Pour sortir skier en pleine relâche scolaire, il faut être un peu fou, ou connaitre les secrets bien gardés! Comme ma santé mentale fait toujours l’objet d’un débat, je vous confirme une chose: je connais les secrets! Ski Chantecler fait partie des stations toujours un peu boudées par la masse des skieurs, ce qui en fait un endroit idéal pour profiter du beau temps sans faire la file pendant de longues minutes aux remontées mécaniques.

Nichée dans l’ombre de ses voisines aux sommets plus réputés, Ski Chantecler affiche présent au tableau des stations défendues impitoyablement par ses fidèles. Avec un dénivelé identique aux autres stations de la vallée, on y vient pour profiter des conditions qui s’altèrent moins vite, admirer la vue au sommet ou simplement enfiler les descentes sans les compter.

La configuration de la montagne est assez simple: ceinturé à l’est par une piste familiale (Le Contour), l’ensemble des pistes et sous-bois est réparti en 22 noms et numéros mais le nombre de descentes possible est inférieur à ce chiffre. Qu’à cela ne tienne, chaque piste a son identité propre et les choix seront guidés par l’achalandage, l’orientation du soleil, un tirage au sort… bref, ce qui vous importe le plus!

J’ai pu skier sur toutes les surfaces travaillées; à aucun moment je n’ai craint que mes carres ne décrochent. Les signes du cycle dégel-regel vécu dans les jours précédant ma visite ne sont pas trop perceptibles. Même si le fond est dur et les pistes grattées par endroits -dans les secteurs plus pentus- la tenue de route est bonne et le travail mécanique est excellent. Les sous-bois, pistes à bosse et secteurs ombragés étaient toutefois à éviter, à moins de chercher à recréer la sensation de rouler dans les rues de la Métropole…

Au fil de la journée, la surface des sections les plus exposées au soleil a commencé à se transformer légèrement, histoire de nous donner un avant-goût du ski de printemps. L’absence totale de vent rendait les remontées fort appréciables, idéales pour les premières esquisses du raccoon printanier -pour une fois, on ne se plaindra pas du manque de vitesse des télésièges!

Lors de mon passage en station, j’ai assisté à une visite plutôt inusitée: un groupe allait être initié au ski pour la toute première fois… et pas n’importe quel groupe! Je voyais des sourires, mais aussi des petits signes de nervosité: pas de doute, les adultes et enfants présents se préparaient à vivre un grand moment dans leur vie: en tant qu’immigrants, il s’agissait de leur premier contact avec ce sport si « canadien ». Grâce à la collaboration de plusieurs instances, notamment l’ASSQ, l’organisme OuiCanSki permet aux immigrants de se frotter aux joies de l’hiver dans un contexte dépourvu de stress, de jugement, et ce, gratuitement.

Dans une joyeuse cacophonie, ils se sont tant bien que mal conformé aux indications des moniteurs: se familiariser avec le ski alpin n’étant pas nécessairement intuitif, les réactions allaient des éclats de rire aux cris légèrement paniqués. Heureusement, après une heure trente dans le secteur d’apprentissage, l’émotion dominante était la joie: ils avaient dompté la bête à leurs pieds! Certains ont même été aperçus dans les pentes après l’heure du lunch -une grande victoire pour l’instigatrice du projet OuiCanSki, Sandy Wolofsky. Figure connue du monde compétitif, Sandy souhaite emmener davantage d’immigrants sur les pentes. Un autobus à la fois, une journée à la fois, elle y parvient. Je suis choyée d’avoir pu croiser ces futurs nouveaux adeptes aujourd’hui!

**Un reportage complet sur OuiCanSki sera présenté dans le Mag sous peu**