Alors que s’amorce l’automne, tous les indices laissent entrevoir un épisode de La Niña pour les prochains mois et pour l’hiver à venir. Il faudra donc suivre l’évolution de celui-ci afin de mesurer son impact sur notre saison hivernale 2021-2022.

Souvent surnommée la petite sœur d’El Niño, La Niña est un phénomène océanographique se déroulant au niveau des eaux équatoriales du Pacifique est et qui perturbe, tout comme son frère, mais dans une moins grande mesure, les conditions climatiques du globe. Voici donc une explication plus précise de ce phénomène ainsi que de ses effets, particulièrement ceux sur le continent nord-américain.

Source: MétéoMédia

La Niña se caractérise principalement par une remontée des eaux froides du fond marin vers la surface au niveau de la côte ouest du Pérou. La région se retrouve alors dans une anomalie thermique, c’est-à-dire que la température de l’eau y est plus froide que la normale. Une zone de haute pression s’y forme tandis qu’une zone de basse pression se développe à l’opposé sur le Pacifique ouest. Cela a pour effet d’accentuer les vents dominants et du même coup le déplacement des masses d’eau.

Localement, ce phénomène crée des conditions plus froides et sèches sur la côte ouest de l’Amérique du sud ainsi que des conditions plus chaudes et humides en Indonésie. Toutefois, ce dérèglement de l’oscillation australe (circulation atmosphérique du Pacifique sud) a des répercussions sur toute la planète.

Au niveau de l’Atlantique, La Niña a pour effet de diminuer les vents en altitude (shear) et ainsi favoriser la formation de tempêtes tropicales. Cela s’est d’ailleurs observé en 2020, alors que certains signes indiquaient un possible retour de La Niña: dès septembre 2020, les tempêtes tropicales étaient nommées selon l’alphabet grec, nomenclature prévue après avoir utilisé les 21 prénoms des listes pré-établies. À titre comparatif, jusqu’à maintenant en 2021, 20 phénomènes ont été nommés, le plus récent étant la tempête tropicale Victor (fin septembre).

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Sur le continent nord-américain, La Niña a tendance à repousser le courant polaire vers le nord au niveau du Pacifique, amenant un écoulement d’air arctique vers le centre du continent et des précipitations plus abondantes sur la côte ouest canadienne ainsi qu’au sud des Grands Lacs. Sur le sud des États-Unis, des conditions chaudes et sèches sont généralement observées. Selon l’ampleur du phénomène, les répercussions sur l’est du continent seront plus ou moins importantes.

De manière plus spécifique au Québec, la Niña favorise généralement en période hivernale une trajectoire des systèmes plus près de la Vallée du St-Laurent. Cela a pour impact d’amener davantage de précipitations et de limiter le nombre d’événements très doux. Par conséquent, nous remarquons habituellement un étirement de la saison blanche, davantage de neige et occasionnellement des vagues de froid plus importantes en quantités ou en ampleur.

Évidemment, il est encore trop tôt pour dessiner un portrait de l’hiver avec des chiffres, comme les températures et accumulations de neige sont toujours un peu plus incertaines en raison de la trajectoire individuelle des différents systèmes. On peut tout de même affirmer que la qualité de la neige reçue, elle, est régulièrement agréable et favorable aux sports d’hiver et ce, à plus forte raison au nord du fleuve et sur l’est de la province. À savoir si cela sera le cas cette année, il faudra encore patienter quelques mois pour le vérifier!