Pas loin de la perfection

Il y avait du soleil, une douce température hivernale, une immense montagne, un bon nombre de pistes ouvertes, une belle qualité de neige damée, du personnel courtois et un achalandage moyen constitué de skieurs sympathiques dont plusieurs avaient le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Mais il est où le problème, me direz-vous ?

Il n’y aurait manqué que la télécabine ! Non pas que je tienne absolument à y mettre le popotin, mais la configuration de la montagne fait en sorte que l’absence prolongée de l’Étoile filante fait mal à la station et à ses clients.

En matinée, il y avait une quinzaine de minutes d’attente à la remontée quadruple à bulles l’Express du sud. Pour se rendre au sommet, il faut ensuite prendre la remontée la Tortue qui est très (trop) lente. D’ailleurs, celle-ci s’est arrêtée une quinzaine de minutes en avant-midi juste avant que j’y embarque. Un opérateur m’a expliqué plus tard que l’arrêt a été causé par la détection d’une torsion dans le câble en raison d’un trop grand nombre de skieurs seuls faisant pencher la chaise d’un côté.

La Panorama Express était en fonction malgré que le secteur expert ne soit pas encore ouvert. Cette option n’était pas très populaire puisqu’il n’y a pas mille itinéraires possibles pour s’y rendre, le plus probable étant de skier le haut du Gros Vallon puis la Traverse.

Sur le versant nord, ça remontait vite et bien via l’Express du nord et l’Échappée.

Voici les seules télécabines qu’on a pu voir aujourd’hui.
Le télésiège la Tortue lors de son arrêt d’une quinzaine de minutes.

Une excellente qualité de neige

Ayant skié aux quatre coins de la montagne, j’ai pas mal fait le tour du propriétaire comme on dit. Constat : de façon générale, les conditions de glisse étaient excellentes. Les seuls endroits où j’ai senti du « trop dur à mon goût » sous mes skis sont dans le haut des pistes du versant nord dès la fin de l’avant-midi et dans le combo Gros Vallon et la Traverse en après-midi.

J’ai bien passé proche skier le sous-bois la Rigolo. Toutefois, comme je m’y élançais, mon regard a croisé une roche qui dépassait de la neige en plein dans la direction de mes skis tout neufs. Je me suis ravisé me disant qu’un jour il neigera bien.

Il y avait des canons à neige un peu partout sur la montagne et la soufflerie était bien active. Des employés étaient à l’oeuvre en vue de l’ouverture prochaine du parc à neige situé sous la remontée La Tortue.

Mon coup de cœur fut la Pichard qui fut un vrai régal à dévaler aux alentours de 11h00.

L’entrée du sous-bois la Rigolo dans des conditions minimales.
On finalise l’entretien du parc situé sous le télésiège La Tortue.

Comme un voyage dans le temps

J’ai souvent entendu dire que le versant ouest était le secret le mieux gardé du Mont Sainte-Anne lorsque vient le temps de fuir les foules. Comme les pistes qui s’y trouvent sont souvent gardées au naturel, j’ai pris le risque d’y mettre les palettes même si la couverture neigeuse est minimale.

Contre toute attente, l’humble skieur intermédiaire que je suis a eu beaucoup de plaisir à descendre la Grande ouest qui était parsemée de petites bosses molles. L’aspect plus sauvage et naturel de ce versant ainsi que la présence du téléski la Corde raide donnent l’impression d’un véritable retour dans le temps. Il ne manquerait que les longs skis de l’époque pour y croire !

La quiétude et le beau paysage du versant ouest.

La zone familiale

Étant père de deux enfants désormais en âge de skier, il me fallait regarder de plus près les installations dédiées à l’apprentissage du ski ainsi que les pistes moins pentues.

Je n’avais jamais remarqué qu’il n’y avait pas qu’un mais deux tapis magiques dans la section pour débuter, l’un étant beaucoup plus court que l’autres pour les plus petits. La pente-école principale – l’Oie blanche – est très douce et offre beaucoup d’espace pour permettre aux débutants de faire leurs premiers virages sans craindre une collision.

J’ai toujours affectionné la piste la Familiale que je ne manque pas de descendre une ou deux fois à chacune de mes visites. Elle représente toutefois un défi de taille pour un skieur qui en serait à ses premières descentes du haut d’une montagne. À moins de vouloir apprendre à la dure, je conseillerais aux néophytes de s’attaquer d’abord à des montagnes moins hautes et plus douces.

Il y a finalement cette piste qui m’avait marqué lors de ma toute première visite au Mont Sainte-Anne aux alentours de 2007 et que j’ai revisité pour la première fois aujourd’hui: le Chemin du Roy. J’ai beau être du genre à aimer les pistes à faible inclinaison, mais pas au point de souhaiter pouvoir libérer mes talons pour faire du ski de randonnée ! Ça donne l’impression qu’il s’agit davantage d’un chemin de travail pour les employés en motoneige qu’une piste de ski. J’ai du « pôler » à plusieurs reprises et ma patience en a pris un coup.

En bref, le Mont Sainte-Anne possède de beaux atouts pour les débutants incluant quelques sous-bois plus relax, à conditions que ceux-ci soient un brin plus téméraires et aventureux que la moyenne.

La pente-école l’Oie blanche.
La Familiale, une piste pour débutant avec quelques défis.

À une remontée mécanique près, j’ai passé une superbe journée. Bon ski et soyons prudents, un vilain virus rôde !