En matière d’offre de domaine skiable, le mont Sutton a toujours misé sur la présence de pistes sinueuses et de ses sous-bois. Dans l’objectif d’y conserver une excellente qualité de glisse, il est de rigueur qu’une fréquence modérée de skieurs puisse les dévaler. Pour y arriver, il était primordial de conserver les télésièges doubles qui avaient été prévus à l’origine. Ils sont tous de marque Mueller et comportent des pylônes à treillis métalliques ainsi que des chaises avec un support au milieu. Bien que ces télésièges aient une allure plutôt rétro, ce qui confère une partie de son charme à la station, elles ne sont pas âgées de plus de dix ans, même pour les plus anciennes.

Comment est-ce possible? D’emblée, il faut préciser que ces télésièges sont inspectés selon des normes très strictes. L’équipe procède à des tests non destructifs tels qu’un test magnétique avec poudre pénétrante, des ultrasons ou des rayons X. Les pièces utilisées pour le remplacement sont toujours d’origine: de cette façon, les chaises Mueller sont maintenant à leur 3e génération de pinces neuves. De plus, 67% des chaises ont été remplacées par des plus récentes et entièrement rénovées. Elles comportent des sièges qui se soulèvent pour éviter que la neige s’y accumule lorsqu’elles ne sont pas en opération; les lattes de plastique ont toutes été remplacées, de même que les câbles, suivant le pronostic du test de rayon X. Par contre, avant de remplacer, la station s’assure que le tout ne pourrait pas être réparé, dans un contexte de développement durable. Sans plus attendre, voici une présentation de ces télésièges au look très charmant.

Remontées Vintage

Le télésiège double I ouest

Le premier d’une suite de remontées de marque Mueller toujours en parfait état de marche. Ce télésiège double a été installé en 1985 afin de desservir le secteur le plus à l’ouest de la station, composé des pistes numérotées 1 à 4. Ce télésiège demeure un incontournable afin de rejoindre une bonne partie des condominiums accessibles directement sur les pentes. Sa silhouette qui se dessine au loin en revenant des pistes du versant arrière, les 61, 62 et 63, nous annonce un bon repos pour nos jambes en feu. Il est relativement court, soit d’une longueur de 960 mètres, il permet de grimper une dénivellation de 200 mètres. Combiné au fait qu’il est plutôt rapide pour un télésiège non-débrayable, on n’y reste jamais assis très longtemps. C’est le même principe pour sa file d’attente qui est toujours très courte ou presque inexistante. Ce secteur est toujours tranquille et reposant. Concernant la barre de sécurité: ne cherchez pas à la descendre, vous allez la chercher longtemps! Vous devez plutôt la faire pivoter de façon latérale de la gauche ou de la droite selon où vous êtes assis dans la chaise. Les sièges sont très confortables, avec un bras accoté sur l’appui bras du milieu et du côté extérieur vous pourrez monter en vous prélassant. 

Le télésiège double I

En se déplaçant vers l’est, on retrouve le télésiège double I. Ce dernier a été installé en 1965, au cours des premières années d’existence de la station. À ce moment, il était le télésiège le plus long de la station avec ses 1200 mètres, par contre, en ne grimpant que 230 mètres de dénivellation, on devine par la pente moyenne du terrain qu’il dessert un secteur intermédiaire. Tel était l’objectif visé lors de son installation car on accède aux pistes 5 à 8 par ce télésiège. Il est plutôt populaire et constitue une bonne alternative pour rejoindre aussi les pistes 14 à 18, lorsque l’attente se fait plus importante au télésiège II. Il s’agit d’une des remontées d’origine qui comporte des chaises qui ont été renouvelées.

Le télésiège double II ouest

Ne pensez pas le prendre pour atteindre une vitesse vertigineuse, il ne s’agit pas de son objectif. En fait il très court, il a une longueur de 460 mètres et permet de grimper une dénivellation de 80 mètres. Vous l’aurez deviné, il dessert le secteur pour débutants. En l’empruntant, vous allez accéder aux pistes 9 à 15, qui sont toutes des pistes de couleur verte.  Le télésiège a été installé au cours de la saison 1986-1987 afin de remplacer l’arbalète qui était située dans ce coin de la station. Portez attention aux détails, il s’agit du seul télésiège de station à porter des tapis de siège de couleur bleue. 

Le télésiège double III

Il constitue le moyen le plus direct pour aller rejoindre la base des pistes du secteur expert, via le chalet principal de la station. Installé en 1962, il a toujours fait le lien entre les télésièges II et IV. Sa présence est primordiale pour désengorger le télésiège II lors des journées de forte affluence. D’une longueur de 820 mètres et d’une dénivellation de 120 mètres, en plus de servir d’agent de liaison entre deux secteurs, il permet d’accéder à un réseau de pistes faciles et tranquilles, celles comportant les numéros 22 à 25, ainsi qu’au bas du parc à neige. Il s’agit d’un second télésiège d’origine pour lequel des chaises renouvelées ont été installées. 

Sur la photo: Cédrik Diggory

Le télésiège double IV ouest

Il est le remplaçant du téléski simple débrayable qui était présent dans ce secteur jusqu’en 1986. Sa remontée est plutôt vertigineuse, suivant le tracé de la piste 30. Vous l’aurez deviné, il dessert un secteur pour experts. En effet, via ce dernier on peut dévaler (et le mot est bien choisi) les pistes 26 à 33. Il est plutôt court, il a une longueur de 790 mètres et une dénivellation de 290 mètres: c’est probablement le télésiège le plus abrupt de tout le domaine skiable. En effet, on ne perd pas de temps avec ce dernier souvent exempt de toute attente. Il est utilisé en renfort au télésiège IV lors de journées de forte affluence. Finalement, il s’agit du troisième télésiège sur lequel on retrouve des chaises qui ont été renouvelées. 

Le télésiège double V

D’une longueur de 1160 mètres et d’une dénivellation 350 mètres, il s’agit du télésiège double qui est située le plus à l’est du domaine skiable. Tout comme sur le télésiège I ouest on y retrouve des barres de sécurité à fermeture latérale. Il est vu comme le télésiège le plus efficace pour desservir le secteur expert grâce à sa rapidité, son confort et sa position stratégique dans le domaine skiable. Avec ce télésiège, on peut accéder aux pistes 38 à 50 et de même qu’aux pistes 34 à 37 grâce à aux traverses. On raconte qu’il serait aussi le télésiège des amoureux qui désirent monter en tête à tête entouré d’un décor enchanteur. Ceux-ci doivent par contre prendre garde aux samedis où plusieurs témoins pourront les observer. Il ne faut pas oublier que ce télésiège part directement du stationnement ainsi que du chalet de l’altitude 520 mètres. En finale, pour ce dernier, il était jadis situé au Mont Écho, une station de ski voisine qui a fermé ses portes en 1978. Dès que les propriétaires de Sutton ont appris que ce télésiège était en vente, ils ont procédé à sa transaction et l’on fait déplacer par hélicoptère. 

Remontées fantômes

L’arbalète de la piste Cendrillon

Cette ancienne arbalète à enrouleur de marque Mueller fut la première remontée prête à être en fonction au Mont Sutton. Dès 1961, elle desservait le secteur débutant que l’on connaît aujourd’hui et en 1986, elle a été remplacée par le télésiège double II ouest. Sa longueur approximative était de 450 mètres avec une dénivellation de 80 mètres.

Le télésiège double II

Il fut le premier télésiège double de marque Mueller installé au Mont Sutton. Il longeait le tracé de l’actuel télésiège quadruple débrayable et permettait d’accéder aux pistes 14 à 21. Son installation fut toute une épopée pour les membres de l’équipe du mont Sutton, ceux-ci devant apprendre les principes d’aménagement d’un télésiège neuf. Il a été livré directement  de Suisse en pièces détachées. Des experts sont venus livrer plans et conseils. Quant à son installation, diverses machineries spécialisées ont été requises afin de mener à terme ce projet qui paraissait  gigantesque. Sa longueur approximative était d’un peu moins 1200 mètres et permettait de gravir environ 280 mètres. 

Son remplaçant est le télésiège quadruple débrayable II

Ce premier télésiège double a fait place à l’actuel télésiège quadruple débrayable de marque Doppelmayr. D’une longueur de 1230 mètres et permettant de gravir une dénivellation de 295 mètres, il est devenu le télésiège principal de la station. Il permet de couvrir une vaste zone de pistes. En effet, on peut grâce à lui rejoindre les pistes 1 à 21. Fait à noter, ce fut le premier télésiège quadruple débrayable à être installé au Québec, en 1984. 

Le téléski simple débrayable de la piste Kangourou

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la piste Kangourou, la 33, avait une allure si rectiligne en comparaison à ses voisines? La cause est bien simple, elle a déjà été le tracé d’une ancienne remontée terrestre. En effet, un téléski simple débrayable suivait le tracé exact de cette piste. Sa base était située non loin de celle de l’ancien télésiège double IV, au bas de la piste dynamique. Par la suite, elle suivait son tracé en parallèle jusqu’à un croche où aujourd’hui la piste Kangourou rejoint la dynamique: à cet endroit, le téléski bifurquait vers la droite pour se terminer à la jonction des pistes 29, 30, 32 et 34.

Comme vous pourrez le constater, son sommet était situé un peu en aval de l’actuel télésiège double IV ouest. Il avait une longueur approximative de 640 mètres et permettait de gravir 240 mètres de dénivellation. Il faut noter que la piste 29 porte le nom de Sous-bois Poma nommée en lien avec l’existence de cette remontée. Cette petite remontée fut installée en 1970 pour venir porter renfort au télésiège IV et desservir plus rapidement les pistes 26 à 34. Notez que la photo ci-haut n’est pas celle de la remontée en question (prise au Mont Bellevue), par contre, elle montre bien de quel modèle il s’agissait, ces téléskis étaient réputés pour être très rapides. La piste 33 de sa base jusqu’à la jonction avec la piste 30 est le tracé exact de cet ancien téléski. Il était rigueur de ne pas lâcher sa perche car la montée était plutôt abrupte.

Le télésiège double IV

Le télésiège double IV a été installé en premier lieu pour desservir le secteur expert, plus spécifiquement les pistes 26 à 39. Il a été en service de 1962 à 1987, jusqu’à son remplacement par le télésiège quadruple fixe IV. Il était de marque Mueller, il avait une longueur approximative de 1160 mètres et permettait de grimper une dénivellation de 350 mètres. Ce qui le distinguait des autres télésièges doubles de la station était le fait que sa ligne de montée était du côté droit, à l’inverse de toutes les autres lignes. 

Son remplaçant est le télésiège quadruple fixe IV

Un télésiège quadruple fixe de marque Doppelmayr est venu remplacer le télésiège double dans  la ligne du télésiège IV. Ce télésiège est en service depuis 1987, il s’agit du tout dernier installé au mont Sutton.

Sans oublier le télésiège quadruple fixe VII

Situé à l’extrême est du domaine skiable du Mont SUTTON se trouve un télésiège quadruple de marque Doppelmayr, intallé en 1985. Ce dernier n’a remplacé aucune autre remontée car sa fonction est de mieux desservir les pistes les plus escarpées de la station. Plus spécifiquement, il s’agit de celles comprises entre les numéros 49 et 55. Il est relativement court avec une longueur de 825 mètres, tout en permettant de gravir 260 mètres.

En synthèse, vous serez en mesure de constater que les remontées mécaniques présentes au mont Sutton sont toutes désignées afin de servir le mieux possible le réseau de pistes qui leur est assigné. Elles sont disposées dans l’objectif de répartir les skieurs et planchistes sur l’intégralité du domaine skiable, cette situation nous permettant de dévaler les pistes en toute quiétude et, ce, même lors d’une très forte affluence. De plus, la morphologie de ces télésièges correspond très bien au type d’environnement de ski que le mont Sutton désire offrir. Il ne faut pas perdre de vue que le Mont SUTTON s’est donné le mandat d’opérer un centre de ski dans le plus grand respect de la montagne… Dans cette optique, la station en profite également pour recycler les anciennes pièces de télésiège qui ne pourraient pas être remises en service: une deuxième vie pour un siège!