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La Haute-Savoie en 8 jours, première partie

2 novembre 2016 | Récit de voyage, par James Michaud
Photos James Michaud

À la suite de ma visite réussie dans la région autrichienne de Vorarlberg l’hiver dernier, j’avais envie d’explorer une région francophone pendant la saison 2015-16, mais laquelle? Il y en a tellement! Si vous vous rappelez, en 2014 j’ai fait mon premier voyage dans les Alpes françaises, aux Portes du Soleil – un circuit immense qui m’avait complètement emballé. Par contre, il est tellement grand qu’au bout d’une semaine j’avais l’impression d’avoir à peine effleuré la surface. De plus, en regardant la carte, on voit bien d’autres régions de ski intrigantes et gigantesques à proximité. 

Au lieu de rester dans un endroit et de rayonner autour (une très bonne stratégie d’ailleurs), j’ai décidé cette fois-ci de faire une grande virée en voiture à travers les régions de ski de la Haute-Savoie en effectuant des arrêts de deux jours dans quatre régions différentes: la Vallée d’Abondance, le Massif des Aravis, l’Évasion Mont Blanc, et l’Espace Diamant. Ce qu’elles avaient en commun à part de fournir des grandes étendues de terrainc’est de contenir des petits villages tranquilles, charmants, et traditionnels comme je les aime!

Bien sûr, il y a toujours des avantages et des inconvénients avec ce genre de visite. L’atout principal, c’est de pouvoir faire la connaissance de pas mal de stations de ski dans l’espace de huit jours: un menu dégustation! L’inconvénient, c’est qu’on est obligé de changer de quartier général tous deux jours, ce qui est évidemment moins reposant. Enfin, on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs, alors Haute-Savoie nous voilà!

 JOURS 1 & 2: Vallée d’Abondance (QG: Châtel)
Comme je l’avais appris il y a deux ans, avec des vols de nuit directs depuis New York,  Boston, ou Montréal, il est possible pour les habitants du nord-est de notre continent d’établir un itinéraire à destination de Genève ou de Zurich comprenant moins de défis logistiques que pour aller à l’ouest du Canada. L’aéroport de Genève Cointrin est pratique et parfaitement équipé pour accueillir des centaines de touristes du ski en même temps. Aussi, c’est incroyable de constater le nombre de grands domaines de ski qui existent à proximité!

Après avoir récupéré mes bagages et loué une voiture (une Peugeot, avec boîte manuelle il va sans dire), je suis arrivé à Châtel en milieu de matinée. Avec environ 1 200 habitants, Châtel est peut-être petit mais il est le village le plus animé de toutes les Portes du Soleil avec un centre-ville charmant bourré de restos, de bars et de magasins, de même qu’un cinéma et un grand parc aquatique. Plus important pour les skieurs, Châtel est mieux connecté au circuit intégral – c’est-à-dire les secteurs Avoriaz, Barbassone, et les très belles pentes suisses orientées au sud avec une vue imprenable des Dents du Midi – que l’autre bout du circuit, Les Gets et Morzine, où j’avais logé il y a deux ans.

À propos, si vous voulez savoir la taille exacte des Portes du Soleil, essayez cette interface développée par une agence de marketing britannique, French Ski Area Over My Town, ce qui vous permet de comparer les plus grandes régions de ski françaises avec une région qu’on connait déjà bien.

Après un repas délicieux en plein air au pied du secteur Pré-la-Joux au resto La Perdrix Blanche, j’ai passé tout l’après-midi à dévaler les pentes locales avec un gars du coin qui est instructeur de l’ESF en hiver et guide de parapente le reste de l’année. Belle vie, non ? Bien que les conditions ce jour-là n’étaient pas très bonnes à cause d’un cycle de dégel-gel qui avait rendu la neige plutôt durcie, c’était tout de même amusant de traverser de grandes distances en ski, d’admirer le paysage impressionnant, et de boire un café dans un refuge charmant en haut des pistes. Ah, les Alpes!

Outre le fait qu’il est un village très sympa avec l’architecture traditionnelle, le grand avantage de Châtel est qu’il fait partie de la Vallée d’Abondance dont l’agriculture joue un rôle important: plus de 30 fermes en exploitation avec pas mal de vaches! Elles sont omniprésentes dans la culture alors j’en ai profité pour visiter une fromagerie où j’ai appris comment on fabrique le fromage local célèbre et j’ai fait la connaissance des bovins travailleurs, tous avec l’empreinte “lunettes” autour des yeux.

Autre fait à noter: presque tout de suite après mon arrivée j’ai beaucoup entendu l’accent québécois dans le village. La raison, c’est que les détenteurs de passe de ski de Tremblant peuvent skier gratis le secteur local de Châtel (49 pistes d’une longueur totale d’environ 83km) grâce à une entente qui existe depuis 2012. Les étudiants tremblantois peuvent aussi y faire un stage d’été en tourisme ou en loisirs. Une belle occasion!

JOURS 3 & 4: Le Massif Des Aravis (QG: Grand Bornand)

Très tôt lundi matin, j’ai dû retourner à Genève pour aller chercher ma femme à l’aéroport. Cela n’a pris qu’une petite heure de voiture vers le sud pour nous rendre au Massif d’Aravis à 25 kilomètres du lac d’Annecy, qui abrite la station de ski renommée La Clusaz ainsi que le Grand Bornand: notre station cible ce jour-là. Situé autour d’une belle place avec une église du XVIIIe siècle, le charmant village classique ne donne pas l’impression d’avoir été colonisé par les anglais, russes, ou hollandais comme pas mal d’autres complexes touristiques dans les Alpes francophones. Il garde fièrement ses racines françaises et sa vie agricole (avec un super marché fermier tous les mercredis matins).

Lors de notre arrivée, le temps était plutôt moche, mais au pied de la station de ski, les nuages se sont dissipés et le soleil s’est enfin montré: parfait timing! Là, nous avons fait la connaissance d’un moniteur qui a offert de nous faire découvrir la montagne avant sa prochaine leçon. Bien que le Massif des Aravis avait reçu beaucoup de pluie le jour précédent, toute cette précipitation a transformé la neige du Grand Bornand en sucre léger comme aux premiers jours du printemps: aucune plaque glacée, aucune croûte de neige. Nous avons eu l’impression d’être transportés au début d’avril!

Avec ses 90km de pistes, Grand Bo s’est révélée être une belle station de taille moyenne pour les Alpes mais tout de même impressionnante pour nous nord-américains! La grande majorité du terrain autour du Mont Lachat est classée de calibre intermédiaire – très plaisant pour ma femme qui n’était pas prête pour un gros défi à cause du décalage horaire – et surtout bien adaptée pour l’enseignement du ski. Avec un peu d’exploration nous avons tout de même trouvé plusieurs descentes plus raides. Bien que La Clusaz, à dix minutes en voiture de là, soit plus connue mondialement pour de bonnes raisons, nous avons conclu que l’ambiance familiale décontractée, le très beau panorama au sommet, aussi bien que les pistes vallonnées de Grand Bornand méritent au moins un jour de visite.

Le lendemain, nous avons eu enfin l’occasion de visiter La Clusaz, destination prestigieuse qui m’intéressait depuis longtemps en partie grâce au video notoire de Candide Thovex, originaire d’Annecy: One Of Those Days. Selon la sagesse populaire, l’intérêt de skier à La Clusaz est que le domaine est composé de cinq stations différentes reliées, chacune avec son propre créneau pour tous les niveaux. Malheureusement, nous n’avons eu qu’un jour pour visiter l’ensemble, ce qui ne nous a pas permis de faire plus qu’un rapide survol de ses 132km de pistes très variées où depuis 1984, 18 coupes du monde et un championnat du monde se sont déroulés.

Pour commencer, on s’est échauffé avec plusieurs belles descentes ensoleillées bordées d’arbres sur le plateau de Beauregard, juste au-dessus du centre de La Clusaz, avant de rejoindre la station voisine de Manigod qui se prête bien aux familles et aux débutants. Ensuite, on a continué vers le Massif de l’Etale, isolé à l’arrière de la station où malheureusement les nuages élevés ont produit l’effet “flat light” en effaçant les reliefs, ce qui était dommage étant donné le paysage merveilleux autour de nous. Le secteur Massif de l’Aiguille, situé au-dessus du centre du village avec 1 100 mètres de dénivelé jusqu’à la station, nous a impressionné avec ses grands espaces.

Enfin, nous sommes arrivés à mon nouveau coup de coeur, le Massif de Balme, à l’autre extrémité du domaine, aussi bien au niveau du terrain que géographiquement. C’est là que Candide a perfectionné sa technique et où il a tourné “One of Those Days” (maintenant une série de trois volets). Le sommet desservi par le téléski culmine à 2 500m d’altitude et dispose de 1 400m de dénivelé sans faux plats: incroyable! Les conditions de neige ce jour-là n’étaient pas optimales pour s’aventurer loin des pentes damées mais nous pouvions tout de même envisager les possibilités de ski hors-piste illimitées. Nous avons bien compris pourquoi ce secteur est devenu au fil des années un lieu de pèlerinage pour les experts.

Il faut aussi mentionner les superbes repas qu’on a savourés ce jour-là. En début d’après-midi, nous avons diné au Télémark Café sur une terrasse de bois qui donne sur le bas de la station. Notre escapade clusazienne s’est terminée dans le village agréable et dépaysant avec un souper incontournable à La Scierie – un restaurant parfait pour les couples avec son ambiance rustique et sa cuisine formidable.

Lisez la suite de mon périple ici: « La Haute-Savoie en 8 jours, deuxième partie ».

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À PROPOS DE L'AUTEUR

James Michaud
Spécialiste de marketing, James est un skieur américain qui a vécu un peu partout: Berlin, Nice, Boulder, Albuquerque, Chicago, Montréal, New York City/New Jersey. Il croise l'Amérique du Nord et les Alpes en quête d'expériences montagnardes uniques, surtout les stations de ski loin des sentiers battus. Il se passionne non seulement pour la poudreuse, mais aussi pour la culture des endroits qu'il visite.