Deux semaines de ski à Chamonix c’est extraordinaire! Mais on ne peut se rendre aussi loin pour skier sans descendre la Vallée Blanche. Il s’agit de la vallée qui englobe les glaciers du massif du Mont Blanc. On y accède à partir de l’Aiguille du Midi, située à 3842 mètres d’altitude.

La Vallée Blanche est sans aucun doute la descente mythique d’Europe. C’est le seul endroit où on a accès à un domaine skiable hors-piste aussi vaste à partir d’une remontée mécanique. La Vallée représente une descente de plus de 20 kilomètres, dont 18 km sur les glaciers du Géant, du Tacul et de la Mer de Glace. Pour s’y rendre, il vaut mieux utiliser les services d’un guide: n’oubliez pas que vous êtes sur des glaciers… en mouvance! La veille du jour où nous avions prévu effectuer la descente, nous nous sommes rendus au bureau des guides, situé dans la Maison de la montagne. Il en coûte environ 80 € pour faire partie d’un groupe de 4 à 8 personnes, il faut également payer le coût de la remontée qui nous amènera à l’Aiguille du Midi, 48,50 €.

On a donc rendez-vous le lendemain matin à 9h avec notre guide. Il nous distribue notre matériel, baudrier et mousquetons et nous voilà en route pour le téléphérique. Il faut être bien habillé pour descendre la Vallée: au départ à l’Aiguille du Midi, il fait froid, environ -15° Celsius sans compter le facteur vent -et du vent, il y en a beaucoup! On doit également avoir un sac à dos avec les sangles appropriées pour y attacher nos skis. Le sac sera bien sûr  très utile pour transporter de l’eau, une collation et y mettre nos vêtements parce qu’au fur et à mesure de la descente, la température se réchauffera. Pour partir, on descend un sentier, en cordée, afin d’atteindre le plateau de départ. Il y a plusieurs tracés pour la descendre, nous avons emprunté celui de la descente classique.

De là, on chausse les skis et nous voilà partis pour une première descente de 1h30. Il faut se rappeler qu’en tant que Québécois, nous avons l’habitude des descentes durant 5 à 10 minutes, espacées par des remontées assises où on peut se reposer. Dans la Vallée Blanche, pas de remontée, pas d’endroit où s’assoir, on skie durant tout le temps de la descente! De plus, on est souvent à flanc de montagne, et comme la vallée est immense, on skie toujours sur le même flanc, donc notre poids est souvent sur le même ski, le ski droit. Je gagerais que les guides de Chamonix ont tous une très grosse jambe droite! Bien entendu, on fait des pauses régulièrement. Notre guide nous donne toutes sortes d’informations plus intéressantes les unes que les autres sur la Vallée, le Mont-Blanc, le réchauffement de la planète et son impact sur les divers glaciers qui alimentent la vallée.

Il n’est pas obligatoire d’avoir un guide pour accéder à la vallée Blanche. Mais, comme je le disais précédemment, nous skions sur des glaciers, qui sont continuellement en mouvement, où il y a des crevasses, des séracs, des ponts de neige et possiblement des avalanches il est plus que recommandé de retenir les services d’un guide de la Compagnie des Guides de Chamonix.

Après environ 1h30 de descente, on arrive au refuge du Requin qui nous servira de halte-repas. On peut y manger sa collation ou encore en acheter une sur place. Cette pause d’environ 45 minutes est la bienvenue, mes jambes sont bien heureuses de se reposer! Après cette pause, c’est la descente finale vers le bas de la Vallée. Durant 1h15 environ nous descendons un long tracé pas très pentu. Avis aux planchistes, il peut être désagréable de se pousser avec son pied sur des kilomètres pour se rendre au fond de la vallée!

Un bon skieur intermédiaire peut entreprendre de descendre la Vallée Blanche. Le niveau de ski requis n’est pas très élevé. Il faut cependant avoir de bonnes jambes puisque rendu en bas, s’il n’y a pas assez de neige pour vous rendre jusqu’à Chamonix, vous devrez prendre le train du Montenvers. Pour se rendre à la gare, il faut grimper un escalier de 480 marches avec les skis au dos et les bottines aux pieds! Ça c’est tout un défi après une journée de travail!

Lors de ma descente les conditions de neige étaient favorables. La surface durcie m’a permis de skier comme à l’habitude. Si la vallée avait été recouverte d’un épais manteau de neige, moi qui ne suis pas un skieur de poudreuse, j’aurais certainement trouvé la descente beaucoup plus difficile et fatigante. Les conditions de neige, notre condition physique de même que notre niveau d’habileté sont à considérer avant d’entreprendre la descente. Cette descente de rêve restera certainement un de mes plus beaux souvenirs de skieur à vie!