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La cure de Jouvence, version Tremblant

25 octobre 2018 | Chronique, par Geneviève Larivière
Photos Geneviève Larivière

Alors que les dernières descentes de la saison 2017-2018 n’avaient pas encore eu lieu au Québec, Tremblant entamait déjà un chantier majeur: le remplacement de la remontée triple du Lowell-Thomas. En avril dernier, les premières étapes du démantèlement de l’ancienne remontée étaient déjà effectuées, laissant les nostalgiques tristes devant la fin d’une ère et les optimistes excités à l’idée de se laisser transporter au sommet par une nouvelle remontée. Les investissements n’allaient toutefois pas s’arrêter à un télésiège quadruple: en tout, c’est plus de 17 millions de dollars qui auront été investis dans la station de ski tremblantoise, gracieuseté du nouveau propriétaire, Alterra Mountain Company. Les opérations, fort bien documentées en images sur le blogue de la station, ne sont pas une mince affaire. Le 24 octobre, les médias ont été conviés à une visite des multiples chantiers. Voici notre compte-rendu!

Le Grand Manitou: revu et corrigé

Si vous avez déjà fréquenté le chalet du sommet de la station, vous avez sans doute constaté quelques lacunes, exacerbées par l’achalandage grandissant -à son paroxysme les samedis. Impossible d’y trouver une table libre à l’heure de pointe, circulation plus que difficile dans l’aire de commande et paiement des repas, courants d’air désagréables à proximité des portes d’entrée, toilettes accessibles par un parcours clair-obscur, luminosité réduite même à quelques mètres des fenêtres panoramiques… Érigé en 1993, modifié en 1999, le Grand Manitou avait les défauts de ses qualités: le chalet, qui se voulait chaleureux et convivial, souffrait d’un manque d’espace. Ces ennuis seront chose du passé dès l’ouverture du 22 novembre!

Non seulement les aires pouvant accueillir des places assises ont été agrandies sur deux étages, mais le système de ventilation (chauffage ET climatisation) a subi une mise à jour; de même que le coin restauration: plus besoin de jouer des coudes ou de louvoyer entre les plateaux pour voir les menus disponibles -menus qui seront à redécouvrir, à l’exception de l’indémodable burger-frites. En tout, c’est plus de 400 places assises qui seront ajoutées à la capacité du chalet.

Un système de filtration et circulation de l’air créant une pression positive fait également partie des améliorations: terminé, le fichu courant d’air aux tables près des ouvertures! L’espace réservé aux boites à lunch n’a pas été sacrifié, rassurez-vous. L’hiver 2018-2019 sera l’occasion pour les skieurs de redécouvrir le coin crêpes, et le foyer qui était autrefois caché par le comptoir. À son plus fort, le chantier aura occupé au-delà de 60 travailleurs, tous corps de métiers confondus. Les délais de livraison sont tenus: les premiers banquets et réceptions sont programmés dans les prochains jours!

Le Lowell-Thomas Express

Sans grande surprise, le télésiège triple figurait sur la liste des infrastructures nécessitant un bon entretien à court terme. Sachez toutefois qu’à l’exception du câble, arrivé à la fin de sa vie utile, toutes les pièces et composantes de la remontée démantelée qui étaient encore utilisables ont été conservées par l’équipe des remontées mécaniques de Tremblant: ce télésiège est en presque tout point comparable (donc compatible) avec celui de la Porte du Soleil. Le reste a été envoyé au recyclage. Si vous espérez mettre la main sur une chaise du télésiège, vous devrez patienter encore quelques années!

Le nouveau télésiège, un quadruple débrayable, aura évidemment un débit supérieur à l’ancien, portant de 1800 à 2400 le volume potentiel de skieurs déposés au sommet chaque heure. Fabriqué par Doppelmayr, les composantes proviennent à la fois de l’usine de St-Jérôme et d’Autriche. L’équipe de l’entreprise déployée sur place a donc travaillé d’arrache-pied, conjointement avec la station, pour tenir un échéancier plus que serré. Comme on connait la capacité de réaction rapide des deux acteurs (rappelez-vous la reconstruction partielle du TGV -qui porte encore mieux son nom- après l’incendie de l’automne 2014), la date de tombée pour la livraison de la nouvelle remontée ne posera pas problème.

Bien que les pylônes et trains de galets soient encore sagement alignés dans le stationnement du versant Nord, le montage final est déjà prévu à la minute près, incluant opération héliportée. Les gares aval et amont sont déjà en place, la prochaine étape requiert le passage d’une équipe d’électriciens pour connecter l’ensemble des composantes motorisées du télésiège. Le Lowell-Thomas Express gravira les 264 mètres de dénivelé en retranchant plusieurs minutes au chrono de son prédécesseur; les paris sont déjà ouverts afin de savoir qui aura l’honneur de s’asseoir dans la chaise inaugurale!

Les nouveaux sous-bois sont prêts

Certaines zones déjà bien fréquentées des chevreuils habitués de l’endroit seront désormais accessibles au grand public! En collaboration avec le Parc National du Mont-Tremblant, le défrichage et l’élagage des nouveaux sous-bois a été confié à une équipe de bûcherons experts. Le peaufinage des derniers détails a été laissé au soin de la patrouille de la montagne et les sous-bois sont maintenant fins prêts pour les premières chutes de neige. Sur le versant Nord, les skieurs pourront profiter de la Dynagriffe (accessible par l’Expo), de la Taïga, jouxtant la déjà fort prisée C.B.C., d’une ouverture dégagée sur le côté de la Boiling Kettle, et des Vallons, une piste cotée difficile (bleue) dont l’entrée se trouve à la jonction Vanier-Duncan Haut. Le Edge n’est pas en reste avec un ajout à droite de l’Action: la Réaction (oui, avec le même « pitch » du haut de l’Action!) et l’Extension font désormais partie des sous-bois du côté de l’Escapade.

Améliorations supplémentaires

Alterra Mountain Company semble déterminée à rehausser la qualité du produit « Tremblant ». Les visiteurs qui avaient l’habitude du chapiteau temporaire (la Boite à Lunch) voisin de la Fourchette du Diable du versant Nord pourront désormais profiter d’un bâtiment permanent. La Fourchette a droit elle aussi à une remise à neuf, de la même manière que l’aire d’alimentation du sommet: nouveaux fourneaux, menu rafraichi, décor revampé. La somme colossale investie sur les infrastructures permet également d’agrandir la flotte de canons à neige, augmentant par le fait-même la capacité d’enneigement. Fait à noter, lors de l’ouverture prévue pour le 22 novembre prochain, la station espère enneiger de haut en bas, nord et sud, comme à son habitude. Seule la piste Nansen sera potentiellement inaccessible puisqu’elle sert de chemin de service pour acheminer tous les matériaux au sommet et que les besoins en transport seront présents jusqu’à la dernière minute. Le décompte est donc lancé, il ne manque plus que les flocons au sol!

Pour voir plus d’images sur le blogue de la station:
Les rénovations du Grand Manitou
Le remplacement du Lowell-Thomas

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière
Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.