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Japon: les pieds dans la neige sous un cherryblossom!

12 novembre 2015 | Récit de voyage, par Véronique Lépine
Photos V. Lépine et G. La Brie

En avril 2015, nous sommes allés à Tokyo en voyage professionnel et nous avons réalisé que le ski y était encore possible. Après 5 jours, on s’est donc sauvé en Shinkansen, le train grande vitesse, vers Yuzawa dans la région de Niigata. Sa proximité avec la ville -on y est en deux heures- la rend accessible, même en voyage aller-retour d’une journée. Nous avons cependant préféré prévoir deux jours consécutifs sur les lieux pour bien apprivoiser le terrain et voir du pays.

À proximité la gare de Gala-Yuzawa se trouve le mont Gala, un petit domaine skiable en plein cœur de la ville, ce qui est assez particulier. Bien que ce domaine ne semble pas dépourvu d’intérêt, il est tentant de s’éloigner davantage vers les montages plus imposantes. En effet, on peut accéder facilement aux Monts Naeba, Kagura et Mitsumata par autobus, trois stations reliées entre elles par des télécabines et remontées communes.

De la route, en arrivant à la base du Mont Naeba, on contourne l’imposant Prince Hotel, pouvant loger 1242 personnes, ce qui démontre bien l’engouement que peut susciter le secteur à certaines périodes de l’année! Toutefois, rien ne vous oblige à choisir cette option un peu tape-à-l’oeil si vous vous rendez dans cette région. Il est probablement plus dépaysant, intéressant et moins cher d’aller dans un petit Riokan, ce genre d’ auberge typique du Japon possédant des chambre très zen où le sol est généralement couvert de tapis en paille de riz et où le soir venu, on déroule les futons pour la nuit.

Pour ce qui est de la neige, le Japon en offre beaucoup, mais le pays ayant bénéficié d’un soleil abondant en avril, il ne restait que le Mont Kagura d’ouvert lors de notre passage. Sur le parcours en autobus nous menant vers cette montagne, quelques Tokioïtes fanatiques de snowboard étaient aussi à bord, ce qui nous indiquait que nous étions sur le bon trajet. Déjà le voyage en valait la peine, on pouvait contempler les cerisiers en fleurs et la végétation déjà très verdoyantes. Aux termes de tous les virages en épingles, on a pu apercevoir quelques pics enneigés, mais sans plus, ce qui nous faisait craindre un peu pour le ski. Toutefois, à voir le nombre de voitures garées dans le stationnement, on s’est dit qu’il devait probablement y avoir de quoi s’amuser tout là haut et on a repris confiance.

Avant de s’attaquer à la montagne, nous devions aller faire notre check-in matinal à notre hôtel, car nous y avions aussi réservé notre équipement. Pour un prix manifestement modique, 15 $ CAN pour la planche et les bottes, pourquoi transporter son équipement depuis le Canada? En station, les prix pour la location d’un ensemble sont en moyenne 40$, plutôt honnête. Et ne croyez pas que l’équipement puisse être en mauvais état, les Japonais sont extrêmement minutieux et l’assurance d’avoir un équipement bien entretenu est une garantie absolue, contrairement à ce que nous avons pu voir par exemple en Amériques du Sud où on peut vous louer de l’équipement vieux et inconfortable, qui transformera votre journée un enfer.

Étant donné que la saison tirait à sa fin, nous étions les seuls clients du Ryokan et ils nous ont tout de même offert le service gratuit de navette vers la montagne. Donc, après une conversation approximative English/Japanese avec la propriétaire par le biais d’une application de son téléphone intelligent, nous avons réussi à obtenir les informations nécessaires pour prévoir nos deux jours de skis. Quelques minutes plus tard, nous sommes enfin arrivés au pied de la montagne, où nous avons emprunté la télécabine Mitsumata Ropeway, la première des cinq remontées qui nous mènera au sommet.

En 45 minutes (sans aucune attente) nous étions au sommet, situé à 1845 m. Bien entendu, la neige était printanière, bien transformés et le soleil chauffait, mais c’était très agréable de vivre l’expérience du ski au Japon. En tentant de déchiffrer la carte des pistes, on s’est vite rendu compte qu’il valait mieux suivre discrètement des habitués! C’est en les prenant en filature, même jusqu’à aller dans une piste fermée, ce qui s’est avéré être une bonne option, que nous avons pu profiter de belles descentes car il y avait de bonnes inclinaisons et beaucoup moins de monde que dans les grands boulevards.

Nous avons également fait connaissance avec de longs parcours très populaires appelés moguls bahn: ce sont de longues lignes de bosses profondes sur plus de 200m où on se doit d’être précis et faire des virages serrés. Disons qu’il faut avoir les jambes solides pour faire le parcours au complet et qu’il est difficile de sortir de là; on retrouve plusieurs corridors de ce genre un peu partout en montagne.

Le secteur hors-piste était toujours ouvert, l’entrée surveillée par un gardien qui prenait les coordonnées et les décharges des randonneurs désirant se rendre tout en haut. Après évaluation et réflexion, nous avons conclu qu’avec les conditions de neige du moment, on y aurait perdu beaucoup de temps pour rien. Il était de toute façon possible de descendre dans les pistes juste à coté du domaine hors-piste, celles-ci étant presque identiques à la zone plus éloignée. Il y avait d’immenses trous à la base des arbres qui prouvaient l’épaisseur de la surface de neige, c’était impressionnant! Même si les dangers ne sont pas les mêmes qu’en plein hiver, il fallait éviter ces énormes trous en zig-zaguant prudemment entre les pins. Au détour des longs virages, en admirant les paysages majestueux, on réalise qu’on a tellement de la chance d’être là!

Pour dîner nous avons, comme les gens de la place, mangé notre ramen dans un gobelet de styromousse en aspirant bruyamment les nouilles comme les locaux dans la roulotte-salle de lunch au milieu de la montagne. On s’est fait un ami japonais qui tenait vraiment à ce qu’on mange avec lui et ses amis septuagénaires. La journée a passé trop vite, si bien qu’à 16h00 lorsqu’on a entendu un message sur l’interphone de la montagne, nous n’en avons pas trop fait de cas, puisque nous savions que la montagne ne fermait qu’à 17h. Nous avons eu un doute lorsque nous avons vu des groupes d’adolescents sortir du snowpark pour se diriger vers les pistes en direction de la base. Alors nous sommes descendus, parfois en pédalant car la neige collait, et le paysage était tout aussi magnifique en descendant. Nous avons bien fait d’emboiter le pas aux jeunes car effectivement, la montagne fermait à 17h mais il fallait compter entre 45 et 60 minutes pour revenir au stationnement!

Arrivés en bas, nous avions prévu un peu de temps pour l’après-ski avant que notre navette exclusive ne vienne nous chercher. Toutefois, mis à part quelques boutiques de location et des petites roulottes de chantier où l’on peut acheter bière et nourriture, les installations étaient minimales. Comme il n’y a pas vraiment de restaurants ou bars sur place, après avoir passé leurs équipements à la douche -oui, tout le monde s’empresse d’y faire la file- les japonais semblent prendre la direction stationnement pour prendre une bière sur une des chaises pliantes près de leurs voitures et nous avons fait comme eux.

Après deux grandes journées de ski, nous avons eu un très bon aperçu de ce que doit être cette montagne en haute saison. L’équipement en location et en vente n’est que de l’équipement de poudreuse et les Japonais rencontrés sont unanimes, c’est une superbe station où l’on peut être assurés de quantité Incroyables de poudreuse avec une moyenne de 12 à 15 mètres par année. De plus, Kagura offre de tous les niveaux de pistes, elle est à proximité de Tokyo, les paysages sont magnifiques, il y a de la poudreuse et son ski de printemps s’étend jusqu’à la fin mai. Alors, qui est déjà en train de regarder les billets d’avion?

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Véronique Lépine
Maman, artiste, travailleuse culturelle, en passant par aide bibliothécaire pour la Ville de Montréal, l'hiver c'est surtout la snowboardeuse qui prend le dessus afin d'aller dénicher la plus belle neige, au Québec ou à l'étranger. Sa mission, découvrir des nouvelles montagnes, prendre des images et partager sa passion pour la planche à neige car il y a toujours un hiver en cours sur la planète!