Alors que les kilomètres menant à la station de Pin Rouge diminuaient dans le tracé du GPS, ma curiosité augmentait: j’allais enfin découvrir cette montagne au fort dénivelé! Il y a quelques années, j’ai écrit une série sur le coût du ski alpin en général. Je m’étais alors amusée à compter le prix, par mètre de dénivelé, pour les stations du Québec. Pin Rouge était la grande gagnante, avec un tarif encore aujourd’hui dérisoire pour 450m de dénivelé: 41,15$, taxes incluses, pour une journée adulte.

À première vue, la montagne n’est pas impressionnante. La situation du chalet, du stationnement et des unités d’hébergement ne donne pas accès à un point de vue permettant de saisir la taille de la montagne. Ce n’est qu’après avoir atteint le 11e pylône de la remontée (qui en compte 26!) qu’on comprend sa morphologie.

La vue au sommet est, je dois l’avouer, très belle. La baie des Chaleurs d’un côté, les montagnes gaspésiennes de l’autre… mais on n’est pas là pour le paysage! On a donc commencé par la familiale: à tout seigneur, tout honneur! Les nombreux belvédères et points d’observation permettent aux skieurs débutants de reprendre leur souffle… et il y a de quoi le faire! Pin Rouge fabrique assurément des skieurs aux cuisses de béton, ne serait-ce qu’à cause de la longueur des descentes!

La température du jour étant « légèrement » plus froide que lors des précédentes sorties de ce voyage, les pelures d’oignon et les pauses fréquentes étaient de mise. J’ai eu une petite pensée pour tous les employés et bénévoles (patrouille, remontée mécanique) qui travaillent dans cette station, peu importe le mercure! C’est donc en alternance en solo, duo et trio que nous avons parcouru la montagne. Les conditions variaient selon la nature des pistes, nous avons donc eu droit à de la neige poudreuse légère autant qu’à une surface très durcie et grattée. Fait à noter, un bris sur la dameuse a forcé la direction à revoir son plan de damage pour la journée, sans quoi nous aurions eu du velours cordé sur toutes les pistes qui auraient dû être travaillées durant la nuit.

Pendant que mes comparses de glisse se réchauffaient dans l’immense et confortable chalet au pied des pentes, je suis allée explorer le côté nord, proposant uniquement des pistes extrêmes. Le Village m’apparaissait invitant, je l’ai donc dévalé. Une partie de moi a trouvé le tout fort agréable, l’autre partie regrettait quelques centimètres de neige supplémentaires, ou un bon fauchage!

Pin Rouge a de quoi rendre ses abonnés fiers: une montagne de ce calibre est souvent inaccessible, trop populaire ou trop coûteuse. Exception faite des faux-plats qui servent d’introduction ou de conclusion aux descentes, le défi est présent à chaque courbe et le plaisir de dévaler ces pistes, skis bien aiguisés aux pieds, fera le bonheur des visiteurs tant qu’il y aura de la neige!