Travailleurs acharnés, citoyens ancrés dans leur Saguenay natal et skieurs passionnés par une majestueuse montagne: tels se présentent Doris Duchesne, sa conjointe Lynn Mercure et leur grand ami Denis Girard, copropriétaires du centre de villégiature Au pied d’Édouard, à l’Anse-Saint-Jean. L’histoire de ce trio de développeurs, qui a mis sur pied le village alpin du Mont Édouard, est parsemée de défis et de rebondissements, que la persévérance et la patience ont permis de surmonter.

« On a vidé nos poches pour démarrer », confie Doris Duchesne, un gestionnaire de projets ayant mis sa riche expérience professionnelle dans la construction du village alpin  au Mont Édouard. Loin d’avoir le capital d’une grosse entreprise comme Intrawest et ne pouvant compter sur de grands bailleurs de fonds, les trois copropriétaires ont dû – et doivent encore – y aller de leurs propres investissements pour faire avancer leur rêve.

Un rêve qui se matérialise aujourd’hui avec 200 unités résidentielles, un charmant petit hôtel (La Maison de Vébron), un Spa nordique (Édouard-les-bains) et un sympathique bistro (Les elfes du Fjord). « Ce sont nos propres intérêts que nous avons mis dans ce projet, poursuit-il, et on a dû développer petit à petit, sans sauter les étapes pour être certains de ne pas manquer notre coup. Ce projet a une valeur inestimable et, encore aujourd’hui, on y met tout notre cœur. » 

Le coup de foudre

C’est d’ailleurs sur un coup de cœur que débute l’histoire en 1989. Doris Duchesne et sa conjointe Lynn Mercure se rendent à l’Anse-Saint-Jean, petit village du bas Saguenay d’où proviennent les nouvelles de l’ouverture prochaine d’une station de ski. « Ç’a été un coup de foudre pour l’endroit! La montagne se présente avec du caractère et l’environnement offre une qualité de vie que nous ne trouvions pas ailleurs », relate M. Duchesne, qui s’achète un chalet au pied des pistes.

Celui-ci découvre alors tout le potentiel du Mont Édouard, qui accueille ses premiers skieurs en décembre 1990. L’idée de créer un village alpin surgit et, en 1994, M. Duchesne acquiert des terrains au pied de la station de ski et y construit un premier bâtiment, Le Refuge, regroupant 43 unités de style condo.

Départ difficile et relance

En 1996, il voit plus grand et entame le développement du secteur de Vébron (à droite de la montagne); toutefois, les événements imprévisibles se succèdent – impacts du déluge au Saguenay, situation financière difficile de la station de ski, etc. – et son projet est mis en veilleuse. « On est un peu à la merci de la station de ski, dont la situation financière a été vacillante. Quand elle a la grippe, on l’attrape nous aussi », image le gestionnaire.

En 2004, la coopérative qui gère le Mont Édouard à cette époque approche Doris Duchesne afin de donner un second souffle au développement immobilier. La SADC est également dans le coup et le projet Au pied d’Édouard est relancé. De plus, M. Duchesne peut désormais compter sur deux complices, sa conjointe Lynn Mercure et son ami Denis Girard, qui embarquent cœur et âme dans le projet.

Au fil des ans, le trio se heurte à différentes embûches : zonage ne permettant la construction immobilière, réseau d’égouts et d’eau potable inadéquat, difficultés dans l’achat de certains terrains, retrait du fédéral après avoir accepté de financer certaines parties du projet… Bref, les trois copropriétaires ont dû faire preuve de persévérance, parfois travailler jour et nuit pour mener à terme leurs idées. D’ailleurs, la plupart des bâtiments du village alpin sont autoconstruits…

Un produit distinctif

C’est ainsi que depuis 2004, les réalisations s’enchaînent, lentement mais sûrement, en concordance avec le plan de développement du centre de villégiature Au pied d’Édouard. Un des piliers du projet fut la construction, en deux phases (2004 et 2006), de La Maison de Vébron : ce « petit hôtel » propose 18 chambres ainsi que des cuisines et salles à manger communes dans chacun des deux pavillons. « Les gens s’y sentent comme chez eux et c’est ce que nous souhaitons », affirme Denis Girard. Celui qui gère La Maison de Vébron souligne avec fierté l’engouement pour ce type d’hébergement et rêve déjà de réaliser la phase 3 : « Après le ski, les gens se rencontrent dans les aires communes et il y a beaucoup d’ambiance. C’est particulier, on ne retrouve pas ça ailleurs! »

Autre pilier du développement, le Spa nordique Édouard-les-bains, achevé en 2007, constitue un élément distinctif puisque son emplacement permet même aux skieurs d’y prendre une pause durant leur descente. On y trouve plusieurs infrastructures, tels le hammam, le sauna, la maison dans les airs, la yourte et la grotte des demoiselles, de même que des services de massothérapie. « Le Spa nordique est situé directement sur la piste, on ne retrouve pas ça ailleurs! », se réjouit Doris Duchesne.

Des gens d’exception

Ce qu’on ne retrouve pas ailleurs… Voilà peut-être le leitmotiv qui caractérise l’ensemble du projet. Certes, il y a l’expérience qu’offrent le ski au Mont Édouard et son village alpin convivial et charmant, avec La Maison de Vébron et Édouard-les-bains. Mais au-delà du caractère amical de l’endroit, il y a les trois personnes derrière le projet Au pied d’Édouard, des vrais passionnés qui rendent votre séjour incomparable : Denis vous prépare le petit déjeuner continental à La Maison de Vébron, Lynn gère les problèmes administratifs entre deux massages qu’elle offre à Édouard-les-bains, et Doris vient lui-même réparer le foyer de votre condo. « C’est toujours les mêmes trois vieux qui s’occupent de tout! », lance avec humour M. Duchesne.

Et à travers cette fébrilité quotidienne, ceux-ci trouvent encore du temps pour skier la montagne qu’ils aiment tant… et penser le futur d’Au pied d’Édouard. Le gestionnaire précise : « Nous avons un plan de développement qui comprend l’ajout de condos et de chalets, ainsi qu’un hôtel de 60 chambres adjacent à Édouard-les-bains. » Bref, ce que les trois visionnaires souhaitent, c’est faire du Mont Édouard une destination de choix même si cela demandera encore de la patience. « Nous voulons boucler notre vision, aller au bout de notre rêve! », conclut Doris Duchesne.