La voix sortant des haut-parleurs transperce la matinée brumeuse : « Chère clientèle de Val Saint-Côme, ceci est un message de la santé publique. Le port du masque est obligatoire dans les files d’attente des remontées mécaniques. » Sans arrêt, en trame de fond sonore, la consigne est réitérée alors que je me dirige vers le télésiège triple pour une première montée. Il est 9h et l’achalandage est minime.

Une autre journée brumeuse…

Le baume

Ma première descente dans une piste damée à la perfection a l’effet d’un baume sur la base de mes skis, mais aussi sur mon esprit de skieur. Aussi mince soit ce baume qui se matérialise par un petit cinq centimètres de neige fraîche, aussi bénéfique est-il sur la surface de glisse. Juste avoir ce mélange de neige naturelle et fabriquée, de sentir sous les skis quelques onces de douceur sur la surface rugueuse, seulement cela suffit pour caresser l’espoir que les centimètres puissent encore tomber du firmament pour compenser la blancheur fabriquée, crachée par les canons.

De belles conditions dans Le Boulevard.

« Chère clientèle de Val Saint-Côme, ceci est un message de la santé publique. Le port du masque est obligatoire dans les files d’attente des remontées mécaniques. » Le retour au télésiège, avec la fameuse consigne jouée en boucle, me sort de ma bulle d’inspiration. Ou est-ce cette première descente dans la piste Le Boulevard, finement travaillée, qui a permis à mon esprit de s’évader quelques instants avant le retour à la réalité…?

La beauté des conditions de glisse et du paysage dans Le Boulevard.

Toujours est-il que les conditions de glisse sont très bonnes, la surface rugueuse ne s’est pas encore laissée dévoiler par le passage incessant des skieurs. Il reste que ce petit baume neigeux de quelques centimètres est le bienvenu, même si son effet se dissipe au fil des descentes, laissant de nouveau place à la base ferme et la surface rugueuse. Bref, des conditions conséquentes au contexte.

Un choix de pistes honnête

On peut maintenant skier sur huit pistes / bouts de piste à Val Saint-Côme, allant de facile à expert. La Geneviève-Simard est particulièrement plaisante dans l’heure suivant l’ouverture; évidemment, plus l’inclinaison est élevée, plus la piste se fait gratter, révélant les plaques de glace.

Dans le haut de la Geneviève-Simard.

Le Boulevard – un classique ici – ainsi que La Ruelle sont mes deux pistes intermédiaires coup de cœur. Sinon, il y a bel et bien Le Serpentin, qui offre une belle alternative intermédiaire avec ses valons de neige pour quiconque veut sauter un peu.

Chose certaine, chaque descente nous ramène au même point : « Chère clientèle de Val Saint-Côme, ceci est un message de la santé publique. Le port du masque est obligatoire dans les files d’attente des remontées mécaniques. » Le message en boucle résonne dans les oreilles des skieurs et planchistes, au point où une certaine conformité s’installe dans les files d’attente.

Bon rythme dans les remontées mécaniques

Si l’on enlève le tapis magique, il y a deux télésièges qui fonctionnent : le triple et le quadruple débrayable. Chacun a sa vocation, selon le plan de la station de ski énoncé dans une infolettre aux clients le 4 décembre : les personnes seules ou à deux doivent obligatoirement utiliser la remontée triple les week-ends et durant les congés de Noël et de relâche; puis, les familles et les bulles (allez-y de votre propre interprétation de ce concept) empruntent le quadruple débrayable.

Probablement la plus longue file de la matinée au quadruple débrayable. Ça paraît pire que la durée d’attente réelle.
Petite file d’attente au triple. Le triage est efficace: pas plus de 2-3 minutes d’attente.

Personnellement, j’ai trouvé bien efficace cette façon de répartir l’achalandage. Comme je suis seul, je monte tout le temps dans le télésiège triple où l’attente est de 2-3 minutes, sans plus. On voit aussi que la station fait tout en son possible pour faire respecter les consignes de santé publique : des employés « agents » sont greffés à l’équipe des remontées pour l’application des mesures et aider au triage.

Et en arrière-plan, toujours le même message redondant : « Chère clientèle de Val Saint-Côme, ceci est un message de la santé publique. Le port du masque est obligatoire dans les files d’attente des remontées mécaniques. »

Suis-je bien sur une montagne de ski ou dans une espèce de dystopie à la George Orwell? Dans tous les cas, tant qu’on peut skier, je peux bien accepter de vivre dans une dystopie…

Dans Le Boulevard, avec les structures d’habitation à l’arrière-plan.

(Et non, je ne suis ni un conspirationniste ni un illuminé! Seulement un skieur qui écrit avec un peu d’ironie et de sarcasme.)

Consultez le plan sanitaire de Val Saint-Côme: https://www.valsaintcome.com/fr/montagne/evenements/covid-ski

Bon ski! 🙂