neige, on visualise du sucre à la crème qui n’a pas pris, et on skie DEDANS! Pas dessus… La piste reste très peu achalandée pour cause de cuisses en feu et de virages à haut degré de friction!

Résidant à l’ouest de Montréal et désirant devancer le trafic (les éternels travaux de réparation…) du pont de l’Ile aux Tourtes, j’arrive très tôt à la station. Avant même l’employée qui allumera l’éclairage! L’organisation des Sommets est accueillante et on me laisse volontiers patienter seul en lisant La Presse sur mon appareil. P.S: On doit laisser nos sacs et bottes au sous-sol, et non dans la cafétéria.

Le temps se résume simplement: pluie, bruine, brouillard, absence de vent, neige mouillée. Malgré tout, c’est une belle journée de glisse avec ses défis et sa dose de douceur. Et d’humidité. À ce sujet, la bavette de fesses, malgré le look si peu sexy qu’elle confère, est de rigueur. Goretex ou pas, une fois assis dans l’eau durant les remontées le derrière s’imbibe!

La patrouille a du pain sur la planche. Les clôtures à neige sont partiellement recouvertes de nouvelle neige (naturelle!) et il faut les dégager, car le gel arrivera en soirée. Si elles sont laissées ainsi on ne pourra plus les déplacer avant le mois de mai. Une petite pensée spéciale pour les patrouilleurs, eux et elles qui affrontent froid, vent… et pluie sans rechigner et qui n’ont pas le loisir de quitter à 11h quand le temps est mauvais.

La colle blanche. À chaque descente, je me dis que je devrais aller à l’atelier pour faire cirer mes skis. Ils adhèrent à la neige comme de l’époxy! Campé tant bien que mal sur mes télémarks, je trouve le moyen de culbuter par dessus mes skis sous l’effet de la succion de la neige. Je remonte même une partie de la Nordique sans effort, en ligne droite et sans… peaux d’ascension. Et ce, dans la ligne de pente!

Au bout du compte, on s’amuse bien. Il faut juste accepter de travailler un peu plus fort que d’habitude à ce temps-ci de l’année. De plus, considérant qu’il n’y a pas de neige au sud de St-Jérôme on peut se compter chanceux de skier sur tant de neige.

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Patrick Teasdale aime beaucoup jouer dehors. Télémarkeur depuis longtemps, il explore maintenant les possibilités du ski de randonnée alpine. Il troque volontiers sa pagaie groenlandaise ou ses skis pour une tasse d'excellent thé vert japonais. Un brin poète et idéaliste, il ne demande qu'à être émerveillé par une trouée de lumière, un chant d'oiseau ou une lame de neige. Il aime soigner ses chroniques et ses photos.