VOS SPORTS:
Publication partenaire

Ski Chic-Chocs – Un homme et ses mines

16 décembre 2013 | Reportage, par Richard Jinchereau
Photo Stéphane Gagnon

Quand on songe aux efforts déployés par la SEPAQ pour protéger le milieu naturel du Parc National de la Gaspésie et sa précieuse population de caribous, il est difficile de croire qu’une mine de cuivre puisse avoir autrefois été exploitée au cœur de la Réserve faunique des Chic-Chocs et pourtant, c’est bien le cas. Après la découverte des mines en 1964, la Compagnie des mines Madeleine fut fondée en 1968 et y exploita un gisement de cuivre jusqu’à sa fermeture et son démantèlement au début des années 1980. Aujourd’hui, la faune et la flore ont repris possession de ce vaste domaine et le seul bâtiment restant est l’ancienne résidence des dirigeants qui a été convertie en refuge pour les amateurs de glisse et les randonneurs. Bienvenue aux mines Madeleine!

Dans ce secteur des monts McGerrigle, on retrouve quelques-uns des plus hauts sommets de la Gaspésie, dont le petit mont Ste-Anne (1 165 m), le mont de la Table (1 180 m), le mont Jacques-Cartier (1 265 m) et le mont Xalibu. Caractérisé par de longs couloirs abrupts et de vastes cuves ou champs de neige, le secteur des mines Madeleine reçoit en moyenne près de 730 cm de neige par année et ce n’est pas sans raison que l’on ne doit jamais s’aventurer ici sans formation et équipement de sécurité pour avalanches (pelle, sonde et émetteur-récepteur), ni sans être accompagné d’autres skieurs avec le même profil ou d’un guide professionnel : ce coin de la Gaspésie est reconnu pour la longueur de sa saison de glisse qui peut commencer aussi tôt qu’en novembre et se poursuivre jusqu’en juin, ainsi que pour ses risques d’avalanches!

Ce qui n’a pas empêché Stéphane Gagnon d’en faire son terrain de jeu privilégié avec l’accord de son partenaire, la SEPAQ. Mais qui est Stéphane Gagnon? Ce natif du Québec a commencé à exercer le métier de guide de ski aux Monts Groulx, avant de poursuivre ses activités dans le Grand Nord et l’île de Baffin pendant une vingtaine d’années. Et même s’il a fait ses classes de sécurité en montagne dans l’Ouest du continent, Stéphane est un ardent défenseur du slogan « Ski The East ».

Fort de cette expérience, il revient s’établir au Québec, à Sainte-Anne-des-Monts, en 2000 avec sa famille pour aider à l’implantation du Centre d’avalanche de la Haute Gaspésie avec son associé, Dominique Boucher. Le Centre est notamment connu pour ses activités de sensibilisation et son bulletin d’avalanche. Publié aux trois jours, du mois de janvier à la fin du mois d’avril, le bulletin détaille les conditions d’avalanche en vigueur dans les divers secteurs montagneux (Alpin, Limite forestière et Sous la limite forestière) et offre une aide précieuse à ceux qui s’aventurent en ski ou en splitboard dans l’arrière pays.

Environ cinq ans plus tard, en 2006, Stéphane quitte le Centre d’avalanche de la Haute Gaspésie pour fonder Ski Chic-Chocs, une entreprise de guides de ski et de planche à neige qui offre autant des forfaits mécanisés (remontées en Cat-Ski), que des forfaits en peaux de phoque et des randonnées alpines en raquette où l’on vous transporte par Cat-Ski jusqu’au site de glisse pour la journée. Amorçant aujourd’hui sa 8e saison, Ski Chic-Chocs a accueilli des milliers d’amateurs de glisse sauvage au fil des années, ainsi que plusieurs compagnies de films de ski, comme les Meatheads qui n’en sont pas à leur première visite!

Avec des dénivelés de 250 à 550 mètres, une abondance de neige et la multitude de secteurs de ski, les mines Madeleine constituent un terrain de jeu de prédilection où l’on est presque toujours certain de trouver de bonnes conditions. Mais c’est là que les guides prennent toute leur importance. Avant de sortir sur le terrain, l’équipe de Ski Chic-Chocs s’assure d’abord que les participants sont munis d’une pelle, d’une sonde et d’un émetteur-récepteur, puis leur offre une séance d’information et des démonstrations pour apprendre quoi faire en cas d’avalanche. Sachant que la fenêtre de temps optimale pour retrouver un skieur enseveli par une avalanche n’est que de 10 à 15 minutes (les risques d’asphyxie se décuplant ensuite), il importe que tous soient familiers avec le processus de recherche d’une victime, de là les exercices de recherche avec l’émetteur-récepteur avant la sortie.

D’ailleurs, en plus des forfaits mécanisés et en peaux de phoque, Ski Chic-Chocs offre toute une brochette de formations qui s’ajoutent aux classiques cours d’avalanches CSA 1 et 2, notamment une nouveauté avec des camps de ski en terrain plus agressif, des ateliers d’initiation en terrain plus escarpé, des séances d’initiation à l’encordement sur glacier pour apprendre à sécuriser ses déplacements en montagne, ainsi que des formations en continu pour les forces de l’ordre et autres professionnels oeuvrant en milieu montagneux à risque d’avalanche, car les dangers ne surgissent pas seulement pendant les descentes. 

Grand nombre de personnes connaissent les mines Madeleine pour ses longs couloirs inclinés enchâssés entre des parois rocheuses où la neige ne termine rarement de fondre avant la fin du mois de juin, mais durant l’hiver c’est tout un autre monde en ces lieux. Un monde que Ski Chic-Chocs apprend à apprivoiser depuis des années, un monde que l’équipe de Stéphane a hâte de vous faire découvrir. Un monde où la nature peut se déchaîner comme vous envoûter par sa splendeur sereine.

Mais surtout, un monde qui vous permet de vivre l’expérience du ski sauvage en milieu alpin, c’est-à-dire au-dessus de la limite des arbres et ce, sans pour autant quitter la cour arrière du Québec. Et si par bonheur vous avez la chance de vous y retrouver un beau matin cristallin sous un ciel bleu après une bonne chute de neige champagne, vous vivrez des descentes délirantes dans de vastes cuves où les mots du jour sont poudreuse profonde!

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux !

À PROPOS DE L'AUTEUR

Richard Jinchereau
Traducteur de métier et cinéaste par passion, Richard produit des films de ski depuis six ou sept ans pour nous faire découvrir la poudreuse à son meilleur au Québec. Homme-orchestre, il s’occupe de tout, de la caméra au montage, en passant par l’organisation et la planification, pour mieux nous séduire par toutes ses visites exotiques.