Située à Arntfield, cette station est celle qui est située le plus à l’ouest dans la province de Québec, à mi-chemin entre l’ouest de l’Abitibi, le Témiscamingue et le nord-est de l’Ontario. C’est justement ces régions qu’elle va desservir; l’agglomération la plus importante située à proximité est la ville de Rouyn-Noranda, ainsi que la ville de La Sarre. 

Nous avons discuté avec Daniel Desjardins, directeur général de la station, et dès le départ il nous a brossé un portrait général de la région où est situé le mont Kanasuta. Afin de comprendre la dynamique qui l’anime, il faut être en mesure de prendre le pouls de la région dans laquelle elle baigne. 

La gestion d’une station en région demeure toujours un défi à tout instant: il faut savoir travailler avec des budgets serrés, devoir parfois faire face à une clientèle qui peut diminuer selon les saisons ou être en mesure de prendre des décisions importantes très rapidement face à un aléa.

Par exemple, une petite station locale dispose souvent de revenus limités et cela peut devenir un obstacle à son exploitation. Il faut donc savoir faire preuve d’ingéniosité et de leadership afin de trouver des partenaires (comme la municipalité de Rouyn-Noranda) ou des commanditaires afin de pallier à cette problématique.

Deuxièmement, c’est au cours des années 1980 que la station a connu les affluences les plus importantes. Depuis cet âge d’or, pour des raisons démographiques, cette affluence a sensiblement fléchi. Une baisse d’affluence est toujours synonyme de baisse de profits, il devient donc nécessaire de savoir réduire les coûts d’opération sans réduire la qualité des services ou de trouver des solutions pour aller chercher de nouvelles clientèles. À cet effet, une des deux arbalètes montant au sommet a été désinstallée. Ainsi, de nos jours, une arbalète et un télésiège quadruple Samson nous permettent d’accéder au sommet de la montagne. En ce qui a trait à la recherche de nouveaux skieurs, les différentes écoles des environs viennent profiter d’une journée en plein air au mont Kanasuta. Une excellente occasion de faire connaître cette activité et d’intégrer la pratique du sport à l’école. 

Parmi les grands défis à relever, la station a, comme sa voisine le mont Vidéo, traveresé l’épreuve de l’incendie de son chalet en 2005, suite à du vandalisme. Cet événement n’a heureusement pas compromis la viabilité de son exploitation. Un chapiteau de toile avait même été loué en toute urgence afin de servir de chalet temporaire.

Malgré ces difficultés rencontrées, cela n’a pas empêché de réaliser divers projets au cours des dernières années. La construction d’un nouveau chalet était inévitable. L’aménagement de deux parcs à neige, dont un très grand faisant presque toute la dénivellation de la montagne, contribue à la vie de la station. Bien sûr, ces parcs à neige sont modifiés à chaque saison, afin de toujours offrir du nouveau aux jeunes skieurs et planchistes qui les fréquentent. Plusieurs nouveaux sous-bois ont été défrichés, dont un extrême au sommet de la montagne. Cette extension du domaine skiable a permis d’augmenter le nombre de pistes jusqu’à 20.

Une bonne diversité de difficultés de pistes est offerte, tant pour le skieur débutant, intermédiaire ou expert. Le sommet qui est plutôt abrupt permet d’y offrir de pistes classées doubles noires. Le bas des pentes offre aussi une finale plutôt pentue. Les infrastructures et les remontées mécaniques sont bien entretenues, ce qui permet d’en garantir leur bon état de marche. Les hivers de la région sont ponctués de peu ou pas de dégels, de qui permet d’y conserver une excellente qualité de glisse et c’est sans compter la fabrication de neige en début de saison afin de constituer un bon fond neigeux.

Combiné à une conjoncture économique prospère en Abitibi, ces éléments font en sorte que l’affluence à la station est stable, tout comme le nombre d’abonnements. Le mont Kanasuta célèbre cette année ses 50 ans d’opération et est prêt à continuer pour plusieurs autres saisons avec d’autres projets à venir.