Comme Niseko, Rusutsu resort reçoit environ une quinzaine de mètres en moyenne par année. La saison débute un petit peu plus tard qu’ailleurs, soit en décembre, et se termine en avril. Pour vous y rendre à partir de Niseko et Sapporo, il y a des navettes (environ 90 minutes de Sapporo). Pour ma part je l’ai fait en voiture de location et ce fut une superbe expérience, vous contournez le Mt. Yotei donc de magnifiques photos sont à prendre sur la route. C’est environ 45 minutes de Niseko. Aucun train ne s’y rend.

Comme ce n’est pas très loin de Niseko, je vous conseille de demeurer au même endroit pour votre hébergement. L’option « ski in ski out » est possible: Hôtel Rusutsu resort… très dispendieux, surtout si vous êtes à la dernière minute! Pour ma part, comme je voulais aussi voir du pays, je me suis exilé de Niseko en me rendant dans la charmante petite ville de Toyako sur le bord du lac. J’ai donc séjourné au Daiwa Ryokan Annex pour 65$ tx. incluses avec déjeuner. Notez le mot « ryokan », il s’agit d’un hébergement traditionnel japonais. Très bien comme endroit pour le prix. Je suis malheureusement tombé dans une chambre où il était permis de fumer, donc l’odeur est marquante. Le onsen de l’endroit était bien, et pour le reste, je vous laisse découvrir toute la culture entourant ce type d’hébergement! Si vous songez à un voyage organisé par Gendron, Rusutsu fait partie de leurs destinations pour au moins une journée, dans le cadre du séjour à Niseko.

Sur place, la billetterie principale est du côté du mont ouest. Un billet journalier vaut environ 60$, la station offre également du ski de soirée. Pour la location de l’équipement, il est possible d’en trouver sur place mais je vous recommande d’apporter l’équipement que vous aurez loué à Niseko si c’est le cas…  Dans un monde idéal, réservez-vous deux à trois jours pour profiter pleinement de Rusutsu. Si vous devez quitter après une journée, vous le ferez avec beaucoup de regrets! C’est donc une station qui vaut absolument le détour.

La montagne est divisée en trois sections, le mont ouest, celui du centre (Mt. Isola) et celui de l’est. Mt. Isola et est sont côte à côte. Le versant ouest pour sa part se trouve de l’autre côté du boulevard, mais une télécabine relie les bases.  Mon coup de cœur fut celui du mont ouest. Il est par contre moins élevé des trois, mais au combien plaisant pour ses sous-bois et son hors piste.  Les deux autres versants offrent de magnifiques sous-bois, mais m’ont semblé un peu moins enneigé que ceux de l’ouest. Les pistes damées sont exceptionnelles, vastes et longues. C’est sur le mont ouest que vous retrouverez la section « off limits » de « side country park » (qui rejoint un remonte-pente) avec ses structures de « freestyle » sortant de nulle part, tel que vu dans cette vidéo Youtube.  J’ai commencé ma journée de ce côté et je crois que c’était la bonne chose à faire.

Première stupidité de ma part, mais au combien plaisante, partir en « backcountry » pour rejoindre un « bowl » intouché. Pourquoi stupidité ? Hé bien, je ne suis pas un spécialiste des avalanches, mais clairement, le sommet démontrait certains signes troublants. Ouff, quelle descente ! Ma deuxième stupidité s’est produite sur le mont est alors que j’ai décidé de franchir les cordons. Je me suis dit que tout se passerait comme les autres fois, et bonus, des traces fraiches au sol confirmaient ma décision. C’est suite à une descente magique dans le bois, après quelques photos, que j’ai constaté que la magie s’était volatilisée, tout comme les pistes fraiches que je suivais.  Vous n’allez pas me croire, mais je vous jure, les traces dans la poudreuse se sont arrêtées d’un coup sec! Même pas de traces de remontées à pied ! Pour faire une longue histoire courte, le tout s’est terminé sur une ferme, évidemment du mauvais côté de la montagne, après une heure de ski fond dans la poudreuse. Le gentil japonais qui s’est fait barrer le chemin par un gars avec des bottes de ski dans les pieds, je le remercie. Vingt minutes de voiture et de monologue japonais plus tard (je crois qu’il s’est foutu de ma gueule tout ce temps), j’étais de retour à la station.

Je pourrais vous parler longtemps de Rusutsu, mais mes mots ne peuvent rendre justice à la journée fantastique à laquelle j’ai eu droit. J’ai vécu un « bluebird pow day » qui restera gravé pour toujours dans ma mémoire. Vous remarquerez que les skieurs de l’endroit sont des locaux, dont la plupart désire perfectionner les techniques de « carving ». Le niveau de skieurs est beaucoup plus élevé ici qu’à Niseko, ce qui est une bonne chose en soi.