Le centre de plein-air de Cap-Chat est situé dans la région de la Haute-Gaspésie et est qualifié de centre de ski pour skieurs de niveau avancé. En effet, des pentes soutenues et relativement abruptes offrent des descentes grisantes. Trois sous-bois ainsi qu’un parc à neige permettant de dévaler l’ensemble du dénivelé de la station vous sont aussi offerts, afin d’ajouter un petit plus au défi que représente le domaine de ski. Si vous aimez le soleil, vous serez servi car il s’agit d’un versant sud. De même, si vous n’aimez pas le vent, vous serez ravi de savoir que les contreforts montagneux des Appalaches offrent une bonne protection, en plus d’éviter que la neige fraîche ne soit balayée des pentes. Mais ce n’est pas tout: la cerise sur le sundae est la vue imprenable que l’on a sur les Chics-Chocs qui se dressent devant nous lors des descentes. 

Le centre de plein-air est géré par un conseil d’administration bénévole, ce qui fait qu’il est géré indépendamment de la municipalité. L’équipe de patrouille de ski est également bénévole. En ce qui a trait au financement, les passes de saison et la vente à l’unité de laisser-passer pour les diverses activités y jouent pour beaucoup. Par contre, devant faire face à des dépenses parfois très onéreuses reliées à l’entretien des infrastructures et de la machinerie de même qu’aux assurances, la ville de Cap-Chat, vient donner un petit coup de pouce au centre via une enveloppe budgétaire qui lui est consacrée.

La plus grande fierté des gens de la station, c’est le défi qu’offrent les pistes de la montagne: leurs pentes le comportent aucun replat et il s’agit d’une descente constante, de haut en bas. La glissade  sur tubes est très prisée pour les jeunes familles et les après-midis de week-end sont « noirs de monde ». Les ados adorent leur parc à neige, qui offre plusieurs modules en série. Mais surtout, au centre de ski, personne n’est un numéro. L’ambiance y est très chaleureuse et tout le monde parle à tout le monde. Les parents qui y laissent leurs enfants pour la journée le font en toute quiétude, car ils savent qu’il y aura toujours quelqu’un en cas de besoin. Finalement, advenant qu’un parent tarde à venir chercher son enfant en fin de journée, il y aura toujours quelqu’un pour attendre à la station.

Le plus grand défi est la difficulté à recruter des employés bénévoles pour administrer la station. Les finances ne permettent pas de payer tout ceux qui y œuvrent, il faut donc être prêt à assumer les responsabilités d’un centre de ski sans le salaire. Le second défi demeure le financement: les dépenses parfois très élevées et les revenus plus difficiles à aller chercher engendrent des budgets qui sont légèrement déficitaires, raison pour laquelle la ville de Cap-Chat y apporte son coup de pouce. Lorsque vient de temps d’entreprendre des travaux majeurs, il faut parfois avoir recours à des astuces. Par exemple, lorsqu’ils ont du moderniser le système d’éclairage, la station a pu obtenir une entente afin de récupérer les anciens poteaux d’une ligne électrique qui allait être changée. 

Pour l’avenir, le centre de plein-air est là pour rester, à condition que la station puisse continuer à recruter des bénévoles, développer des partenariats et faire preuve de créativité lors d’investissements majeurs afin de réduire les coûts qui y sont reliés. La fréquentation de la station est stable et enregistre même une légère hausse. Il n’est pas rare de voir le stationnement plein à craquer lors de journées ensoleillées. Le Centre de plein-air répond hors de tout doute à un besoin de la population locale de sortir dehors et de bouger au cours de l’hiver. 

Remerciements spéciaux à Bernard Lemieux, président du conseil d’administration du Centre de Plein-air de Cap-Chat, pour nous avoir accordé cette entrevue.