Tel que mentionné dans ma prévision saisonnière sur mon blogue de météo, le phénomène El Nino bat son plein dans le Pacifique et il risque fort de l’intensifier aux cours des prochains mois. Qu’est-ce que ce phénomène exactement et comment influence-t-il le climat de nos régions ? Voilà les questions auxquelles je tenterai de répondre simplement dans ce nouvel article de la météo expliquée.

Voici ce à quoi ressemble normalement la distribution des zones de température dans le Pacifique.

On voit sur cette figure que les températures les plus chaudes se retrouvent normalement sur le bassin Ouest du Pacifique, au niveau de l’équateur. En situation neutre, les régions de l’Océanie, sous l’influence de l’eau chaude, voit de fréquents orages et des systèmes de basse pression causés par le soulèvement de l’air, l’air chaud étant plus léger que l’air froid.

Cette situation génère des vents d’est sur l’ensemble du Pacifique équatorial qui ont pour effet de maintenir ces eaux chaudes bien en place sur l’ouest du Pacifique. Ces vents favorisent également une légère remontée des eaux lourdes et froides vers la surface, à la hauteur des côtes de l’Amérique du sud. La présence de ces eaux froides contribue à maintenir l’équilibre entre les échanges océaniques et atmosphériques, en générant une haute pression à cet endroit.

Pour des raisons quelque peu inconnues, tous les 4 à 7 ans, en moyenne, ce système se trouve perturbé. Les vents d’est, principal courroie de transmission, faiblissent et ne permettent plus de retenir la masse d’eau chaude sur l’ouest du Pacifique. Il en résulte une lente dérive de ces eaux chaudes vers le centre du Pacifique et ultimement vers l’est de celui-ci donnant naissance au phénomène El Nino proprement dit.

En situation El Nino, des eaux anormalement chaudes affectent le centre et l’est du Pacifique. Cela a pour effet de générer davantage de convection sur l’est du Pacifique. La basse pression ainsi créée inverse en partie les vents dominants qui ont pour effet de pousser encore plus vers l’est les eaux chaudes. De plus, l’apport d’eau froide en provenance du fond marin se trouve coupé ce qui a pour effet d’amplifier le réchauffement des eaux de surface.

Un El Nino dure généralement de quelques mois à 2 ans. Sa durée moyenne est de 18 mois. Lors d’un El Nino, toute la circulation planétaire se trouve perturbée étant donné l’importance du Pacifique sur la régularisation du climat. Chez nous, El Nino a généralement peu d’impact. Toutefois, selon sa force, ses effets peuvent se faire sentir de manière plus importante.

Tel que présenté sur cette image, un El Nino amène des températures au-dessus de la normale sur l’ouest du Canada. Compte tenu de la différence de températures, ses effets se font plus sentir pendant les mois d’hiver. Aussi, l’air plus doux aura tendance à rejoindre davantage l’est du continent lors d’épisodes intenses comme ce qui est anticipé d’ici la fin de l’année.

Avec un peu de chance, nous pouvons donc nous attendre à voir le mercure passer légèrement au-dessus des normales aux cours des prochains mois et pourquoi pas pour tout l’hiver prochain. Ne l’avons-nous pas mérité ?

Cet article est tiré du blogue de météo d’Éric Chatigny, il a été originalement publié le 2 juillet 2015